Une archéologie de la barbarie contemporaine, par Charles-Éric de Saint-Germain

Étiquettes

, , ,

la-defaite-de-la-raison-660x330-448x293

De Vivien Hoch sur Les Observateurs.ch

C’est un travail « archéologique » sur les origines philosophiques des mutations de civilisation de ces dernières années que nous propose Charles-Eric de Saint-Germain. Un livre dense, une plume précise et une écriture claire nous permettent de plonger dans les méandres du véritable problème de fond qui nous est posé aujourd’hui : la situation de « désolation » qui, selon Hannah Arendt, désigne cette atonie toute rousseauiste de l’individu face à l’état.

« La défaite de la raison » (en référence à La défaite de la pensée d’Alain Finkielkraut, qui date de 1987) est sous-titré « Essai sur la barbarie politico-morale contemporaine », ce qui en dit déjà beaucoup sur le contenu : nous vivons un glissement civilisationnel vers la barbarie (c’est-à-dire vers la non-civilisation) et ce glissement est complètement irrationel. Dès les premières pages du livre, on se rend compte que ce processus est totalitaire : il détruit les corps intermédiaires pour y laisser l’état prendre sa place. Par exemple, la destruction du mariage comme institution pour le remplacer par une définition du mariage comme « contrat », cache un projet totalitaire : « Le but inavoué de l’état est de profter de cette fragilisation des familles pour mieux imposer aux individus, désormais privés du rempart famillial, une idéologie totalitaire. » (introduction, p. 21)

Pour comprendre le monde d’aujourd’hui, ses avortements, son « droit à mourir », l’éducation sexuelle, l’homofolie et la déchristianisation, Charles-Eric de Saint-Germain fait œuvre de pédagogie philosophique ; pour cela, il convoque des analyses qui doivent êtres connues celles de Michel Foucault (notamment sur la biopolitique de contrôle des individus), de Nieztsche (le nihilisme), de John Rawls (le libéralisme social) ou encore de Kelsen (le positivisme juridique). Retenons également les propositions intéressantes du chapitre 3 (pour une laïcité ouverte), et les désenchantements anthropologiques liés à l’hédonisme et à la frivolité contemporaine (chapitre 2).

Charles-Eric de Saint-Germain est de confession évangélique. On le ressent dans certaines analyses : il n’a pas peur de convoquer directement l’Écriture dans des développements philosophiques, et certaines divergences avec le catholicisme sont abordés d’un point de vue critique (comme autour de la p. 237, où il critique l’ « apport grec » de la loi naturelle dans le dogme catholique), mais ces débats sont toujours d’un grand intérêt pour la discussion et pour la progression de la réflexion.

Ce livre est un véritable manuel de combat contre l’idéologie dominante ; en relisant les grandes mutations de ces dernières années sur le fond des choses, il constitue un Pharmakon contre la barbarie et le totalitarisme qui s’étendent ; il faut connaître les penseurs qui ont amené la barbarie à voir le jour, et parce que nous saurons pourquoi ces mutations arrivent, nous saurons, un jour, comment les contrer.

Charles-Eric de Saint-Germain, La défaite de la raison, Essai sur la barbarie politico-morale contemporaine, Salvator, Paris, 2015

 

Une réforme culturellement génocidaire du collège !

Le projet de réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem, couplé aux propositions de refonte des programmes scolaires ont indéniablement un caractère anti-français, anti-chrétien et anti-humain.

L’école ne s’est jamais dégradé aussi rapidement depuis l’accession au pouvoir de François Hollande. Après la « refondation de l’école », la « charte de la laïcité », la « ligne Azur » et la « réforme des rythmes scolaires » portés par Vincent Peillon, le projet de Najat Belkacem est l’aboutissement travail de sape de l’instruction nationale qui a démarré il y a 60 ans par l’entremise des communistes Langevin-Wallon.

La tentative de supprimer les enseignements du latin et du Grec, jugées « trop élitistes », la disparition des « classes bilangues », elles aussi jugées « trop élitistes », le programme d’histoire complètement chamboulé sous l’impulsion d’un racisme anti-français et anti-chrétien, qui préfère mettre en valeur de manière manichéenne la traite négrière ou la colonisation que les Lumières et la Chrétienté médiévale, tout en rendant l’islam obligatoire, et, pour finir, l’idéologique « interdisciplinarité » qui veut rendre l’école « cool » afin « que les enfants ne s’ennuient pas », en mélangeant toutes les disciplines dans un « gloubi-boulga » général.

L’AGRIF s’inquiète du caractère ouvertement idéologique dans lequel toutes ces mesures s’inscrivent. Un des seuls à défendre cette réforme – y compris dans les rangs socialistes, le Premier ministre Manuel Valls, affirme à ce propos que « La République a fait l’école, et l’école a fait la République. ». Le premier ministre de l’éducation nationale de François Hollande, Vincent Peillon, était beaucoup plus clair : « c’est bien une nouvelle naissance, une transusbtantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi » (La révolution française n’est pas terminée, Seuil, 2008, p. 18). La République (et l’école) se passeraient bien de cette instrumentalisation à caractère théocratique des enseignements à destination des enfants français.

La connivence entre les membres de l’opaque Conseil supérieur des programmes (CSP), les cabinets de hauts fonctionnaires, les ministres de l’éducation nationale, tous plus médiocres les uns que les autres et les groupuscules antichrétiens et antifrançais qui tentent de déverser leur idéologie sur nos enfants n’ets plus supportable. C’est pour ces raisons que l’AGRIF appelle ses militants, ses adhérents et ses sympathisants à manifester massivement contre cette funeste et dangereuse réforme.

Vivien Hoch,
Communiqué AGRIF, mardi 19 mai 2015

La charité en tant que Weltanschauung

Étiquettes

, ,

2014-07-22 12.28.11
En tant qu’habitus, la charité est une posture herméneutique, orienté par l’intentionnalité d’une vision polarisée par Dieu, ce que nous appellons le « regard de charité ». En ce sens, et parce qu’elle donne un sens, sémantique et téléologique, à l’existence entière, elle est pour l’être-au-monde une véritable et indiscutable Weltanschauung.

Le fait de décrire le regard de charité comme cette vision du monde des étants, cette posture dans le monde, et ce regard vers d’autrui en tant qu’il relève de Dieu requiert la description de l’expression d’ « en tant que ». Stanislas Breton a engagé une profonde réflexion sur l’ « en tant que », qui pourrait enrichir l’approche du concept de vertu théologale telle que définie par saint Thomas d’Aquin. Alors qu’il pense la science de l’ « étant en tant qu’étant », il remarque que l’expression « en tant que » « suspend l’adhésion trop facile que nous donnons sans condition à ce qui va de soi. Elle semble nous dire « Attention, les choses ne vont pas de soi ; elles nous posent la question : que dites-vous quand vous parlez de ceci ou de cela ? »[1]. Il continue, montrant que « Le « en tant que » brise une continuité, et fait saillir par cette brisure l’inévidence de ce qui aillait de soi. Si l’on me permet le rappel d’une dure expérience, je dirais volontiers que le pain, durant ma captivité ne m’est apparu en tant que pain que parce qu’il faisait cruellement défaut. La disparition de l’abondance avait cessé de nous le rendre quotidien pour en faire l’objet problématique et merveilleux d’un véritable étonnement. »[1]

Vivien Hoch, 2015

[1] Stanislas Breton, « De l’usage philosophique de quelques particules », dans Revue philosophique de Louvain, 1 (1982), p. 73

Angoisse de la déconstruction

Étiquettes

,

4000532775761-770x375

«  Ces jours-là, où chavirent sur l’autel de notre nature profonde toutes les croyances romantiques, politiques, intellectuelles, métaphysiques et morales, que des années d’instruction et d’éducation ont tentés d’imprimer en nous, la société, champ territorial traversé de grandes ondes hiérarchiques, s’enfonce dans le néant du Sens. »

  • Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, Gallimard, NRF, 2006, p. 101

Un approfondissement abyssal de l’âme

paganisme-et-christianisme_4091966-L

En tant qu’il se fonde dans un approfondissement abyssal de l’âme, le christianisme représente à ce jour l’élan le plus puissant qui ait mis l’homme à même de lutter contre le déclin, élan jamais encore dépassé, mais qui n’a pas non plus été pensé jusqu’au bout􏰆

(Jan PATOCKA, Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire, trad. E. Abrams, Paris, Verdier, 1999, p. 105-127)

Face au prétendu « droit au blasphème »

Vivien Hoch, porte-parole de l'AGRIF, sur BFM à propos de l'affaire Plantu

Vivien Hoch, porte-parole de l’AGRIF, sur BFM à propos de l’affaire Plantu

Face à l’ignoble « caricature » de Plantu, qui représentait le Pape Benoit XVI en train de sodomiser un enfant (« le Pape prend position » – ricanements), L’AGRIF – a porté plainte et s’est retrouvé à la cours d’appel de Paris, hier.

Plantu prétend honteusement qu’il « défend les catholiques » en « dénonçant les pédophiles ». Ça frise l’outrecuidance. Nous ne l’avons pas vu caricaturer Najat Belkacem, la ministre de l’éducation nationale, pour les affaires récurrentes de pédophilie qui relèvent de son ministère. Non, il s’attaque aux catholiques parce qu’il ne risque rien, parce que c’est un « bouffeur de curé », parce que l’amalgame et la stigmatisation des catholiques, le piétinement de leurs convictions intimes est un sport dans les rédactions françaises.

Nous dénonçons, avec notre avocat Maitre Jérôme Triomphe et notre président Bernard Antony, l’amalgame honteux curé = pédophile, le réflexe pavlovien de rapporter la pédophilie à l’église et la stigmatisation constante des catholiques.

Liberté d’expression ? Elle est de facto limitée, orientée et instrumentalisée. Aujourd’hui, on condamne à tour de bras pour antisémitisme (Dieudonné), pour islamophobie (Valeurs Actuelles), pour « racisme » (Miège). Avez-vous vu des condamnations pour… christianophobie ? Non, et pourtant les chrétiens sont les premières victimes de cette haine. Qu’on ne vienne pas nous réciter le mensonge « liberté d’expression pour tous », qui est, dans les faits, bonne pour certains et mauvaise pour d’autres.

Que veut-on promouvoir, comme civilisation ? Une civilisation du « droit au blasphème », une liberté qui est celle de piétiner, de stigmatiser et de vilipender sans cesse les mêmes personnes, les mêmes groupes de personnes, et pas d’autres, protégés et sacrées ? La liberté consiste-t-elle à répandre ses pulsions nauséabondes, souvent sexuelles et perverses, dans la société ? 

Loi sur le renseignement : Manuel Valls verrouille l’oignon

Étiquettes

, , , , , , , , , , , , , , ,

CCeSS33XIAA3pDS.jpg-large
De Vivien Hoch, sur Nouvelles de France

Au prétexte de lutter contre l’« ennemi intérieur », Manuel Valls propose son plan d’action. Il tombe à pic pour confirmer et protéger le visage totalitaire que prend cette société. Totalitaire et culinaire, puisqu’il est d’abord question d’oignon. La référente obligée des analyses sur le totalitarisme, Hannah Arendt, décrit comme « structure en oignon » un type de régime totalitaire destiné à organiser et à planifier la vie des masses tout en se protégeant des retours de « boomerang ».

Au centre de l’oignon, protégé de toute atteinte réelle, le chef, la République ou l’État, et ses « valeurs », toujours infaillibles, toujours républicaines, toujours tolérantes et universelles, qu’il faut célébrer avec religiosité.

La première enveloppe est la plus proche du chef : c’est l’élite, les experts autorisés et les membres du Parti. Ce sont les « maîtres bureaucrates » : « La bureaucratie est toujours un gouvernement d’experts, d’une “minorité avertie” qui doit résister tant qu’elle peut à la pression constante de la “majorité non avertie.” », écrit-elle. Ne cherchez pas trop loin : ce sont cette poignée de personnes exposées aux yeux de tous et autorisés à commenter la vie politique, ou à la diriger.

La deuxième enveloppe protectrice se risque à l’interaction avec le monde normal : c’est celle des sympathisants, des planqués, des associations militantes, des soumis divers. Ils croient aux paroles du chef, de la république ou de l’État, et surtout croient encore qu’il y est question de conviction, de vérité et de réalité.

La troisième enveloppe est constituée de la masse des individus atomisés et isolés, ces citoyens en rangs d’oignon, manifestant par milliers, dans la manducation perpétuelle d’un « je suis Charlie » et des « valeurs républicaines ». Les deux guerres mondiales – et, aujourd’hui, le danger islamiste et la concurrence communautaire – ont accouché d’une « terrifiante solidarité négative » qui a transformé les classes sociales en « une masse informe d’individus furieux » aisément manipulables, écrit Hannah Arendt. Manipulons donc.

Cependant, par une sorte de disfonctionnement anthropologique, les êtres humains menacent toujours de laisser percer quelque initiative en dehors des « clous » et des autorisations médiatiques et préfectorales. Du coup, on mise sur l’éducation (éducation à la morale laïque, éducation aux valeurs républicaines, éducation à la citoyenneté, éducation à la débauche, éducation à la tolérance, etc.), afin d’annihiler dès le plus jeune âge ces racines de non-soumission, selon une méthode que nous avons déjà dénoncé chez Vincent Peillon : « Le but de l’éducation totalitaire, écrit Hannah Arendt, n’a jamais été d’inculquer des convictions mais de détruire la faculté d’en former aucune. »

Ceux qui échappent, qui échapperaient ou qui ont échappés à cette lobotomisation pédagogique font face à la machine et à ses pelures. La multiplication des services (auxiliaires d’éducation, assistants sociaux, référents laïcité, défenseurs des droits, commissions diverses, associatifs antiracistes, experts, enquêteurs, etc.) sont autant de bras armés de la machine administrative de l’Etat, et participe de ce système de protections en oignon qui permet au mouvement de durer dans son mensonge. Les institutions étatiques, les médias et les experts ne sont plus qu’une pure façade, cette petite ficelle qui maintient les oignons, serrés les uns contre les autres, entre eux.

Cerise sur l’oignon : la panoptique loi sur le renseignement de Manuel Valls. Après le matraquage « je suis Charlie », le matraquage « pas d’amalgames », les grandes célébrations républicaines et la méticuleuse neutralisation personnelle des opposants aux « grands changements de civilisation », voici donc la loi sur le renseignement, qui vient boucler la boucle, et serrer l’oignon ; laquelle prévoie que les services spéciaux se verront bientôt dotés de moyens de surveillance accrus (interceptions de courriels, de sms, écoutes téléphoniques, interception et enregistrement de communications ou d’images prononcées ou réalisées dans un lieu privé…), qu’ils pourront utiliser sur autorisation du Premier ministre pour des motifs d’intérêt public : « sécurité nationale, intérêts essentiels de la politique étrangère, intérêts économiques ou scientifiques essentiels, prévention du terrorisme, prévention de la reconstitution ou du maintien de groupements dissous, prévention de la criminalité organisée et des violences collectives pouvant porter gravement atteinte à la paix publique, menaces et risques susceptibles d’affecter la vie de la nation… »

Le grand panoptique – ce rêve pervers de l’utilitariste Jeremy Bentham – s’impose enfin, et c’est la France, toujours en pointe du « progrès », qui en profite. Le système panoptique consistait à construire des prisons selon des plans circulaires, permettant au surveillant situé dans une tour centrale d’observer sans jamais être vu. La prison moderne, notait Michel Foucault, est d’abord une entreprise de culpabilisation travaillant les consciences individuelles à travers un regard omnipotent et omniscient. Culpabilisé, surveillé, le prisonnier s’amendait et se soumettait. Il s’agissait alors de redresser l’âme des détenus, comme il s’agit aujourd’hui de redresser l’âme des citoyens.

Fort de cette structure protectrice en oignon et de ce système panoptique de surveillance généralisée, ce n’est plus le souverain qui est isolé, mais bien l’individu. Il peut donc plus aisément se soumettre. Toutes les sociétés totalitaires sont fondées sur ce mouvement perpétuel, paranoïaque et culpabilisateur, de surveillance, de délation et de retournement.

Cette tour centrale oppressante, c’est aujourd’hui le chef, la république ou l’État, entouré de ses couches protectrices, autour de laquelle nous sommes tous isolés dans nos cellules individuelles, éclatées, post-modernes, attachés dans des cavernes platoniciennes à observer des ombres s’agiter sur un écran, loin de toute lumière, de tout beau et de tout bien. Condamnés à verser des larmes sur cette république oignonière.

Vivien Hoch,
avril 2015

L’intentionnalité de la vie morale chez Thomas d’Aquin et la phénoménologie

Étiquettes

, , , , ,

L’amour selon saint Thomas renonce en effet à posséder le bien aimé, de même que la connaissance phénoménologique refuse tout intermédiaire qui pourrait « représenter » subjectivement l’objet connu.

L’amour selon saint Thomas communie à la présence de l’aimé dans un « face-à-face » silencieux, de même que la connaissance phénoménologique dépasse le langage abstrait pour goûter immédiatement l’ipséité de l’objet.

L’amour selon saint Thomas renonce à forcer en une quelconque manière le bien à l’aimer, lui demandant au contraire une pure spontanéité amoureuse en retour de son amour même, de même que la connaissance phénoménologique renonce à questionner l’objet, se tait en suspendant son langage interrogateur dans l’époché, pour laisser parler l’objet lui-même en toute liberté.

Enfin, l’amour selon saint Thomas comme la connaissance phénoménologique se définissent comme une opération, pur jaillissement de l’âme, qui ne peut se terminer qu’à la chose même, et non à une « chose » que la conscience produirait elle-même pour s’assimiler à l’objet connaissable.

André de Muralt, La métaphysique du phénomène, les origines médiévales et l’élaboration de la pensée phénoménologique, « VRIN reprise », Paris, 1985, p. 100 (111).

Entretien à l’Observatoire de la Christianophobie

Pour ce qui est des “réseaux sociaux”, je reconnais être un brontosaure qui continue à brouter sur les blogues tandis que des congénères plus évoluées – ils sont sans doute d’une autre espèce… – gambadent sur des terra incognita. Assurément, Vivien Hoch s’y risque et depuis un bon bout de temps. Il est devenu le “monsieur réseaux sociaux” du blogue L’Observatoire de la Christianophobie et de notre périodique Christianophobie Hebdo – auquel il collabore aussi comme rédacteur. Comme il me tient au courant de l’évolution de notre compte Twitter, pensant, l’innocent !, que j’y comprends quelque chose, je lui a posé quelques questions dont les réponses vous intéresseront… autant que moi !

L’OBS. Quand avez-vous lancé le compte Twitter de L’Obs et pourquoi ?

Vivien Hoch. Il a été créé en octobre 2012, soit peu de temps après le blogue, parce que c’est tout simplement une nécessité. Quel est l’objectif du blogue ? Informer et, plus souvent, réinformer à propos des actes christianophobes en France et dans le monde ; trop souvent, ils sont passés sous silence par “nos médias”. Notre mission consiste donc à diffuser les informations au maximum, c’est ce qui s’appelle la “viralisation”. Plus que tout autre outil, Twitter permet cette viralisation. Mais il y a un versant encore plus actif et interactif : car il est possible de créer des “buzz” autour d’un sujet et d’interpeller directement les responsables politiques, les journalistes et dernier exemple en date : l’affaire de l’affiche pour les chrétiens d’Orient refusée par la RATP, dont le buzz a du beaucoup à L’Observatoire de la Christianophobie et ses comptes annexes. Avec cette viralisation massive et ces interactions avec les acteurs politiques et médiatiques, nous réussissons à imposer le concept de christianophobie dans le débat public.

Q. Comment, se comporte-t-il ? Quels sont les résultats, en chiffres, que vous estimez notables ?

Vivien Hoch. Les statistiques sont impressionnantes, parce que le compte Twitter @christianophobi est adossé au remarquable travail du blogue de L’Observatoire de la christianophobie, qui est déjà une marque, et qu’il correspond à une vraie attente. Nous avons un peu plus de 4 000 “followers” (personnes abonnées à notre compte), un chiffre en hausse constante : deux fois plus qu’il y a un an [cf. graphique en PJ]. Mais ce n’est pas le plus significatif, car sur Twitter, tout le monde peut lire les tweets de tout le monde. C’est donc la portée ou la visibilité qui est un élément clef pour mesurer notre audience. Depuis début 2015, nous avons une moyenne de 300 000 personnes par mois qui ont vu un de nos tweets.

Q. Comment doivent s’y prendre les lecteurs de L’Obs qui souhaiteraient nous “suivre” sur Twitter ?

Vivien Hoch. C’est très simple : il suffit de se connecter sur www.twitter.fr et de suivre la procédure simple et rapide d’inscription. Ensuite, les portes de ce monde étrange et gigantesque s’ouvrent devant vous… Un temps d’adaptation aux codes, aux règles et au mode de fonctionnement est nécessaire. J’ai mis quelques mois à m’y faire et à comprendre le fonctionnement. Ensuite, c’est “addictif”, et, surtout, extrêmement utilepour défendre notre cause… pour défendre notre cause…pour défendre notre cause…

Hegel et la Kenose

Passion_du_Christ_hegel_hoch

La Passion du Christ selon le schématisme staurologique aliénation-réconciliation de G. W. Hegel, dans le troisième syllogisme de son Encyclopédie :

« Le moment de l’individualité représente à titre de présupposition la substance universelle réalisée en conscience de soi individuelle, et celle-ci, immédiatement identique avec l’essence, ce Fils de la sphère éternelle transférée dans la temporalité : aussi le mal en tant que supprimé en soi ;

mais en outre cette existence immédiate et par là sensible du concret absolu se posant dans le jugement (Orteil) et expirant la douleur de la négativité, en laquelle, identique à soi (mit sich) en tant qu’infinie subjectivité, puis au sortir de laquelle, en tant que retour absolu et unité universelle des essentialités universelle et individuelle, il est devenu pour soi – l’Idée de l’Esprit éternel mais vivant et présent dans le monde. » 

(G. W. Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques, §§ 569)