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Chronique de Vivien Hoch au libre journal de Daniel Hamiche, sur radio courtoisie, le 7 mars 2013

Voilà ce que je lis dans un journal de terroristes intellectuels et vendeurs de pots de yaourt – Le monde. Cette apologie anticléricale complètement absconte et débile, illustre par excellente le sentiment de Toute puissance de la parole bobo.

  Nous voudrions d’un pape qui soit à notre image. Nous voudrions d’un pape à la portée de tous. Un pape si possible moins ancré dans le passé. Un pape assez ouvert pour discuter avec nous, par messagerie instantanée. Un pape pour régler tous nos problèmes de couple. Un pape trendy, qui laisserait un peu la théologie de côté. Un pape qui transforme les églises en espaces de prière et les confessionnaux en espaces détente.

Un pape à la croix pectorale de rappeur américain. Un pape qui rabat sa soutane au-dessus du genou quand il va à la plage. Un pape qui se la coule douce. Un pape de tolérance, un pape de résistance. Un pape que tu peux appeler quand tu te fais emmerder ou si t’as pas le moral. Un pape jeune et fort. Un pape grand et beau.

De fait, il n’y a pas que le trône de Saint-Pierre qui soit vacant. Il y a également une vacance bien plus grave, celle des esprits, de la morale et de la dignité, et vu comment c’est parti, celle-ci risque de durer au moins jusqu’à la Seconde Parousie du Christ..

Un monde médiatique profondément inculte des questions religieuses, mais pas seulement, qui aimerait nous dicter ce que le prochain Pape doit faire et ne pas faire. Qui il doit être et qui il ne doit pas être. De quelle couleur il doit être et de quelle couleur il ne doit pas être. Comment il devrait porter sa mitre – et surtout pas sa tiare !

 De nombreuses émissions sont programmées casser l’Eglise, et tout est mobilisé à cette fin : la pédophilie, le Vatileaks, l’état de la Curie, les lobby gay, etc. Les déclarations de tous les groupes de pression, même les moins crédibles, sont accueillis et relayés avec complaisance pour inviter l’Eglise à s’aligner sur l’esprit du temps en acceptant « la modernité », comprenez le mariage des prêtres, l’ordination des femmes, et – bien sûr – les avancées de la société sur le mariage et le couple (y compris de même sexe), l’avortement et l’euthanasie.

On entend çà et là, y compris chez les « catholiques », des prophéties de comptoir et de leçons post-modernes sur « le pape qui fera enfin sortir l’Église du Moyen-âge », feignant s’intéresser à l’ecclésiologie et au Salut des âmes.

Au moins, l’immonde est clair, en affirmant que l’Eglise n’est plus qu’un hochet pour les bobos tout-puissants.

Je continue :

« Je veux pouvoir casser du pape. Comment existerais-je si je ne puis contester le monde ancien, m’affirmer sans avoir à détruire des siècles et des siècles d’histoire ? »

 Ici se dévoile toute la perversité de la dialectique à l’oeuvre dans l’ultra-gauchisme qui nous dirige : le progrès, pour eux, ne consiste qu’à annuler le moment précédent, à savoir la morale traditionnelle, chrétienne.

Déconstruire pour construire, détruire pour progresser. Vous ne comprenez pas ? Il n’y a rien à comprendre. La contradiction est le principe de la dialectique du progrès socialiste. N’en déplaise à Aristote.

Alors, à cette dame qui veut « un pape jeune et fort. Un pape grand et beau. »

Sachez, madame, ou mademoiselle, ou je ne sais quoi d’autre, vous qui réclamez un Pape grand et beau, sachez que le Pape est nécessairement grand et beau. D’une nécessité ontologique et théologique qui vous échappe peut-être, mais qui reste plus réelle que votre petite réalité individualiste de bobo. Peut-être ni de la grandeur, ni de la beauté de vos immondices contemporains, mais d’une beauté et d’une grandeur transcendantale.

Je suis frappé par le contraste entre les images en provenance du Vatican, avec ses gardes Suisses, sa magnifique Basilique, ses cardinaux, sa liturgie parfaite, etc. et de l’autre côté la fange idéologique et bassement ironique dans laquelle se vautrent nos médias et politiques.

Reste que, comme le dit saint Thomas d’Aquin, le beau se rapporte à la faculté cognitive, régie par le principe de non-contradiction. Mince alors. Il faut donc avoir une faculté cognitive.  La transcendance, ce mot vous est peut-être inconnu, mais il existe bel et bien, et il existera encore tant qu’il y aura des chrétiens en ce bas monde. Les chrétiens sont les fonctionnaires de la transcendance !

Les chrétiens ne sont certainement pas de ce monde, leur Pape non plus. Non pas qu’ils soient en retard, mais plutôt qu’ils sont en avance. En avance d’un monde. Tout l’esprit du malin se démène contre l’Eglise, et uniquement contre l’Eglise, parce qu’il sait que le monde qui vient est en approche.

Alors, ayons confiance. Comme le disait Léon XIII, dans l’Encyclique Satis Cognitus : « »les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle ». Voici la portée de cette divine parole : l’Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle que soit l’habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que ce soit. »

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