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L’amour selon saint Thomas renonce en effet à posséder le bien aimé, de même que la connaissance phénoménologique refuse tout intermédiaire qui pourrait « représenter » subjectivement l’objet connu.

L’amour selon saint Thomas communie à la présence de l’aimé dans un « face-à-face » silencieux, de même que la connaissance phénoménologique dépasse le langage abstrait pour goûter immédiatement l’ipséité de l’objet.

L’amour selon saint Thomas renonce à forcer en une quelconque manière le bien à l’aimer, lui demandant au contraire une pure spontanéité amoureuse en retour de son amour même, de même que la connaissance phénoménologique renonce à questionner l’objet, se tait en suspendant son langage interrogateur dans l’époché, pour laisser parler l’objet lui-même en toute liberté.

Enfin, l’amour selon saint Thomas comme la connaissance phénoménologique se définissent comme une opération, pur jaillissement de l’âme, qui ne peut se terminer qu’à la chose même, et non à une « chose » que la conscience produirait elle-même pour s’assimiler à l’objet connaissable.

André de Muralt, La métaphysique du phénomène, les origines médiévales et l’élaboration de la pensée phénoménologique, « VRIN reprise », Paris, 1985, p. 100 (111).

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