Publié dans le Reconquête du mois d’avril 2014. 

Que cela ne demeure pas un secret, ce billet constitue une parodie des nombreuses « enquêtes » produites par la « grande-presse » à propos de nos cercles de résistance. En tournant ainsi en dérision le travail ultra-militant de ces journalistes, on montre à quel point ils ne montrent que ce qu’ils veulent de la réalité, lorsqu’il ne s’agit pas tout simplement de montages mensongers. Même si tout ce qui est raconté ici est malheureusement bien réel.

Capture d’écran 2014-04-29 à 18.18.14Qui sont ces militants d’ultra-gauche ?

Ils se lèvent tôt, petit-déjeunent bio, puis descendent dans les rues de leurs beaux quartiers parisiens pour se rendre à leur travail en Vélib’. En passant, ils achètent leur presse à eux, des titres largement financés et entretenus par l’État, distribués dans tous les kiosques, qu’ils épellent ensuite à la machine à café. Leurs titres : Le Monde, Le Nouvel Obs, Marianne, Libération. Des vieilleries communistes, qui recueillent souvent les idéologues les plus avancés dans la propagande médiatique du nihilisme.
Soixante-huitards ou enfants de soixante-huitards, ils suivent une même ligne, qu’ils appellent indifféremment « progrès », « égalité » ou encore « humanisme ». Ils ont une vision bien précise des « valeurs républicaines », et ne considèrent pas qu’on puisse s’y opposer, sinon à être « des forces réactionnaires et fascistes », comme ils aiment à le rappeler souvent à leurs opposants.
Leurs maitres à penser sont Jacques Derrida (la déconstruction), Judith Butler (la théorie du genre) ou encore Vincent Peillon (la morale laïque). Ils ont leurs bastions idéologiques : des écoles publiques avec des énormes budgets. Leurs noms ? ENS, Science-Po, CNRS, dont les professeurs sont souvent bien plus militants que scientifiques. Mais aussi les écoles de journalisme, véritables pourvoyeuses de militants d’ultra-gauche.
Leur axe d’attaque se décline sur deux versants, l’un positif, l’autre négatif : la victimisation, d’une part, et la promotion de l’égalité, d’autre part. Ils jouent en permanence sur une dialectique perverse : républicains/anti-républicains, homophiles/homophobes, humanistes/fascistes. Ils se défendent souvent à partir de leur appartenance à une « minorité » qu’ils estiment victimisée.
Ultra-militants, extrémistes, et enfermé dans une boucle infernale d’hypersexualité totalitaire, ces individus sont souvent beaucoup plus victimes d’eux-mêmes que de leur fantasmes d’une « société réactionnaire ».

L’heure de la riposte

Ils ont regardé la France de droite se lever contre le mariage homosexuel. Ils débordaient de haine derrière leur clavier, insultant allègrement les manifestants. Pleins de ressentis, et se sentant impuissants, alors même que la fronde contre le pouvoir est, d’habitude, leur spécialité, ils ont été vidés et sidérés par l’ampleur du mouvement de la France réelle, catholique et réactionnaire.
Les mécanismes de la subversion ont été inversés, et le passage est désormais acté, de la subversion nihiliste (mise en lumière par Georges Dillinger) à la résistance réactionnaire du « printemps français ». Les ultra-gauchistes ont perdu leur capacité subversive, intempestive et frondeuse : ils sont désormais du côté du pouvoir, et ne sont plus que des agents ultra-conservateurs du pouvoir politique progressiste. De cela, ils se rendent compte, et leur désarroi est total. Eux, conservateurs ?

Une accession rapide au pouvoir

Comment sont-ils devenus, en si peu de temps, ces « conservateurs utiles » du pouvoir ? Les militants de l’ultra-gauche sont peu nombreux, en comparaison de la grande masse de la population française, mais ils divers avantages sur leurs ennemis : il sont ultra-motivés, ultra-financés et ultra-entourés. Ces qualités sont indéniablement des qualités démocratiques. Grâce à elles, ils ont des connexions dans les plus hautes sphères de la République ; leur carnet d’adresse est impressionnant, et ils n’hésitent pas à interpeller directement les hauts responsables politiques pour leur demander des comptes, ou leur imposer des idées. Après leur phase ultra-militante, ils sont souvent placés très haut, dans les cabinets ministériels, ou dans la haute fonction publique. Ou bien ils trouvent des très bonnes places sur les listes électorales de certains grands partis politiques.

Harlem Désir (militant « SOS-racisme », aujourd’hui président du Parti Socialiste), Malek Boutih (militant « SOS-racisme », aujourd’hui député socialiste), ou encore Fadela Amara (militante « ni pute, ni soumise », devenue ministre sous Sarkoy), pour les plus connus, sont tous passés par ce circuit. Mais la plus grande partie est discrète, tapie dans l’ombre des personnalités politiques, et influence les décisions. Ils multiplient leurs cartes de visites. Ainsi l’ultra-militant LGBTQ Hugo Baillet, co-listier de Anne Hidalgo pendant les dernières municipales, travaille également dans le cabinet de la Ministre Geniève Fioraso au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Ou encore Laura Slimani, présidente du puissant MJS (Mouvement des Jeunes socialistes), qui se définit elle-même comme « Ecoloféministosocialiste » (sic.), provient du mouvement extrémiste de gauche « Transformez à gauche », présidé à l’époque par Razzy Hammadi, aujourd’hui député socialiste de Seine Saint-Denis.

Mais on ne peut pas (se) dissimuler son passé : lorsqu’ils accèdent dans les sphères du pouvoir, les dérapages sont fréquents. Ainsi, le même Razzy Hammadi, criait « Nique ta mère » en pleine rue, dans sa circonscription, à Montreuil. Le chargé de communication au Ministère de l’enseignement supérieur, Hugo Baillet, un soir de Noël, se lâchait sur Twitter (faute de grammaire incluse) : « Pense à tous les chrétiens qui célèbre la naissance de Jésus, issu d’une #GPA ! ». Conservateurs, oui,

Terra Nova, la plaque tournante

Notre enquête nous mène dans les méandres de l’industrie idéologique de l’ultra-gauche. Le représentant le plus éminent de cette arrière-cuisine idéologique, c’est le laboratoire d’idée Terra Nova, « pour une gauche progressiste », qui fait la pluie et le beau temps dans toute l’ultra-gauche. Chaque nouvelle publication est accueillie tel une encyclique papale ; chaque nouvelle note est pour eux l’occasion d’un festin intellectuel et d’une autosatisfaction d’eux-mêmes.
L’exemple de la puissance de Terra Nova, c’est lors de l’élection présidentielle de 2012. L’officine idéologique sort, pour l’occasion, une « enquête » réunissant quelques-unes des plumes les plus extrémistes du milieu, comme Caroline Fourest ou Jean-Yves Camus. Elle s’intitule « L’axe UMP-FN » et a pour but affiché de faire tomber le candidat Sarkozy en le taxant d’extrémiste. On y retrouve absolument tous les éléments de langage que les candidats ont utilisé contre Nicolas Sarkozy, y compris Marine Le Pen.

La « droitisation », l’« alliance objective entre UMP et FN », le « néo-FN », la fameuse « ligne Buisson » : toutes ces expressions rabâchées dans les médias pendant toute la campagne proviennent de cette seule et unique note. « Ne laissons pas les journalistes penser, pensons pour eux ». Voilà qui pourrait être le slogan de Terra Nova. Voilà le cœur du secret de la pensée unique : cette tendance secrète, ce prosélyte totalitarisme qui évacue l’adversaire à coup de psychologisation et d’anathèmes politiques. Cette manière de protéger et de conserver un pouvoir politique à tous prix, par mouts sacrifices, y compris celui de l’honnêteté intellectuelle et du respect des droits les plus fondamentaux de l’être humain.

Quel est le secret, quel est leur secret ?

Il n’ont pas seulement pour eux leur ultra-militantisme – beaucoup plus que dans les milieux classiques – leur ultra-agressivité, qui est, en démocratie, plutôt et bien malheureusement une qualité – et leur méthode dialectique, qui anathématise l’adversaire avant même qu’il n’ait pu avancer un seul argument. Et même leur ultra-intégration dans les arcanes du pouvoir n’explique pas leur victoire.

Le secret est pourtant sous nos yeux, si massif ; tout ce qui est grossier nous échappe souvent. Leur secret, leur victoire et leur avantage absolu sur le pays réel, c’est qu’ils disposent de la République elle-même. Ils sont en conjonction substantielle avec l’essence de la République. Ils correspondent en tous points à l’essence même de l’organisation appelée « République », telle qu’elle se déploie depuis trois siècles. Ils sont dans la République comme un linge dans l’armoire, comme un poisson dans son bocal, ou une table dans la classe. La République est faite pour eux, ils sont fait pour elle. Ce n’est pas qu’ils ont bâti un système à leur mesure, ou qu’ils ont fourvoyé cette organisation de l’intérieur ; c’est l’idée même de « République » qui produit ce genre de créatures « ultras ».

Reste qu’en étant dans la République, ils oublient d’être au monde, et, évidemment, à Dieu. C’est là notre salut ; cette République passera, et ils passeront avec. Notre secret n’est pas là, quoiqu’il passe par là. Nous avons d’autres vues, et de bien plus grandes espérances.

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