Mon droit de réponse suite à plusieurs articles sur les manifestations et certaines images. 

Mon engagement est multiple. Il est également dans la communication, l’organisation, le travail intellectuel. Évidemment que je m’excuse du coup de pied et des provocations. Reste que personne (ou très peu) n’en connait les circonstances exactes. Nous venions d’être chargés deux fois, je m’étais pris un coup de matraque, et une jeune fille blonde a été expulsée de quelques mètres par un CRS. La situation a complètement dérapée. La situation dérape ainsi quasiment tous les soirs depuis ces quelques derniers mois de mobilisation. Nous nous réunissons toujours de manière déterminée, à l’instigation de certains qui n’ont aucune velléité violente. Nous sommes sous pression tous les soirs, entourés et chargés par les CRS dès la première demi-heure, parfois sans sommation, toujours sans pincettes. Il y a une pression psychologique extrême dans nos groupes. Il faut éviter les « pétages de plomb » ; il y en a eu un. On fera tout pour qu’il n’y en ai plus. Sinon des métaphores de « pétages de plombs ».

Je suis pour un combat multiforme et un respect mutuel. Multiforme, c’est-à-dire symbolique, déterminé, acharné, à la mesure des événements, du mépris d’une grande partie de la classe politique et médiatique et de l’ambiance délètere dans ce pays à tous les points de vue (chômage, fiscalité, famille, idéologie, déconstruction, repères, christianophobie). J’ai eu exactement la même ligne de respect avec les Veilleurs. Nombreux de mes proches y participent, et je les encourage à cela. Qu’on soit clair : je ne suis pas le fondateur des Veilleurs, mais depuis la première réunion secrète de leur instigation, où j’étais présent, je n’ai eu de cesse de les soutenirs – en leur envoyant dès les début mes contacts médiatiques et mes connaissances ; ils me doivent une fière chandelle également – certains le savent très bien – lors des premières soirs aux Invalides où le groupe des « chauds » auraient pu à de nombreuses reprises fondre sur eux sans mon intervention.

Dernier point. Je relève simplement en passant cette ironie idéologique de l’histoire, qui fait que cette société se revendique fièrement de la Révolution française et de Mai 68 – événements autrement plus violents qu’aujourd’hui, mais condamne aujourd’hui la moindre altercation venant de jeunes désabusés, insultés, bafoués et extrêmement inquiets pour leur avenir.

Évidemment, ces derniers événements nous ont – et m’ont – dépassé. Je vais me marier d’ici peu, et mon avenir est gagé aujourd’hui par tout cela. Mon engagement est clair, déterminé et à visage découvert. Absolument rien n’est caché. Reste que je ne veux pas être le bouc-émissaire de la non-violence. Nous avons besoin de tous, et tous doivent être respectés, surtout dans ces situations politiques et sociales extrêmes. Ayez confiance, ne jugez pas hâtivement, ou malentionnellement. Ouvrez-vous à la différence, aux faiblesses de chacun et ne succombez pas à la tentation réduire l’homme à ses erreurs.

Merci.

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