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Archives de Catégorie: Religion

Le socialisme est une religion pour Vincent Peillon

11 vendredi Jan 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Chronique de Vivien Hoch sur Radio courtoisie du 10 Janvier et sur itinerarium.fr

 

On critique souvent les politiques sur le fait qu’ils n’ont pas de vraies convictions. Avec Peillon, c’est tout l’inverse. Il faut rester très vigilant et très sérieux devant ce genre d’idéologue. Nous sommes sur la radio du pays réel : or le grand adversaire de Peillon, c’est justement le réel.

 

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 Nul ne doit être dupe, ni se tromper sur le personnage. La dernière étude du CERU, le laboratoire d’idée sur la jeunesse et l’éducation, que j’ai rédigé, propose une exégèse de la philosophie de Vincent Peillon (disponible sur Amazon et Priceminister). Autant dire que je me suis collé à la lecture de son oeuvre complète, et que le résultat se situe bien au-delà de toutes mes inquiétudes.

Derrière le personnage apparemment lisse, voir ennuyeux, se cache un terrible idéologue, quelqu’un de très dangereux, un Robespierre en herbe, un sans-culotte du XXIème siècle, un disciple en droite lignée des grands bienfaiteurs de l’Eglise que sont Jean Jaurès ou Ferdinand Buisson, qui sont ses deux papas.

Vincent Peillon, c’est un docteur en philosophie – et il n’y a rien de plus dangereux qu’un philosophe qui fait de la politique, un visionnaire pour qui « la révolution française n’est pas terminée », parce que cette Révolution est « un événement religieux», une « nouvelle genèse »  un « nouveau commencement du monde », une « nouvelle espérance » qu’il faut porter à son terme, à savoir : « la transformation socialiste et progressiste de la société toute entière ».

En fait, Peillon n’est ni un homme politique, ni un simple philosophe.  C’est un prophète, un Pape laïque, un grand-prêtre du socialisme, plus religieux que le Souverain Pontife lui-même.

Alors, il est responsable aujoud’hui de l’éducation nationale. Ce n’est évidemment pas par hasard.L’éducation a un rôle capital dans son système idéologique, car l’école est «  un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste. ».  Plus encore, l’école est un instrument de la religion laïque dont il se fait le prophète :

« c’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin »[1].

Et évidemment, l’école sera le temple de cette nouvelle religion :

« c’est bien une nouvelle naissance, une transusbtantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi »[2].

On comprend alors dans le détail les grands thèmes qu’il impose à l’éducation nationale.

– La scolarisation précoce des enfants,

de moins de trois ans s’il vous plaît ! (annoncée le 10 septembre par Jean-Marc Ayrault) dans le but, selon lui, de « lutter contre la délinquance » (sic), mais qui correspond en fait en tout point à l’idée peillonienne de coupure totale de l’enfant d’avec autre chose que la République socialiste : (je cite son interview au Jdd) « Il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, famillial, ethnique, social, intellectuel… »[3].

Pour ce faire, Peillon se fonde sur une pédagogie bien à lui : il y a un «  »infini flottant » dans l’âme de l’enfant », et l’éducation « se fixe pour tâche de lui donner une forme »[4]. Je vous laisse imaginer quelle forme il faut lui donner, à ce enfant nu et dépouillé face au dogme étatique.

 

– la morale laïque

Alors une fois encore ne soyons pas dupes : évidemment que ce qui manque le plus à nos enfants, c’est de la morale. Mais ceux qui applaudissent  cette idée doivent vigilants. Car le but de la morale laïque, c’est de former des futurs électeurs socialistes avec la théorie du Genre, l’enseignement des « grands homosexuels de l’histoire », la lutte contre les discriminations et l’imposition d’une morale non pas seulement laïque, a-religieuse, voir anti-religieuse.

La morale laïque correspond en tous points à la ligne Buisson de la laïcité que Peillon s’est tracé – en référence à Ferdinand Buisson, l’acteur de premier plan de l’expulsion des congrégations religieuses, auquel Peillon a consacré un ouvrage en 2005. Cette ligne buisson de la laïcité, c’est « de forger une religion qui soit non seulement, plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force, de séduction, de persuasion et d’adhésion, que lui. ». Aussi, si « la République socialiste perdure dans la mort Dieu », elle perdure également dans la mort de son incarnation terrestre, l’Eglise…

On a déjà un exemple de ce que donne la morale laïque. Elle est déjà bien pratiquée par ce gouvernement, et on voit ce que ça donne : De l’inénarrable Cécile Duflot qui veut « réquisitionner les églises » au message outrageant et discriminant de Michèle Delaunay : « Aujourd’hui les catholiques condamneraient la Sainte Famille : un mari qui n’était pas le père, une mère vierge »… On le voit : la cathophobie est quasiment hérigée en dogme d’état.

 

– La fronde contre l’enseignement catholique trouve elle aussi son sens

Peillon commence à s’attaquer aux retraites des enseignants du privé (déjà dévalorisée de quasiment 30% par rapport à celles du public), puis à produire une circulaire (en fait une bulle pontificale)  qui enjoint les recteurs « à rester vigilant envers l’enseignement catholique » parce que ce dernier s’était prononcé contre le mariage homosexuel. « Rester vigilant envers l’enseignement catholique » veut dire, dans son système, qu’aucune idée ne peut se transmettre en dehors des cadres dogmatiques de la République socialiste.

 

***

 

Vous comprenez pourquoi il n’y a aucune contradiction dans leur esprit lorsque Peillon interdit à l’école privée de parler du mariage gay alors que Belkacem, en fait l’apologie au collège. Nous sommes clairement dans une dialectique marxiste, que la contradiction n’effraie aucunement. Le moment passé (à savoir les traditions, l’histoire de France, les valeurs chrétiennes) doit être annulé par le moment à venir : le monde poli, libre, joyeusement socialiste, délivré enfin du joug de la méchante Eglise catholique et de ses principes désuets.

Grâce à ce genre d’idéologues au pouvoir, nos enfants en sauront bientôt davantage sur la contraception, le mariage homosexuel, l’homophobie, le trans-genre et le cannabis, que sur l’histoire de France ou les règles de conjugaison. Le catéchisme socialiste doit se réciter dans toutes les écoles, par la bouche de tous les fonctionnaires-prêcheurs, et les enfants doivent apprendre cette vérité tombée du ciel sans broncher…

Finalement, la plus grande honnêteté pour Monseigneur Peillon et son clergé serait de se l’appliquer à eux-mêmes, la laïcité, avant que ce pays ne sombre dans une théocratie socialiste…

 


[1] La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 195

[2] La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 18

[3] Entretien au JDD, 2 septembre 2012

[4] La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 194

L’Eglise catholique n’est pas un comptoir de bistrot

08 mardi Jan 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur itinerarium.fr 

 

Je m’adresse aux quelques énergumènes qui, tout en clamant catholiques, se font un plaisir non feint de dire tout l’inverse de ce que dit la sainte Institution non seulement aujourd’hui, mais également depuis l’aube des temps. Il faut aujoud’hui taper du poing sur la table, pour éviter que les dérives subjectivistes de certains ne pourissent la fragile et surnaturelle communion de tous.

 

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L’Excommunication de Robert le Pieux, Jean-Paul Laurens, 1875

 

La citadelle catholique est cernée de toutes parts. Ad extra, par une civilisation qui rejette le christianisme comme un remède dégluti ; ad intra par des pseudos-fidèles que cette civilisation. Et le mal est d’autant plus grave qu’il est commis par un proche, un frère, un fidèle qui se réclame de la même communion. Et qu’on se le dire : la charité, amour et élan vers le Bien infini et vers les biens finis par excédence, ne tolère pas le mal. La charité est intolérante. Fausse charité que celle qui se complaît dans l’erreur, l’orgueil, la défense du relativisme et des perversions du monde. 

 

Corriger l’erreur, où elle se trouve

Qui ou quoi me permet de corriger ainsi les erreurs des autres ? Le droit et l’obligation de corriger le frère dans l’erreur ou dans le péché, cela s’appelle la correction fraternelle. Elle est une aûmone spirituelle :

« reprendre un délinquant (corripere delinquintem), c’est lui faire une espèce d’aumône spirituelle (quaedam eleemosyna spiritualis)»(Thomas d’Aquin, Somme de théologie, IIa IIae, qu. 33, art. 1, s. c.)

Et elle est d’obligation, puisqu’elle est un effet de la charité ; elle est une oeuvre d’amour.

« « Si ton frère vient à pécher contre toi, reprends-le, seul à seul avec lui ». Pourquoi le corriges-tu ? Parce qu’il t’a offensé et que cela t’a agacé ? Que Dieu t’en préserve. Si tu le fais par amour-propre, tu ne fais rien de bon. En revanche, si c’est l’amour qui t’y pousse, tu œuvres excellemment » Saint Augustin, Sermo 82, 4.

L’amour, oui, comme motif de s’insurger contre les dérives de certains. Le terme « charité » a été choisi pour désigner l’amour de Dieu (et l’amour du prochain pour l’amour de Dieu), en se référant au mot pré-chrétien associé à l’argent et au prix ; la charité, l’amour pour l’aimé – Thomas d’Aquin insiste – montre que ce que nous considérons d’un grand prix est très cher : Caritas dicitur, eo quod sub inaestimabili pretio, quasi carissimam rem, ponat amatum caritas (Thomas d’Aquin, In III Sent. d.27, q.2, a.1, ag7).

 

 

Contre le relativisme et les religions sur-mesure

Ce qui nous est cher, c’est la communion, avec le Christ et avec ses disciples. On ne détruit pas cela du haut de sa petite subjectivité en pensant que seul, on a raison contre l’enseignement de l’Eglise, de ses Docteurs, de sa morale qui a connu tant et tant d‘hérésies.

Ce qui nous est cher, ce que nous aimons, derrière Jésus-Christ, c’est son Eglise et ses disciples. L’amour s’attaque de ces personnes-là, mais aussi et surtout l’amour du bien commun et de l’Eglise tout entière.

« Le mal d’autrui est proche, il va nous atteindre », prévient Thomas d’Aquin dans le traité sur la miséricorde (IIa IIae, qu. 30, art. 2, resp.). Il peut « transiter » (Thomas d’Aquin emploie le verbe transire) par nous.

Le problème avec ce genre de comportements, c’est qu’on se taille son petit monde sur-mesure, qu’on construit sa propre religion, qu’on se désolidarise de la réalité et qu’on vit alors dans un monde complètement déconnecté. Un monde schizophrénique, phantasmé, non réel. Et pis encore, qu’on risque d’y entrainer ceux qui ne tiennent que par la communion et l’enseignement, justement, de cette Institution multiséculaire qu’est l’Eglise.

Le message porté par l’Eglise est finalement très simple. L’anthropologie chrétienne est pleine de bon sens. Le devoir d’humilité et d’obéissance à l’Eglise si purificateur d’orgueil. Si quelque chose en vous s’oppose à l’e,nseignement ou aux positions de l’Eglise catholique, soit vous la quittez, soit vous prenez votre courage à deux mains et vous vous renseignez, lisez le CEC, la DSE, les pères, les homélies du Saint-Père afin d’en comprendre les justes motivations. Un petit effort, soyez catholiques.

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme comme un sarment qu’on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. »Evangile selon saint Jean, XV


 © Vivien Hoch, pour Itinerarium

Nouvelle publication : Vincent Peillon, prophète d’une « religion laïque »

21 vendredi Déc 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Mon dernier travail paru au CERU, le laboratoire d’idées sur la jeunesse et l’éducation, sur la doctrine de Vincent Peillon.

Présentation

Vincent Peillon est le prophète d’une « religion laïque », défenseur d’une laïcité de combat, qu’il érige en véritable religion, dont l’église serait l’école et les apôtres les professeurs. La vision de l’école comme d’une « nouvelle église », la « transformation progressiste » de la société : voilà les grands points dogmatiques du catéchisme de Vincent Peillon.

En se référant aux derniers ouvrages théoriques que Vincent Peillon a publiés, Vivien Hoch dans cette note se livre à un véritable travail d’exégèse afin d’analyser et de décrypter la « doctrine » qui inspire le nouveau ministre de l’Éducation nationale.

À acquérir sur Amazon.

Démythologiser Dieu ?

17 lundi Déc 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur itinerarium.fr 

La foi chrétienne et le contenu biblique sont souvent pris aujourd’hui pour une mythologie désuette à l’égard des « progrès » de l’époque contemporaine. C’est que la Bible a son fonctionnement propre, saint et sacré ; plus que de nous faire connaitre quelque chose, elle nous appelle à plus grand que nous. Avec son fameux concept de démythologisation, Rudolf Bultmann, le grand théologien protestant du XXème siècle, nous rappelle que Dieu est toujours plus et au-delà de ce qu’on dit de Lui.

 

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Pour Bultmann, le mythe n’a pas le même statut ni ne relève de la même compréhension, selon qu’il est celui de la démythisation ou celui de la démythologisation :

 Le mythe de la démythisation est en quelque sorte considéré comme une fable, une légende, un conte de fées, qui ne correspond pas à notre manière actuelle et scientifique, par exemple, de voir les choses, le monde, la nature en particulier. Démythiser revient alors à retrancher de la Bible ce qui offusque, contrarie notre raison. La Bible est expurgée, mais elle est ainsi censurée au nom de la raison, d’une exigence rationaliste et réductrice. Une certaine exégèse a souvent opéré ainsi.

 Le mythe de la démythologisation est représenté par le langage religieux en général et biblique en particulier. Il est (et comment ne le serait-il pas ?) une manière humaine, terrestre, mondaine de parler de Dieu. Il suppose toujours une foi en une Transcendance. Il veut par conséquent dire et exprimer Dieu. Mais ce mythe ne peut échapper à un piège : comment puis,-je en effet dire Dieu avec des mots humains ? Une telle prétention est vouée à l’échec. Le seul fait de dire Dieu dans nos mots, c’est déjà.!e trahir. Seul Dieu parle bien de Dieu. Comme j’aime à le répéter : quand je dis « Dieu », ce n’est déjà plus Dieu que je dis. Le mythe de la démythologisation fonctionne ainsi en pleine contradiction : il veut dire Dieu et, ce faisant, il ne le dit pas vraiment. Dieu est transcendant ; il ne nous appartient pas. N’est-il pas hors de notre portée ?

Par et dans mes mots, Dieu dépend de moi, au lieu que je dépende de lui. Dieu devient l’objet de mes raisonnements, au lieu d’être le sujet de ma pensée. Je saisis Dieu au lieu qu’il me saisisse. La Bible, d’ailleurs, est toujours ainsi à la fois Parole de Dieu et parole humaine ; et quand elle affirme « Dieu a dit » c’est, bien un être humain, un croyant, qui me dit « Dieu a dit ».

Ainsi, par le mythologique, je neutralise Dieu,  je le maîtrise et domine ou domestique,  je l’objective ou chosifie,  je le rationalise : il est sous la coupe de mon langage et de mes raisonnements.

Dans de telles conditions, démythologiser consiste à retrouver l’intention première du mythe :une foi en Dieu toute nue. La démythologisation est toujours à reprendre. Mais que l’on ne s’y trompe pas : démythologiser c’est bien dérationaliser (retrouver cette foi originelle), tandis que démythiser c’est bien rationaliser (censurer au nom de la raison).

  »démythologiser consiste à retrouver l’intention première du mythe : une foi en Dieu toute nue. »

 

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Rudolf Bultmann (1884 – 1976)

On voit là pourquoi confondre ces deux démarches et traduire démythologiser par démythiser aboutit à un résultat diamétralement opposé à la pensée de Bultmann. Il ne s’agit pas, avec la démythologisation, de tailler une Bible à nos mesures, mais bien de lire et interpréter toute la Bible sans en rien retrancher ; il s’agit de voir non seulement ce que le texte dit mais bien aussi et surtout ce qu’il veut dire. Il convient donc de retrouver, à travers une écriture humaine, une parole de… Dieu (venue de lui) et qui m’interpelle dans la foi.

 L’entreprise de démythologisation se veut donc, et elle est, hautement positive. Elle n’est pas une action destructrice et un rationalisme nihiliste. Qu’est-ce que cela signifie et implique ?

La lecture croyante du texte biblique retrouve un Dieu qui nous interpelle (et non la description d’un événement réellement survenu) : il ne s’agit pas seulement avec el!e d’entendre ce que veut dire le texte, mais bien ce qu’il veut me dire et me dire aujourd’hui. Dans celle interpellation va s’opérer ainsi quelque chose qui m’interroge, qui met enjeu et dévoile le sens de mon existence. Je suis en effet placé par cette interpellation divine devant une décision de… foi où je me reconnais dans toutes mes limites, celles de ma condition très simplement humaine.

Ainsi, ma relation à la Bible, à travers la lecture que j’en fais, n’est pas uniquement neutre, tranquillement scientifique, distanciée, voire spéculative et gratuite. Elle appelle une réponse, elle me mobilise, elle sollicite mon adhésion ou mon refus. Cette lecture suppose l’engagement de la foi. Il s’agit d’entendre une parole de Dieu, même dans un texte lourdement humain (« légendaire », par exemple), tributaire, pour le moins, d’une vision du monde qui ne correspond plus à la nôtre. En quoi ce texte me parle-t-il, m’interpelle-t-il comme une parole de Dieu à travers une écriture, un langage, une terminologie et des concepts humains, que ce texte soit historique, narratif, poétique ou de fiction ?

 C’est bien le « sola fide » (la foi seule) qui est ici requis dans cette écoute et cette interprétation et non la seule approche rationaliste, aussi nécessaire est-elle dans l’ordre d’une analyse historique, honnête et désintéressée. Notons, en passant, que la lecture croyante et démythologisante du texte n’est pas nécessairement moins scientifique qu’une autre, puisque le texte biblique a précisément été écrit pour une telle lecture, c’est-à-dire pour susciter la foi.

Le croyant qui s’ouvre à l’appel divin et refuse de s’enfermer en lui-même dit toujours à Dieu la prière d’illumination qui, au cours du culte, précède les lectures bibliques : « Fais taire en moi toute autre voix que la tienne ! ».

Comprendre le texte biblique c’est comprendre qu’il est pour moi une interpellation en forme de relation dont Dieu a l’initiative.

Faut-il revenir à un christianisme identitaire ?

14 vendredi Déc 2012

Posted by Vivien Hoch in Politique, Religion

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*Tribune libre de Vivien Hoch, chronique de Radio courtoisie, Libre Journal de Daniel Hamiche, (13/12/2012) également sur itinerarium.fr

Les chrétiens sont aujourd’hui pris entre deux feux.

– Pris entre les exigences farfelues des ultras du laïcisme (ceux qui débatisent les marchés de noël en «marché d’hiver», ceux qui suppriment les crèches, les croix, ceux qui tournent constamment en dérision l’Eglise, ou encore ceux qui veulent réquisitionner à nouveau les biens ecclesiaux)

– Et de l’autre côté par certains musulmans qui se servent du «principe d’égalité des religions» pour imposer leurs propres règles. Par exemple en revendiquant leurs propres jours fériés, en refusant les crèches de Noël ou les visites scolaires dans les églises.

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«les chrétiens, « ou ce qu’il en reste« »

À cet égard, l’expression d’Erwann Binet, le rapporteur du projet de loi sur le mariage homosexuel est significative, je le cite alors qu’il s’adressait au Cardinal Vingt-trois : «les chrétiens, « ou ce qu’il en reste« » De l’avis de ce député socialiste, le christianisme est clairement retourné dans les catacombes. Je d’ailleurs suis persuadé qu’il en est heureux. Mais il oublie que s’il reste encore des chrétiens, c’est qu’il reste de l’espoir, et même de l’espérance.

Le verbe «rester» est emprunté au latin restare, formé du préfixe re- et du verbe stare qui veut dire : « se tenir debout, se tenir ferme, tenir position ». Tenir position. Tenir devant l’idôlatre progrès sociétal sans Dieu qui n’est que nihilisme. C.S Lewis écrivait que « Sortir de la volonté de Dieu, c’est pénétrer nulle part» .

Donc s’il reste des chrétiens, c’est qu’ils tiennent encore debout, eux qui ont les principes de la vie théologale, eux qui sont dépositaires de l’histoire de France et de la sagesse des nations, eux qui sont justement les derniers remparts contre le nihilisme.

 Mais ceux qui veulent rester debout sont villipendés. Ils sont accusés de mener des croisades identitaires, d’être provocateurs, caricaturaux, réactionnaires et idolatres; ils sont accusés de desservir les combats de l’Eglise, voir de se servir de l’Eglise pour faire passer leurs idées.  Les deux manifestations de novembre sont significatives de cette dichotomie, qui est valable en général, dans les paroisses, les médias et les coeurs chrétiens :

 Il y a ce que j’appelle la stratégie du 17 qui se félicite de son aconfessionalité et maximise la présence de non-chrétiens, gays, athées ou des quelques musulmans qui trainaient là ; une stratégie qui demande aux prêtres en soutane ou en cols romains de se cacher dans la foule, il faut le savoir ; en bref, une stratégie qui a mis sa foi dans la poche et en tire gloire.

Et il y a la stratégie du 18, avec son catholicisme visible, ses croix, ses messages percutants, plus « identitaires » et donc plus provocants pour une société qui a mis le divin en congé.

Ces deux points de vue sont-ils irréconciliables ?

Rémi Brague, dans son maitre ouvrage de 1992, Europe, la voix romaine, distingue les chrétiens de ce qu’il appelle les «christianites».

  • Chrétiens sont ceux qui croient et vivent du Christ. Le chrétien traverse les civilisation, il se fond en elles sans s’y dissoudre. Il ne se réduit à aucune civilisation – «Le Christ n’est pas venu pour bâtir une civilisation, mais pour sauver les hommes de toutes les civilisations»
  • Christianites sont ceux qui défendent la valeur du christianisme et son rôle positif dans l’histoire. Bien qu’ils défendent des valeurs, ils défendent non pas une idole, mais le désir et la volonté d’habiter chrétiennement le monde.

Or, chrétiens et christianistes ne s’opposent pas.  L’identité chrétienne et la foi en Christ ne peuvent pas s’opposer.

 Au contraire, c’est la foi au Christ qui me donne mon identité, qui me fait agir, construire, penser, et bâtir une civilisation.

C’est l’action du Saint-Esprit qui pousse l’histoire humaine vers le progrès.

C’est la communion des saints qui nous précède et nous devance dans l’histoire.

C’est Dieu qui nous laisse responsables de nos actes, parce que nous sommes libres.

 Un chrétien identitaire, c’est un croyant qui sait que l’action divine le précède toujours, qui a le désir de vivre et d’agir ici-bas, qui a la volonté de construire et de faire perdurer une civilisation viable.

Nous ne sommes pas réductibles aux catégories du monde

Évidemment que notre foi en Christ ne se dissout pas dans le christianisme. Nous ne participons pas à cette guerre des -ismes, à ces «relativisme, nihilisme, islamisme, laïcisime, socialisme» ; nous ne participons pas non plus au jeu perfide et intrinsèquement républicain de la « concurence victimaire » qui vise à apitoyer la république pour en tirer des avantages. Nous ne sommes pas réductibles aux catégories du monde, et le monde ne sera jamais un obstacle au salut.

Car soit le monde nous est clairement hostile, et alors il nous permet de témoigner de notre foi – avec la possibilité du témoignage ultime, martyr . Soit le monde est une bonne terre cultivable, et alors nous pouvons y faire pousser l’Evangile, pour qu’il devienne vecteur de vie et de civilisation.

Dans les deux cas, nous ne défendons ni une valeur, ni une idole, mais ce qui, dans le monde, est principe de bonté et de vérité. 

Charlie Hebdo, la christianophobie ne paye plus

07 mercredi Nov 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur itinerarium.fr

J’ai mis l’illustration en grand pour que l’on puisse contempler facilement la spiritualité formidable permise par notre Constitution. Mais la cathophobie ne paye plus beaucoup – ça devient beaucoup trop classique et banal. La christianophobie ne paye plus. Pas d’indignation politique, médiatique, comme le rappelle le Salon Beige. Pas d’incendie ou de manifestations. Bref, un blasphème qui passe totalement inaperçu dans une société largement habituée à la christianophobie.  

En Europe, une société sans Dieu, l’idée d’un « religieusement correct » ne serait pas un mal, si cela est bien compris et appliqué. La parole n’est pas contrôlée dans nos sociétés, et la religion – disons tout de go l’Eglise catholique –  est bafouée en permanence sur les réseaux sociaux, dans la publicité ou  l’ironie omniprésente (comme le rappelle le radar cathophobe sur Twitter); et souvent avec l’argent des contribuables (voir Sur le concept du Fils de Dieu, Piss Christ, Inquisito, et bientôt  Ainsi soient-ils). Un peu de mesure et de dignité dans ce flot ininterrompu de parole ne serait pas totalement néfaste.

Mais qu’en est-il aujourd’hui du blasphème, de la parole impie ? Le blasphème, lui aussi, s’est « laïcisé ». La relation entre le blasphémateur et l’objet du blasphème, elle qui était verticale (blasphémateur/Dieu) s’est horizontalisée : elle oppose celui qui exerce son droit à la liberté d’expression à celui qui est bafoué. Le blasphème attaque dorénavant le groupe de croyant, voir l’ethnie, plutôt que Dieu ou le sacré. Or c’est une méprise profonde sur le sens même du blasphème, qui bafoue Dieu lui-même. De fait, un blasphémateur ne peut être qu’un croyant qui offense son Dieu.

Mais ne l’oublions pas : de fait, c’est chez certains croyants que se perpétuent les plus énormes blasphèmes.

Les 50 ans de Vatican II : Benoit XVI ou les ambivalences du Concile

15 lundi Oct 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur itinerarium.fr

Après avoir affirmé que la « tiédeur affaidi le christianisme » et que « la foi doit parler d’une façon plus incisive, sans faire de compromis », c’est un Pape combattant qui vient de célébrer les 50 ans du Concile Vatican II, et qui vient de prendre à rebours de nombreux errements post-conciliaires, ainsi qu’un certain christianisme mou et consensuel…

Le Concile de Vatican II constitue indéniablement une révolution dans l’Eglise catholique. Mais la révolution demeure clairement inachevée. C’est même une réinterprétation globale du Concile qui doit avoir lieu. En Europe, le recul de la pratique, de la foi chrétienne, en nos pays de vieille chrétienté, la montée de l’indifférentisme ou la crise des vocations sont des signes croissants des errements post-conciliaires. Nul mieux que Benoit XVI, qui vient d’ouvrir les festivités, ne le sait.

Benoit XVI, qui a célébré aujourd’hui une messe pour les 50 ans du Concile de Vatican II, n’a pas oublié de rappeler que son interprétation n’en était guère finie, pointant de fait les errements post-conciliaires des églises, desquels l’église française a pris une bonne part… L’« herméneutique inachevée de Vatican II » requiert son accomplissement.

 D’une part en « retournant aux documents du concile Vatican II, en les libérant de la masse de publications qui les ont souvent cachés au lieu de les faire connaître. », c’est-à-dire toutes les publications annexes qui ont voulu s’emparer de l’esprit du Concile et l’orienter vers leurs propres desseins, afin de le « politiser » et de le « dénaturer » dans leur sens – souvent très progressiste et de gauche… D’où les réactions internes parfois violentes des « traditionnalistes », parfois leur exclusion (FSSPX) et la politique de rassemblement entreprise par le pontificat en place. La « génération Benoit XVI » n’est pas plus conservatrice qu’une autre ; elle appelle elle aussi à une « juste lecture du Concile ».

 D’autre part, il s’agit d’ouvrir une nouvelle interprétation du concile avec le synode de la « nouvelle évangélisation » qui vient de s’ouvrir au Vatican pour l’occasion. Pourquoi « nouvelle » évangélisation, s’il y en avait déjà une ? L’évangélisation classique tend à véhiculer le message de l’Evangile à ceux qui ne l’ont pas encore reçu, c’est la missio ad gentes, « c’est-à-dire l’annonce de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore Jésus Christ et son message de salut » et, d’autre part, la nouvelle évangélisation, « orientée principalement vers les personnes qui, tout en étant baptisées, se sont éloignées de l’Église, et vivent sans se référer à la pratique chrétienne. ». Et c’est particulièrement le cas en Europe…

Conscient du caractère séculier du Concile, le saint Père veut « rappeler combien les documents de ce Concile sont pour notre temps une boussole qui permet à l’Église d’avancer en haute mer, au milieu des tempêtes pour naviguer en sûreté et arriver au but ». La prise en compte de la séculatisation de la foi fut effectivement un des plus grand acquis du Concile ; il n’en reste pas moins que le « but », lui, est surnaturel. Cela, le Saint-Père n’a de cesse de le rappeler. Que l’Eglise rentre en dialogue le monde, voilà qui est honorable ; mais le Saint-Père rappelle combien être en dialogue avec le monde ne veut pas dire être « comme le monde », et il est impossible d’en venir jusqu’à séculariser les grands principes du christianisme : « lorsque la foi en Dieu est absente, l’essentiel s’écroule parce que l’homme perd sa dignité profonde et ce qui fait la grandeur de son humanité, contre tout réductionnisme. ». Ainsi la charité ne peut se réduire à simple « fraternité », ou encore l’espérance en l’espoir d’une société parfaite ici-bas. C’est pourquoi le Saint-Père insiste sur le fait que la réception du Concile doit « garder intacts tous les contenus pérennes de la foi sans renoncer à rien ni faire de compromis. ».

La difficile articulation des difficultés du temps présent et le contenu intemporel constitue tout le défi de Benoit XVI et de l’Eglise catholique. Ce fut aussi le défi du Concile Vatican II il y a cinquante ans. Les défis se suivent et se ressemblent. Difficile ambivalence, inscrite chez les chrétiens depuis la mort d’un certain Jésus de Nazareth.

Notre-Dame de Paris, service de la Messe

11 jeudi Oct 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Vivien Hoch

Messe du dimanche 7 Octobre 18h30, service des lectures, Vivien Hoch, image KTO

La charité s’adresse en priorité à ce que nous avons de plus « cher »

01 lundi Oct 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur itinerarium.fr

« Mon cher » – Pour les grands penseurs médiévaux,  la charité s’adresse à ce qui pour nous est le plus cher. C’est un amour édificateur, élévateur, plutôt qu’un amour “mou”, qui cache des faiblesses de volonté ou des concessions aux vices. La vraie grandeur consiste à tout donner pour ce qui a véritablement du prix : Dieu, et le reste par et pour Dieu. Pas l’inverse… 

Par Vivien Hoch

La richesse (et la précision) du vocabulaire vivant de quelque langage que ce soit pour un sujet déterminé montre la portée de l’intérêt qu’il y attache. Témoin par exemple l’incroyable profusion, au Brésil, de termes de football pour décrire une grande diversité d’activités pédestres. De la même façon, Thomas d’Aquin nous montre la distinction entre différents synonymes latin pour «amour», du plus grand intérêt d’un point de vue d’anthropologie philosophique. Ainsi, en affirmant (in I Sent. d. 10, q.1, a.5, ex) que le Saint Esprit est amor, caritas ou dilectio du Père et du Fils, il ajoute qu’amor montre la simple disposition de l’affection pour l’aimé, tandis que dilectio (comme le montre l’étymologie) présuppose un choix et est donc rationel. Alors que caritas, l’objet de notre étude de ce thème, accentue la véhémence de l’amour (dilectio) car l’aimé est considéré au delà de tout prix (inquantum dilectum sub inaestimabili pretio habetur), dans le même sens où nous disons que les choses (le coût de la vie, les achats) sont chers (secundum quod res multi pretii carae dicuntur).

C’est un fait surprenant et très significatif. Ce n’est pas par hasard si le même et unique mot est également utilisé dans d’autres langages pour dire « mon cher ami » et « les haricots sont chers » (meu caro amigo et feijão está caro ; my dear friend et beans are too dear).

L’esprit médiéval réaliste ne trouve rien de choquant à ce que le terme « charité », choisi pour désigner l’amour de Dieu (et l’amour du prochain pour l’amour de Dieu), soit le mot pré-chrétien associé à l’argent et au prix ; la charité, l’amour pour l’aimé – Thomas d’Aquin insiste – montre que ce que nous considérons d’un grand prix (une chose, un objet) est très cher : Caritas dicitur, eo quod sub inaestimabili pretio, quasi carissimam rem, ponat amatum caritas (In III Sent. d.27, q.2, a.1, ag7).

Aussi, lorsque nous disons « mon cher ami » ou « mon cher Tom », nous usons de métaphores sur le prix, sur la valeur, sur l’estimation d’où nous déduisons notre appréciation.

Sur le même registre, une formule de courtoisie arabe, dans la réponse à un ami lui annonçant qu’il va lui demander quelque chose : Anta gally wa talibuka rakhiz (vous êtes cher [à mes yeux] et votre demande de peu de prix).

Nous souvenant que le Christ compare le Royaume des Cieux à un trésor qu’un homme découvre dans un champs ou à un marchand qui cherche des pierres précieuses et doit vendre tout ce qu’il possède pour les acquérir, nous ne sommes pas surpris d’utiliser le mot « charité » pour désigner le bien apprécié, à mille lieux des modifications sémantiques qu’on lui fait subir dans la sphère médiatico-politique actuelle…

L’institution du délit de blasphème ne cachera pas le comportement blasphématoire de certains croyants

26 mercredi Sep 2012

Posted by Vivien Hoch in Religion

≈ 1 Commentaire

Sur Itinerarium.fr 

Les musulmans souhaiteraient imposer le concept de blasphème à l’ONU comme le rappelle cet article du Monde. Le délit de blasphème s’universalisera, de la même manire que les religions se répendent. Il s’appliquera donc à nos sociétés occidentales dépouillées du divin. En Europe, ce ne sont pas les chrétiens qui s’y opposeront, eux qui sont de plus en plus la risée de leurs contemporains. Au Moyen-Orient, la question est tout autre…

 

Certains chrétiens pensent aussi à institutionnaliser ce délit de blasphème. Le patriarche maronite libanais Béchara Raï a déclaré à l’ouverture du sommet islamo-chrétien de Bkerké hier que le film “L’Innocence des musulmans” “porte atteinte non seulement aux musulmans et au prophète, mais également aux chrétiens. Nous n’allons pas nous contenter de condamner. Nous allons appeler la communauté internationale à émettre une loi onusienne interdisant de dénigrer les religions“. Même si, comme on le rappelle dans Causeur, tous les navets ne provoquent pas des émeutes et des assassinats. Et alors même que Salman Rushdie est de nouveau la cible d’une fatwa (de 3 millions de dollars…), et que les violences islamistes ont enflammées une fois de plus de nombreux pays – y compris européens, ce qui est bien nouveau.

De l’autre côté, en Europe, une société sans Dieu, l’idée d’un “religieusement correct”ne serait pas un mal, si cela est bien comrpis et appliqué. La parole n’est pas contrôlée dans nos sociétés, et la religion – disons tout de go l’Eglise catholique –  est bafouée en permanence sur les réseaux sociaux, dans la publicité ou  l’ironie omniprésente (comme le rappelle le radar cathophobe sur Twitter); et souvent avec l’argent des contribuables (voir Sur le concept du Fils de Dieu, Piss Christ, Inquisito, et bientôt  Ainsi soient-ils). Un peu de mesure et de dignité dans ce flot ininterrompu de parole ne serait pas totalement néfaste.

Mais qu’en est-il aujourd’hui du blasphème, de la parole impie ? Le blasphème, lui aussi, s’est “laïcisé”. La relation entre le blasphémateur et l’objet du blasphème, elle qui était verticale (blasphémateur/Dieu) s’est horizontalisée : elle oppose celui qui exerce son droit à la liberté d’expression à celui qui est bafoué. Le blasphème attaque dorénavant le groupe de croyant, voir l’ethnie, plutôt que Dieu ou le sacré. Or c’est une méprise profonde sur le sens même du blasphème, qui bafoue Dieu lui-même. De fait, un blasphémateur ne peut être qu’un croyant qui offense son Dieu.

De fait, c’est chez certains croyants que se perpétuent les plus énormes blasphèmes. Bref, il est bon que le délit de blasphème soit institué, mais qui pour faire respecter le blasphème ultime, celui du fidèle qui insulte son Dieu, et qui caricature sa religion plus que n’importe quel impie pourrait le faire. La destruction quotidienne d’églises, la mise à mort de jeunes chrétiens, l’organisation d’attentats ou autres horreurs, comme on le retrouve relayés tous les jours sur l’Observatoire de la christianophobie ou sur Riposte catholique, en sont des exemples malheureux et probants.

 

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