Sur itinerarium.fr

Qu’on se le dise, la « morale laïque » que nous a promis Vincent Peillon est un danger pour la liberté de chacun, et notamment pour la liberté religieuse et familliale. Elle prend une place très importante dans un dispositif idéologique qui vise à se substituer totalement aux religions.

Sous couvert de « protéger » les enfants de leurs ancrages familliaux et traditionnel (« La laï­cité, c’est très dif­fi­cile pour nos ensei­gnants aujourd’hui et je n’accepterai pas que, dans l’école, des enfants puissent refu­ser qu’on leur enseigne des théo­ries scien­ti­fiques au nom et au pré­texte d’engagements pri­vés et reli­gieux. C’est inac­cep­table« ), Vincent Peillon propose en fait une socialisation idéologique de la société toute entière à laquelle il faut rester extrêmement attentifs.

« C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin »

Dans la continuité de Jean JaurèsVincent Peillon considère que le problème moral et religieux, inhérent à chaque société humaine, « C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin »[1]. Et « cette idée de la République se refuse à séparer la morale de la politique »[2]. Voilà pourquoi Vincent Peillon tente de récupérer l’idée de « morale laïque », qui permet une éducation « spiritualiste, libérale et religieuse »[3]. Sur ce point, il peut peux être plus clair : la « morale laïque » enseignée à l’école républicaine « est aussi  un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste »[4].

Quelle pédagogie est mise en œuvre pour satisfaire à cette instrumentalisation ? Il y a un « « infini flottant » dans l’âme de l’enfant », et l’éducation « se fixe pour tâche de lui donner une forme »[5]. Donner une forme à une matière, selon pédagogie aristotélicienne, suppose que la matière préalable – « l’âme de l’enfant » – soit informe, c’est-à-dire sans ancrages familiaux, traditionnels, religieux. La famille qui confie son enfant à l’école de la République doit tout attendre de cette dernière, car il n’y a rien de pré-étatique.

La morale laïque est au service du socialisme

L’école républicaine et laïque ne doit certes pas « comprimer les aspirations religieuses de l’âme humain »[6], mais bien les orienter vers une révolution morale et une révolution matérielle, tout « en mettant la seconde au service de la première »[7], pour correspondre au matérialisme immanent de ce « nouveau monde ».

Soyons extrêmement prudents et attentifs !

Je remercie Causeur et son rédacteur en chef adjoint Jean-Michel Leroy de nous avoir gratifié d’un débat très intéressant autour de ces questions : Avec mon intervention : M. Peillon, que cache votre « morale laïque » ?, la réponse de M. Leroy : Bon pour la morale et ma réponse : Non à la morale laïque !

Publicités