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2014-07-22 12.28.11
En tant qu’habitus, la charité est une posture herméneutique, orienté par l’intentionnalité d’une vision polarisée par Dieu, ce que nous appellons le « regard de charité ». En ce sens, et parce qu’elle donne un sens, sémantique et téléologique, à l’existence entière, elle est pour l’être-au-monde une véritable et indiscutable Weltanschauung.

Le fait de décrire le regard de charité comme cette vision du monde des étants, cette posture dans le monde, et ce regard vers d’autrui en tant qu’il relève de Dieu requiert la description de l’expression d’ « en tant que ». Stanislas Breton a engagé une profonde réflexion sur l’ « en tant que », qui pourrait enrichir l’approche du concept de vertu théologale telle que définie par saint Thomas d’Aquin. Alors qu’il pense la science de l’ « étant en tant qu’étant », il remarque que l’expression « en tant que » « suspend l’adhésion trop facile que nous donnons sans condition à ce qui va de soi. Elle semble nous dire « Attention, les choses ne vont pas de soi ; elles nous posent la question : que dites-vous quand vous parlez de ceci ou de cela ? »[1]. Il continue, montrant que « Le « en tant que » brise une continuité, et fait saillir par cette brisure l’inévidence de ce qui aillait de soi. Si l’on me permet le rappel d’une dure expérience, je dirais volontiers que le pain, durant ma captivité ne m’est apparu en tant que pain que parce qu’il faisait cruellement défaut. La disparition de l’abondance avait cessé de nous le rendre quotidien pour en faire l’objet problématique et merveilleux d’un véritable étonnement. »[1]

Vivien Hoch, 2015

[1] Stanislas Breton, « De l’usage philosophique de quelques particules », dans Revue philosophique de Louvain, 1 (1982), p. 73

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