Pour de multiples raisons, pour trop de raisons, en fait, les cœurs sont en colère, et c’est à l’issue du « Jour de colère » de dimanche 26 janvier, que Béatrice Bourges a entammé sa résistance pacifique, sous une nouvelle forme de résistance, où la colère se transforme en sacrifice de soi, contre le soi-même dominant.  

 Jeûner contre le vide – Panégyrique du jeûne de Béatrice Bourges

 

« Aujourd’hui je pars avec mes armes à moi, des armes spirituelles. Le jeûne spirituel, c’est une arme extrêmement puissante », affirme-t-elle au Figaro, à propos de son jeûne. Béatrice Bourges se fait victime sacrificielle, se substitue elle-même au grand Rien qui nous est imposé ; elle vide physiquement son corps pour remplir le vide spirituel de la France. La logique du bouc-émissaire, relevée par René Girard, fonctionne à plein ; mais cette victime-là est volontaire, comme le fut Dieu, lorsqu’il fallut descendre parmi les hommes et se faire cruficier par eux.

 «Non intratur in veritatem, nisi per caritatem – On n’entre pas dans la vérité, sinon par la charité», disait Saint Augustin (Contra Faustum, XXXII, 18, PL 42, 507).Et quelle est la plus grande charité sinon celle de donner sa vie pour ses amis ? L’amitié, le sacrifice, le don de soi, voilà des concepts dévoyés, bafoués ou, pis encore, ignorés. Un monde qui s’oriente sur l’intérêt du soi, ne peut mettre son soi en jeu pour les autres, pour l’autre, pour le monde. Quand à l’amitié, elle n’est plus – l’ami est un alter-ego, un autre soi. Comme, ce soi autre, peut-il être supprimé (avortement), effacé (euthanasie), fabriqué sur commande (GPA, PMA), ou contraint de penser comme soi, sous peine d’être exclu du débat ?

C’est aussi une idée de l’entre-soi qui est mise en jeu. Un pouvoir qui monte les uns contre les autres, qui tranche entre le bien et le mal (entendez, en langage socialiste : le républicain et le non républicain), qui met en œuvre toutes les forces subventionnées de la nation contre ceux qui ne partagent pas son idéologie ne saurait, dans ce pays, reconstituer un espace habitable. La mise en jeu du soi pour les autres, jusqu’à la possibilité de la mort, est alors une des seules et unique réponse possible, inouïe et magnifique.

Ceci pour dire que je soutiens intégralement Béatrice Bourges dans sa démarche superbe, courageuse et ô combien incompréhensible pour un monde qui ne croit plus… en soi

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