Benoit XVI fut un Pape de la réconciliation intérieure, un grand Pape – même si tous les papes sont « grands ». Reste qu’avec sa démission, on perd une certaine « mythique pontificale », une mystique de la souffrance, une indissolubilité de la responsabilité devant Dieu et devant les hommes.

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En perte de sens et de consistance, le monde contemporain avait besoin d’un intellectuel aussi profond que Benoit XVI, de sa patience et de son expertise théologale ; ce monde avait besoin de gestes incompréhensibles, d’axes forts, de sûreté, de confiance, de lumière, de ce quelque chose de stable et d’irréductible, qui résiste, au-delà de la vie et de la mort, de la faiblesse et de la vieillesse, de la force humaine et de la finitude temporelle.

Peut-on, en christianisme, parler de renonciation à autre chose qu’au péché et au mal ?

N’en déplaise au droit canon, qui accorde ce droit en cas de cas grave et qui parle de « renonciation » (dans le code de 1983) seul Dieu choisit la fin du pontificat, qui n’est pas un pouvoir humain. Peut-on, en christianisme, parler de renonciation à autre chose qu’au péché ? Comme l’a dit Stanislaw Dziwisz, le secrétaire personnel de Jean-Paul II : « Wojtyla est resté, il avait compris que l’on ne descend pas de la croix« .

« Où que tu ailles, quoi que tu fasses, partout et toujours, tu trouvera la Croix », dit l’Imitation de Jésus-Christ. Il ne faudrait pas que les papes futurs prennent cette habitude de quitter le navire quand les souffrances et les impossibilités pointent leur nez… C’est tout un sens de la finitude et de la limite à assumer qui était en jeu. Elle n’a, semble-t-il, pas été prise en compte. D’où la déception.

Ce n’était pas le moment de nous abandonner, Très Saint-Père… On ne vous aurait jamais abandonné, quoiqu’il nous en coûtât.

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