Notre-Dame de Paris, service de la Messe
11 jeudi Oct 2012
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11 jeudi Oct 2012
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01 lundi Oct 2012
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« Mon cher » – Pour les grands penseurs médiévaux, la charité s’adresse à ce qui pour nous est le plus cher. C’est un amour édificateur, élévateur, plutôt qu’un amour “mou”, qui cache des faiblesses de volonté ou des concessions aux vices. La vraie grandeur consiste à tout donner pour ce qui a véritablement du prix : Dieu, et le reste par et pour Dieu. Pas l’inverse…
La richesse (et la précision) du vocabulaire vivant de quelque langage que ce soit pour un sujet déterminé montre la portée de l’intérêt qu’il y attache. Témoin par exemple l’incroyable profusion, au Brésil, de termes de football pour décrire une grande diversité d’activités pédestres. De la même façon, Thomas d’Aquin nous montre la distinction entre différents synonymes latin pour «amour», du plus grand intérêt d’un point de vue d’anthropologie philosophique. Ainsi, en affirmant (in I Sent. d. 10, q.1, a.5, ex) que le Saint Esprit est amor, caritas ou dilectio du Père et du Fils, il ajoute qu’amor montre la simple disposition de l’affection pour l’aimé, tandis que dilectio (comme le montre l’étymologie) présuppose un choix et est donc rationel. Alors que caritas, l’objet de notre étude de ce thème, accentue la véhémence de l’amour (dilectio) car l’aimé est considéré au delà de tout prix (inquantum dilectum sub inaestimabili pretio habetur), dans le même sens où nous disons que les choses (le coût de la vie, les achats) sont chers (secundum quod res multi pretii carae dicuntur).
C’est un fait surprenant et très significatif. Ce n’est pas par hasard si le même et unique mot est également utilisé dans d’autres langages pour dire « mon cher ami » et « les haricots sont chers » (meu caro amigo et feijão está caro ; my dear friend et beans are too dear).
L’esprit médiéval réaliste ne trouve rien de choquant à ce que le terme « charité », choisi pour désigner l’amour de Dieu (et l’amour du prochain pour l’amour de Dieu), soit le mot pré-chrétien associé à l’argent et au prix ; la charité, l’amour pour l’aimé – Thomas d’Aquin insiste – montre que ce que nous considérons d’un grand prix (une chose, un objet) est très cher : Caritas dicitur, eo quod sub inaestimabili pretio, quasi carissimam rem, ponat amatum caritas (In III Sent. d.27, q.2, a.1, ag7).
Aussi, lorsque nous disons « mon cher ami » ou « mon cher Tom », nous usons de métaphores sur le prix, sur la valeur, sur l’estimation d’où nous déduisons notre appréciation.
Sur le même registre, une formule de courtoisie arabe, dans la réponse à un ami lui annonçant qu’il va lui demander quelque chose : Anta gally wa talibuka rakhiz (vous êtes cher [à mes yeux] et votre demande de peu de prix).
Nous souvenant que le Christ compare le Royaume des Cieux à un trésor qu’un homme découvre dans un champs ou à un marchand qui cherche des pierres précieuses et doit vendre tout ce qu’il possède pour les acquérir, nous ne sommes pas surpris d’utiliser le mot « charité » pour désigner le bien apprécié, à mille lieux des modifications sémantiques qu’on lui fait subir dans la sphère médiatico-politique actuelle…
28 vendredi Sep 2012
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Je ne vais pas vous le cacher : je me réjouis de la disparition programmée de l’hebdomadaire d’extrême gauche Témoignage chrétien, qui depuis bien longtemps ne témoignait plus que de lui-même et de son idéologie droitophobe, cathophobe et souvent papophobe, allègrement deversée toutes les semaines (dans la version papier) et tous les jours (sur leur médiocre site web). Ils n’avaient que trop divisé les chrétiens. Aujourd’hui, le marxisme n’existe plus mais l’Eglise éternelle demeure. L’heure est à une réconciliation plus vaste et à l’abolition des vieux clivages.
La gauche chrétienne qu’ils représentaient n’existe plus. Peut-être voyaient-il dans Mélenchon, dont ils ont fait la campagne, un espoir de renouer avec les grandes valeurs de la démocratie chrétienne, mais les faits prouvent qu’ils étaient bien les seuls à le croire, et que la génération de chrétiens soixante-huitards qu’ils entretenaient intellectuellement s’éteint peu à peu. La génération Benoit XVI est finalement beaucoup plus lucide ; elle n’accepte plus le vieux clivage entre les méchants intégristes d’extrême droite et les bons progressistes ouverts au monde, sur lequel repose le fond de commerce de Témoignage chrétien.
La jeunesse chrétienne a changé, parce qu’elle a trop souffert des dérives gauchistes et progressistes que Témoignage chrétien porte plus que tout autre. Être catholique aujourd’hui, et plus généralement chrétien, c’est se positionner comme un être extrêmement original pour cette société, un dinosaure bien vivant, un ultra-courageux, un être véritablement indigné par le manque de vie surnaturelle de ce monde. S’il est de surcroît papiste, respectueux des traditions et éveillé sur les changements civilisationnels profonds qui s’amorcent, ou pis encore, s’il est humble, soumis au Magistère, méfiant envers la démocratisation et l’égalitarisme “fraternel” que les politiciens nous vendent, il en devient un être quasiment exceptionnel. Ce qui, de fait, le lot du chrétien, qui ne vit que de la vie surnaturelle qui le porte.
Malheureusement Témoignage chrétien n’avait rien de cela, et en défendant à longueur de temps une idéologie absconte et terriblement horizontale, il n’intéressait plus personne. Je rappelle leur campagne pro-mélenchon, leur défense du mariage gay, de l’islam, en minimisant tous ses travers, en attaquant les “dérives droitières” ou “traditionnalistes”. En fait, c’est vous, journalistes de Témoignage chrétien, qui teniez les torches, et qui amenaient au bûcher les hérétiques, à coup de lynchages et de discrédits. Vous n’aimiez que la différence que vous vous étiez construite et que vous aviez choisie, pas la vraie différence, celle qui s’impose à tout un chacun, et qui demande à se remettre en question. C’était vous les extrémistes et les intégristes, mais de l’autre côté. Vous n’étiez plus que les exacts pendants de ceux que vous détestiez (Civitas, Salon Beige, Sarkozy, etc.), ayant besoin d’eux pour vivre et tellement prévisibles que s’en devenait profondément ennuyeux. Et on n’achète pas un magazine ennuyeux.
De fait, ils étaient devenus totalement inutiles dans le paysage médiatique actuel. La “grande presse” chrétienne penche souvent à gauche, et relaie souvent les positions les plus progressistes. C’est d’ailleurs leur droit, mais à ce jeu-là, plus personne n’est réellement original à soutenir ce genre de position. Au plan plus large, la presse qui abonde dans nos kiosques est largement de gauche – le traitement de la dernière présidentielle le montre clairement. Si c’est pour lire les mêmes indignations aux mêmes moments à propos des mêmes sujets, si c’est pour taper sur les mêmes personnes, brandir les mêmes idées et fournir les mêmes clefs de lecture du monde que la grande majorité des organes de presse français, il n’y a pas de raison à lireTémoignage chrétien plutôt qu’un autre.
Ce sera ma contribution au débat qui s’engage autour de la rédaction de Témoignage chrétien. Soyez originaux, devenez respectueux du passé et lucides sur le présent. Seule manière de vivre ici-bas, et de se propulser dans l’autre vie, que vous n’avez que trop négligée au profit d’un paradis que vous pensiez construire ici.
26 mercredi Sep 2012
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Les musulmans souhaiteraient imposer le concept de blasphème à l’ONU comme le rappelle cet article du Monde. Le délit de blasphème s’universalisera, de la même manire que les religions se répendent. Il s’appliquera donc à nos sociétés occidentales dépouillées du divin. En Europe, ce ne sont pas les chrétiens qui s’y opposeront, eux qui sont de plus en plus la risée de leurs contemporains. Au Moyen-Orient, la question est tout autre…
Certains chrétiens pensent aussi à institutionnaliser ce délit de blasphème. Le patriarche maronite libanais Béchara Raï a déclaré à l’ouverture du sommet islamo-chrétien de Bkerké hier que le film “L’Innocence des musulmans” “porte atteinte non seulement aux musulmans et au prophète, mais également aux chrétiens. Nous n’allons pas nous contenter de condamner. Nous allons appeler la communauté internationale à émettre une loi onusienne interdisant de dénigrer les religions“. Même si, comme on le rappelle dans Causeur, tous les navets ne provoquent pas des émeutes et des assassinats. Et alors même que Salman Rushdie est de nouveau la cible d’une fatwa (de 3 millions de dollars…), et que les violences islamistes ont enflammées une fois de plus de nombreux pays – y compris européens, ce qui est bien nouveau.
De l’autre côté, en Europe, une société sans Dieu, l’idée d’un “religieusement correct”ne serait pas un mal, si cela est bien comrpis et appliqué. La parole n’est pas contrôlée dans nos sociétés, et la religion – disons tout de go l’Eglise catholique – est bafouée en permanence sur les réseaux sociaux, dans la publicité ou l’ironie omniprésente (comme le rappelle le radar cathophobe sur Twitter); et souvent avec l’argent des contribuables (voir Sur le concept du Fils de Dieu, Piss Christ, Inquisito, et bientôt Ainsi soient-ils). Un peu de mesure et de dignité dans ce flot ininterrompu de parole ne serait pas totalement néfaste.
Mais qu’en est-il aujourd’hui du blasphème, de la parole impie ? Le blasphème, lui aussi, s’est “laïcisé”. La relation entre le blasphémateur et l’objet du blasphème, elle qui était verticale (blasphémateur/Dieu) s’est horizontalisée : elle oppose celui qui exerce son droit à la liberté d’expression à celui qui est bafoué. Le blasphème attaque dorénavant le groupe de croyant, voir l’ethnie, plutôt que Dieu ou le sacré. Or c’est une méprise profonde sur le sens même du blasphème, qui bafoue Dieu lui-même. De fait, un blasphémateur ne peut être qu’un croyant qui offense son Dieu.
De fait, c’est chez certains croyants que se perpétuent les plus énormes blasphèmes. Bref, il est bon que le délit de blasphème soit institué, mais qui pour faire respecter le blasphème ultime, celui du fidèle qui insulte son Dieu, et qui caricature sa religion plus que n’importe quel impie pourrait le faire. La destruction quotidienne d’églises, la mise à mort de jeunes chrétiens, l’organisation d’attentats ou autres horreurs, comme on le retrouve relayés tous les jours sur l’Observatoire de la christianophobie ou sur Riposte catholique, en sont des exemples malheureux et probants.
25 mardi Sep 2012
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Henry de Lesquen recevait Alain Bournazel, historien, président du RIF, Vivien Hoch, chercheur en philosophie, Christian Vanneste, député honoraire, président de Famille et Liberté, Christophe Beaumont, délégué à la communication du Club de l’Horloge, Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, Léopold Gauthier et Benjamin Blanchard, collaborateurs du bulletin de réinformation.
24 lundi Sep 2012
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Le philosophe M. Thibaud Collin, auteur des Lendemains du mariage gay (recensé ici) aux éditions Salvator, nous fait l’honneur de répondre à nos questions. Un impact philosophique et intellectuel sur le débat à propos du mariage gay et de ses implications dans la société.
Votre ouvrage se place clairement au plan délibératif, apte à pouvoir infléchir les jugements politiques sur le bien et le mal. Pensez-vous qu’il soit possible aujourd’hui de remettre les notions de « jugement moral » et de « bien et de mal » sur la table du politique ?
Quel est le critère de l’action politique ? C’est la justice. Il s’agit donc de rechercher le juste dans telle ou telle situation ou face à telle question. Ici, c’est par rapport au projet d’ouvrir le mariage civil aux personnes de même sexe qu’une décision doit être prise au terme d’une délibération. La question de l’articulation et de la distinction entre morale et politique est très complexe. Aujourd’hui, beaucoup pensent que le bien et le mal relèvent de la seule éthique personnelle dont chaque individu est la mesure et que le politique doit rester dans une neutralité éthique en promouvant de grandes valeurs formelles, égalité, liberté, solidarité des individus. D’ailleurs souvent quand on parle de « morale politique » ou de « moralisation de la vie politique », on parle du respect ou de la célébration de ces grands principes et du renforcement des procédures formelles.
Ma question est : peut-on séparer la recherche du juste de celle du bien ? Si on raisonne dans les catégories que je viens de rappeler, toute législation qui se fonderait sur une conception du bien pour dire le juste serait accusée de vouloir imposer un « ordre moral ». Or la détermination concrète du juste n’est pas la simple application automatique d’un grand principe formel. La justice ne peut être rendue que lorsqu’on attribue à chaque partie en présence ce qui lui revient, ce qui lui est dû. Le concept abstrait et formel d’égalité des droits est un filet à mailles trop larges pour permettre de discerner. L’égalité de qui ? Dans quelle situation ? Dans quelle mesure tels droits font-ils naître tels devoirs correspondants ? L’être humain n’est pas une abstraction. Pour juger, il faut regarder la réalité des protagonistes. Or ici, les parties en présence ne sont pas d’un côté des « couples homos » et et de l’autre des « couples hétéros », les uns pouvant se marier et les autres ne pouvant se marier. Le droit de se marier n’a pas pour sujet le couple mais l’individu. Or aujourd’hui n’importe quelle personne majeure peut se marier puisque l’orientation sexuelle n’est pas un critère pertinent. Les vraies parties en présence dans cette délibération sont donc, d’un côté, des adultes de même sexe et, de l’autre, des enfants qui seraient susceptibles d’être adoptés et/ou conçus par ces adultes. Le droit de se marier des uns implique pour les autres le devoir de reconnaître ces deux hommes comme étant leurs pères ou ces deux femmes comme étant leurs mères.
Je demande : cet hypothétique devoir ne viole-t-il pas le droit de ces enfants d’être élevés par ceux dont ils sont issus ? Et là, on voit bien que seule une réflexion sur les biens essentiels d’un enfant permet de trancher et de discerner quel est le choix à faire. Impossible donc de séparer la recherche du juste de la recherche des biens engagés dans les relations entre les êtres humains.
(suite…)
22 samedi Sep 2012
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20 jeudi Sep 2012
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Portrait sur www.dreuz.info
Michel Garroté, réd en chef – Après vous avoir présenté le jeune auteur Paul Ohlott (lien en bas de page), j’aimerais aujourd’hui vous présenter Vivien Hoch (photo ci-dessus), jeune auteur, chercheur en philosophie, rédacteur en chef de www.itinerarium.fr, actif au Pôle éducation libre et enseignement catholique du CERU-UNI, un Think-Tank de droite sur l’éducation, responsable communication de Famille & Liberté. Vivien Hoch est doctorant en philosophie notamment sur les vertus théologales selon saint Thomas d’Aquin. Sa thèse porte sur la charité, afin de montrer, face de fausses instrumentalisations, à quel point la charité est une force et une puissance, loin de la simple « gentillesse » ou « solidarité » à laquelle on veut la réduire.
Vivien Hoch est impliqué politiquement (à l’UMP « malgré tout »…). Il a passé toute son enfance en banlieue parisienne (91 et 94) avec tout ce que cela implique : une jeunesse prise dans les problèmes du « multiculturalisme » ; et il s’est converti à la foi chrétienne. Il s’est investi dès sa conversion dans la sphère médiatique grâce à Internet (www.itinerarium.fr). Vivien Hoch termine sa thèse et pour espère devenir professeur d’Université, malgré les pressions contre lui – pressions bien réelles – de la bienpensance. Il est un « lecteur plus que journalier » de www.dreuz.info…
20 jeudi Sep 2012
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Sur le numéro papier de Nouvelles de France (Juillet – Août 2012)
L’idéologie socialiste parle beaucoup de justice, et la décline sous toutes ses formes – justice sociale, justice équitable, justice réelle. Elle se trouve être le fer de lance d’une égalité obligatoire et d’une ingérence étatiste dans la vie des individus, Mais conceptuellement, la justice n’est pas un égalitarisme forcé. Un principe sauvegarde la justice et s’oppose frontalement à cette méprise socialiste : le principe de subsidiarité, qui atténue toute tendance étatiste totalitaire en donnant, clairement, à l’initiative individuelle et aux groupes concernés le pouvoir de décision politique.
Le principe de subsidiarité trouve un appui historique et conceptuel dans l’enseignement de l’Eglise catholique. Saint Thomas d’Aquin, après Aristote, définit la justice comme ce qui oblige à « donner à chacun son bien propre » – ius suum unicuique tribuere[1], selon une distribution proportionnelle.Dans ce cadre, l’Eglise a toujours enseigné que la justice, vécue dans toutes les dimensions de la vie, privée et publique, économique et sociale, a besoin d’être soutenue par la subsidiarité et la solidarité, et encore plus d’être animée par la charité. « Selon le principe de subsidiarité, ni l’État ni aucune société plus vaste ne doivent se substituer à l’initiative et à la responsabilité des personnes et des corps intermédiaires »[2]. La solidarité est garante de la justice et de la paix, de l’unité donc, de sorte que « l’abondance des uns supplée au manque des autres »[3]. Dans la continuité de ces origines conceptuelles, le principe de subsidiarité se fonde sur une conception de l’homme capable de reconnaitre et prmouvoir son propre bien en pleine cohésion avec le bien commun. « Dans une société de subsidiarité, les tâches du « bien commun » ou de l’intérêt général, sont l’affaire de tous. », note Chantal Delsol dans un bel article sur les fondements anthropologiques du principe de subsidiarité[4].
Principe sous-tendant toute justice équitable et applicable, la subsidiarité permet de combler l’énorme écart institutionnel et juridique entre l’Etat et ses citoyens, qui souvent ne se sentent pas compris dans leur quotidien. L’énorme appareil administratif, les haut-fonctionnaires qui n’ont, du quotidien des citoyens, que ce que leur en dit quelque rapport rédigé par d’autres fonctionnaires, trouvent dans le principe de subsidiarité un nécessaire contre-pouvoir. Ce principe a été introduit dans le droit communautaire par le traité de Maastricht (art. 5 du traité instituant la Communauté européenne-TCE), et repose sur le fait que les décisions devant « être prises le plus près possible des citoyens » (art. 1 du traité sur l’Union européenne). Mesure européenne absolument nécessaire qui évite une trop grande disparité entre le vécu concret des peuples et l’énorme appareil bureaucratique européen. le Traité de Lisbonne a mis en place un mécanisme de contrôle renforcé du respect du principe de subsidiarité. Ce mécanisme permet aux Parlements nationaux de faire échouer des propositions de la Commission qui ne respecteraient pas le principe. Reste que sa mise en application est encore ouverte et non précise.
Au plan concret, le principe de subsidiarité ne peut s’appliquer qu’a contrario de toute tentative hégémonique de répartition étatique (ou fédéraliste) des profits individuels et s’oppose frontalement à la distribution des bons points et des mauvais points moraux par des commissions obscures d’éthique ou des associations sur-financées par le parti politique dominant. Il exige du politique une répartition des tâches et des pouvoirs aux plus petites entités concernées. La mise en place d’une police de proximité, par exemple, ne saurait se décider au-delà du conseil de quartier tenu par les habitants concernés, qui décident de la pertinence d’une telle idée – à leurs frais. De même que pour les logements sociaux, des implantations forcées d’habitations de nature à dénaturer le cadre de vie de la population locale, ou encore pour la construction d’édifices religieux. Une démocratie plus “directe” pourrait alors se substituer à une démocratie de la représentativité qui ne représente plus grand monde – preuve en est les scores élevés de certains partis qui ne se voient octroyer aucune place dans le pouvoir législatif (FN), et d’autres qui prennent une bonne place avec peu d’électeurs (Les Verts, le Front de Gauche).
De fait, le principe de subsidiarité a une “fonction phénoménologique”, qui s’efforce d’opérer un retour au vécu contre l’idéologie, cette dernière étant toujours en tendance de s’accomplir comme totalitatisme. Il permet ainsi, outre de pouvoir opposer le vécu à l’idéologie, de mettre en avant la rapidité d’itiniative individuelle à l’encombrement administratif, le particularisme des situations à l’universalisme abscont, et aboutir à une démocratie réelle, ou démocratie directe[5], qui donne (enfin) la parole et l’action au peuple. Une visée dont notre temps à si besoin : celui de pouvoir opposer au diktat d’une pensée unique « d’en-haut », le vécu multiforme de ceux « d’en bas ».
[1] Saint Thomas d’Aquin, Somme de théologie, IIa-IIae, q. 58, a. 1. 39
[2] Catéchisme de l’Église catholique, n. 1894.
[3] Deuxième assemblée spéciale pour l’Afrique du Synaode des Évêques, Lineamenta (3 décembre 2007), n. 44 : ORF 2940 (2006), p. VI dans le supplément ; DC 2365 (2006), p. 845.
[4] Chantal Delsol, Les fondements anthropologiques du principe de subsidiarité, en ligne sur son site : http://www.chantaldelsol.fr/fondements-anthropologiques-du-principe-de-subsidiarite/
[5] Voir les travaux d’Yvan Blot : La démocratie directe : une chance pour la France, Economica (12 janvier 2012)
19 mercredi Sep 2012
Notre civilisation deviendrait-elle évangélique ? Elle tend la joue gauche au violent et lui donne gracieusement son manteau. Mais ce n’est pas par plénitude de vie qu’elle y concède. C’est par un manque de vie. En fait elle ne vit tout simplement plus. Elle est molle, empatée dans la “normalité” et vide de sens. Elle défend son ennemi et s’automutile, elle s’aveugle et se tue. L’islamisme n’aura même pas à se battre pour avoir sa vengeance séculaire.
Incapable de se défendre, de défendre son passé et son avenir, entourant d’une chaine d’indignation tout diagnostic sur son état vital tout en louant les mauvais docteurs, notre civilisation se désèche, s’affaidit, et va bientôt s’étendre à terre. Les loups affamés et autres prophètes d’immanence n’auront plus qu’à l’achever. Un travail qu’ils commencent aujourd’hui, et que nos bienpensants justifient encore et encore.
Les musulmans feraient mieux de manifester contre le mariage gay, mais il semble que leurs revendications communautaristes, leurs petites déceptions personnelles et leur stratégie d’implantation en Occident soient beaucoup plus importantes que les valeurs que leur religion prétend soit-disant défendre. De toute façon, toutes ces lois progressistes appartiennent à notre civilisation décadente, et ils les balayeront bien vite quand ils seront aptes à le faire, c’est-à-dire quand ils seront en majorité, spirituelle et corporelle, quand leurs crocs auront déchiré notre Marianne. Nos forces déclinent déjà, leur source se tarit, et nous ne sommes même plus capables des plus simples gestes d’auto-défense, ce plus primitif instinct du corps vivant, garant ultime de sa survie. Un corps malade, rongé par l’immanentisme idéologique indifférent et pseudo-universaliste, qui paît sur nos consciences décimées par l’ennui, le dégoût, la superficialité, seuls horizons de cette société décadente, pour lequel l’islamisme et ses tromperies n’aura plus qu’à se baisser pour y cueillir sa vengeance séculaire.
Notre idéologie gauchiste fait le grand écart, et risque un jour de se fendre en deux – ou plutôt de détruire à jamais notre civilisation. Tandis que d’un côté elle promeût des lois ultra-progressistes comme le mariage gay ou l’adoption homoparentale, de l’autre elle tend la joue et justifie les individus les plus obscurantistes qui soient, salafistes et autres pseudos-musulmans. Tandis qu’elle tape et condamne toute référence culturelle à la terre des pères – patrie catholique, de terroir et d’esprit, de l’autre côté elle organise et finance la défense du communautarisme étranger, souvent hostile aux valeurs démocratiques et au bien-vivre de nos pays acquis dans la sueur et le sang. Ils seraient capables de donner leur vie, mais pas pour leur ami. Ils donnent leur vie pour construire leur ennemi. Une évangélisation inversée, retournée contre soi et ce qu’il abrite : le Christ.
Ce communautarisme sur-financé, cet art décadent qui désoriente les consciences, cette hyper-communication sur fond de néant, voilà ce qui va ronger jusqu’à nos dernières forces vitales, elles qui, pour parler comme Bergson, ne sont ni quantitatives ni horizontales, mais qualitatives et verticales, transcendantes, tournées vers un mieux dont il faut défendre l’accès, par les armes s’il le faut, comme nos ancêtres l’ont toujours fait. Cet accès est espérance, et sans espérance, l’homme meurt. Ne nous privons pas de vivre.