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Édito dans Christianophobie Hebdo (version web et papier)

Face au spectacle désolant et dramati­que que nous donne à obser­ver l’islamisme en France, au Danemark, en Syrie, en Irak, en Libye, au Nigéria et dans de si nombreux pays,  Barack Hussein Obama a cru malin d’affirmer, lors du traditionnel “petit-déjeuner de prière”, que les chrétiens n’avaient pas grand-chose à envier aux isla­mistes, “étant donné les croisades, l’Inquisition, etc.”. De vrais propos de comptoir… Félicitations, Barack !

Je passe sur le scandale, tout à fait justifié, qu’ont provoqué ces paroles aux USA. Cependant, je relève avec intérêt ce lieu commun débile qui voudrait mettre toutes les religions sur un pied d’égalité, en avancant le fait qu’elles sont toutes violentes. Ce poncif est exactement l’in­verse de ce que la recherche sociologique, anthropologique et philosophique peut mettre en avant aujourd’hui.

Fort de sa longue confrontation avec les mythes, les peuples et les textes sacrés, René Girard nous a dévoilé au moins une chose : la religion ne produit pas la violence, mais, bien au contraire, la canalise et la contient.

Dans ses rapports sociaux, l’humain est, par nature, violent, ce qui fait que toute société est fondamentalement violente. Le système religieux de la culture prend alors en charge cette violence originelle.

C’est la logique du “bouc émissaire” : le bouc est cet animal qui, dans la Bible, est chargé des péchés du groupe et sacrifié en dehors de la ville pour libérer la ville du mal qui la ronge.

Ainsi, au lieu d’être multiforme et diffuse, la violence du groupe est canalisée vers le bouc émissaire et vers un sacrifice qui résoud tous les problèmes.

Notons que le bouc peut facilement être remplacé par toute autre entité : groupe ethnique, caste, idole, mécanisme. Le “bouc émissaire” ultime, paradigmatique et définitif étant, pour les chrétiens, le Christ lui-même.

C’est de là que peut émerger une radicale différence avec l’islam. En islam, qui canalise la violence originelle ? Qui prend sur ses épaules le péché du groupe, pour l’évacuer et lui donner un sens ? Ce n’est pas à moi de répondre, mais bien aux docteurs de l’islam.

Reste que la logique sacrificielle de l’islamisme, on la voit régulièrement dans nos médias, à cette différence près que le bouc émissaire que l’on égorge n’est ni bouc, ni symbole, ni Christ : c’est un homme et, bien souvent, un chrétien !

 

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