Vivien Hoch, sur Itinerarium
 
 
 
« Mais aux lieux du péril croît 
Aussi ce qui sauve  »
(Hölderlin)

Nous avons pris le maquis. Et il faut remercier la bêtise de François Hollande pour nous avoir permis de lever la population contre ses magouilles, d’avoir pu monter tous ces réseaux, et d’avoir pu orienter cette jeunesse dans l’engagement politique. On mène aujourd’hui une guerre de tranchée, mais sur plusieurs endroits. Ne construisons pas de ligne Maginot, qui ne protège qu’une infime partie de ce qu’il y a à défendre.  Soyons lucides, éveillés, tranchants. 

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Nous ne nous battons plus seulement contre le mariage homosexuel, la Procréation médicale assistée et la Gestation pour autrui. Ni même contre les lobby sur-financés, les laboratoires de la mort, l’art dégénéré, la théorie du genre, la cathophobie, le capitalisme de connivence, les impôts asphyxiants, les politiques corrompus, les journalistes de comptoir et les idéologues nauséabonds. Nous nous battons dorénavant pour sauver ce qu’il reste du réel !

Face à l’ampleur des dégâts, et surtout de ce qui nous pend au nez, deux solutions :

 – soit nous brulons ce monde funeste avec une contre-révolution massive et blamboyante, et recommençons tout à zéro.

– Soit nous tentons la voie longue et ardue, de la reprise politique et de la nouvelle évangélisation du pays.

Il faut globaliser le combat, construire des lignes partout, et frapper dorénavant les premiers. Il faut une stratégie trostykiste, un engagement de tous les manifestants dans les partis politiques, il faut exiger des engagements, des responsabilités, ne rien excuser et être intraitable.

J’aimerai vous montrer que la tâche est également philosophique et intellectuelle, et qu’il faut rester très vigilant sur ce point. Évidemment, et Gramsci l’a bien vu, nous avons perdu la culture, la politique mais aussi les médias, l’enseignement, et même la spiritualité. Dès lors que vous allumez la télévision, participez à un jeu débile, achetez un journal bidon, vous êtes pris dans ce mouvement pervers. Soyez très vigilants, ils sont plus forts que vous !

Nous sommes aujourd’hui plongés de plein pied dans un mouvement d’ensemble qui nous dépasse totalement, et qui dépasse également ses sordides acteurs. Faisons tout pour ne pas être pris dans la machine, et ne collaborons pas au mal ! Soljenitsyne disait en 1974 que

« c’est là justement que se trouve, négligée par nous, mais si simple, si accessible, la clef de notre libération : LE REFUS DE PARTICIPER PERSONNELLEMENT AU MENSONGE ! »

Refuser de participer au mensonge, mais également refus de collaborer de quelque manière que ce soit, en pensée, en parole, par action ou par omission, avec les menteurs.

            George Orwell disait :

« Voici venir un temps où même les gens relativement bien installés dans la vie auront à souffrir de gouvernements sans foi ni loi, qu’ils auront eux-mêmes mis en place ou auront laissés s’installer. »[1]

Des gouvernements sans foi, ni loi.

Que ce gouvernement soit sans foi, ce n’est pas devant vous, fidèles lecteurs d’itinerarium, que je vais le justifier. – Même si le socialisme est organisé comme une « religion républicaine », avec sa « foi laïque », selon le grand-prêtre Peillon, ce qui fait – nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises ici-même – que nous sommes en pleine guerre des religions.

Que ce gouvernement soit sans loi, voilà qui est encore plus probant. Le concept de « loi » s’est déplacé, et n’a plus rien à voir avec le réel. Un peu de philosophie. La science ne cherche plus à déterminer ce qui est, mais uniquement « ce qui fonctionne » dans des conditions posées à l’avance. De même, la politique ne doit plus déterminer ce qui est bon, mais uniquement ce qui est égalitaire. Enfin, le droit ne doit plus déterminer ce qui est naturellement juste, mais ce qui est juste selon des conditions posées arbitrairement à l’avance. Aussi la loi ne doit-elle satisfaire que des conditions électorales mafieuses, et non plus s’accorder avec le réel ou la nature.

L’État socialiste se charge avec une jouissance certaine de cette magouille gigantesque. Cet État est un monstre, un centre de commandement idéologique, une machine intentionnelle chargée de tordre le réel dans son sens, de manipuler les faits, d’avaler les enfants, de les digérer dans l’éducation nationale et de les vomir en petit électeur gauchiste. Mais qu’est-ce donc que ce système sinon le règne de l’anté-christ !

Nous arrivons dans un modèle de civilisation – si tant est qu’on puisse encore parler de civilisation – qu’aucune société n’a jamais exploré. Depuis l’aube des temps, me direz-vous, il y a des lesbiennes hystériques dans des temples païens, des idolâtres du pénis, des prêtres prostitués ou prostituants, et autres rites douteux ; il y a toujours eu du péché institutionnalisé et des politiques idéologisées.

Mais aujourd’hui, cela s’appuie sur des idées méticuleusement élaborées. Le péché est théorisé. Le diable s’est fait idéologue. Satan est présentateur télé, journaliste, politique, intellectuel, écrivain, artiste, médecin, scientifique. Il se cache dans des émissions de cuisine, dans des romans de gare, derrière les chaires d’université, devant et derrière la caméra.

« Le réel n’est plus que le produit des volontés de domination, des moyens d’oppression, des résistances et des lâchetés, des représentations imposées et des doctrines professées »

 Nous sommes au bout d’un processus long, qui a commencé par le travail des philosophes contre la métaphysique. Il s’agit, depuis lors, de dé-construire les catégories traditionnelles, les catégories philosophiques, scientifiques, sociales, politiques, historiques et intersubjectives. L’autre a pris la place du même, l’étranger a remplacé le chez-soi, le différent a dépassé le prochain, le cosmopolitisme a détruit le patriotisme.

Le réel n’est plus que le produit des volontés de domination, des moyens d’oppression, des résistances et des lâchetés, des représentations imposées et des doctrines professées. J’en vois la preuve la plus flagrante dans la phrase de Spinoza : « une chose n’est pas désirée parce qu’elle est bonne, mais bonne parce qu’elle est désirée ». Voilà : le désir, l’animalité, la passion, le péché, sont devenus producteur de réel. C’est eux, dorénavant, qui construisent le monde. Le péché est devenu la fabrique du réel.

Alors, avant que nous ne devenions tous « des Hamlets au petit pied, dégoûtés de tout, ne sachant que désirer, croire ou faire, découragés, douteux et amers… », comme le disait Taine, prenons les armes de Lumière ! « Veillez et priez » disait le Christ. Veillez, engagez vous, restez prudent, vigilants, faites attention aux mensonges. Priez, évidemment, pour demander l’indispensable secours de Dieu. L’Esprit-saint vient au secours des disciples du Christ et des hommes de bonne volonté.


[1] G. Orwell in New English Weekly, 16 juin 1938

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