Recension : Les lendemains du mariage gay, de Thibaud Collin

Sur itinerarium.fr 

Face aux différentes méthodes utilisées pour s’opposer au projet de loi, qui vont de la soumission pure et simple au projet de loi, par accord tacite ou découragement, aux débats d’idées (sur la blogosphère catholique, les radios, etc.) et aux actions telles que celles menées par Civitas, les partisans du combat pour la famille ne savent pas trop quoi entreprendre. Le premier et indispensable point consiste à se former et à bien comprendre les enjeux autour du mariage gau et de l’adoption. L’ouvrage de Thibault Collin, sorti le 30 août 2012 aux éditions Salvator, est une bonne manière de faire le point sur les enjeux et les sous-jacements philosophiques du débat autour du mariage gay.


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Un ouvrage qui a le mérite d’en revenir au réel, au tangible, à ce pour quoi – et pour qui – le mariage a été institué. Thibaud Collin est un philosophe, et cela se manifeste dès les premières pages. Nous n’en sommes pas aux déclarations de principe ou « tribunes libres » publiées ça et là dans les divers médias. L’ouvrage proposée par Thibaud Collin en revient aux fondamentaux philosophiques qui sous-tendent cette affaire, et ne s’exonère pas d’utiliser de nombreuses références sociologiques, juridiques ou faits historiques pour étayer son propos. Ce qui donne les outils indispensables pour participer au débat politique, en évitant les deux écueils de la trop grande « théorisation » et du manque d’outils intellectuels ou techniques.

Avec de bonnes et justes formules, telles que « Le législateur n’est pas qu’une caisse d’enregistrement des évolutions sociétales objectivées par des revendications » ; « La déconnexion techniquement possible entre sexualité et procréation (contraception, IVG et AMP) a radicalement transformé le régime mental dans lequel se posent les questions conjugales et familliales », ou encore : « l’état, garant de l’ordre de la filiation, exercerait une violence objective sur les enfants en autorisant ce nouveau lien juridique ».  Rappelant la dialectique post-niezscthéenne à l’œuvre aujourd’hui (chapitre 3), le pourquoi du comment du mariage, instituonnalisé pour une politique de l’enfant (chapitre 4), ou s’interrogeant sur la place du tiers lors d’une naissance assistée.

Au plan du droit, Thibaud Collin décèle par un fin raisonnement ce qui arrive à faire que la logique anti-discrimination puisse « stigmatiser comme idéologie antidémocratique toute résistance à l’illimitation des désirs » (p. 51).
De fait, le jeu proprement habermasien d’exclusion de toute interrogation objective ou de langage scientifique dans le débat démocratique permet de faire de la cité un simple fruit de diverses conventions. Dès lors, le débat est tout puissant, et s’exonère de toute référence objective. Alors la vraie question qui devrait être débattue : « est-il juste d’ouvrir le mariage civil aux personnes de même sexe ? » est esquivée : seul compte de revendiquer « son droit à », et la discrimination à subir si la société refuse d’accéder à ses revendications. Alors « le principe de non-discrimination tient lieu de droit naturel », et l’État, via cette interprétation des droits de l’homme, devient un pouvoir spirituel qui décide de ce qu’est l’homme. Les rouages de ce raisonnement sont explicités et dénoncés comme sophismes par l’auteur.

Au plan méthologique, Thibaud Collin promeût « une délibération (pratique) et non un débat (théorique) », c’est-à-dire à une délibération qui cherche à déterminer quelque chose, plutôt qu’à une confrontation entre des « porteurs d’idée » qui ne peut aboutir au mieux qu’à un « consensus ». Ceci en se reposant sur une épistémologie « réaliste » (mais le réalisme existe-t-il encore ?), à savoir sur un jugement rationnel et une adaptation aux circonstances (prudentia).

Mais cette manière de voir permet de discerner les dialectiques perverses des « débats » organisés autour du mariage gay. Mention spéciale au chapitre 3 « faut-il supprimer le mariage civil ? », qui s’aventure à expliciter les pièges de la dialectique post-nieztschéenne, utilisée par Derria ou Foucault, dans laquelle tout « débat » tombe forcément. « Bref, comment échapper à la dialectique ? »

Un ouvrage lucide, complexe et salutaire.

Pourquoi je soutiens François FILLON

Sur le Blog Militer-pour-Fillon 

Du terrain, où je tractais pour François FILLON pendant les législatives, est ressorti en permanence deux mots dans la bouche des passants, intéressés ou non par mes tracts : le sérieux et l’expérience de l’homme politique.

Des mots réitérés en divers endroits de la France. Des mots qui en disent long sur la manière dont les français le perçoivent. Un portrait qui fait de lui ce dont l’opposition a plus que jamais besoin.

Le « sérieux », de celui qui prend, avec une lucidité extrême, la mesure de la gravité des problèmes qui traversent notre pays, de celui qui a l’expérience.

Une carrière politique complète, au plus haut niveau, donne les outils nécessaires pour se confronter et s’opposer à ce que la lucidité nous dévoile : politique du gouvernement à contre-sens, idéologie lancinante de la gauche, crise économique et les différents désordres et menaces qu’induisent les nouvelles situations mondiales.

Le sérieux, c’est aussi celui du « fillonisme », celui du gaullisme social, qui sait se placer sagement au-dessus des divisions internes ou externes pour, d’un geste rassembleur, unifier leur énergie vers une même fin : le bien de la Nation française.
La candidature de François FILLON à la Présidence de l’UMP s’inscrit évidemment dans cette logique de rassemblement et d’écoute, lui qui a été, avec notamment Alain JUPPE, l’initiateur de ce mouvement.

Le sérieux, enfin, comme ce qui manque manifestement au gouvernement en place, lorsqu’il fait œuvre de saper les grandes réformes mises en place par les différents gouvernements FILLON et lorsqu’il cède à divers clientélismes politiques ; lorsqu’il s’aventure à des déclarations fragiles et ambigües sur la situation internationale ou dans le dialogue – au combien nécessaire – avec le monde financier.

Sérieux et expérience, des termes que vous trouverez toujours dans le discours de vos interlocuteurs, quels qu’ils soient, de droite ou de gauche, pour qualifier François FILLON .

Preuve qu’au-delà même de l’UMP, François FILLON peut rassembler une majorité de français autour de l’opposition.

Non à la Morale Laïque d’État !

Sur Causeur

Il nous faut de la morale. C’est le psychodrame occidental que de se laisser aller à un « vivre-les-uns-à-côté-des-autres » dans l’oubli total des principes élémentaires qui font une société – respect, révérence des anciens, solidarité. 91% des français l’ont lucidement compris. Mais qui, parmi ces 91%, éduque ses enfants dans le respect des professeurs, des policiers, de la société, des institutions, de l’Histoire du pays ?

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Contre la crise… Buvez du vin français !

Sur Nouvelles de France

«Vinum bonum laetificat cor hominis – Le bon vin réjouit le cœur de l’homme », mais les cœurs sont aujourd’hui contrits, et le bon vin se fait rare. Le secteur – d’excellence – du vin français, comme la plupart des autres secteurs agricoles, est aujourd’hui en crise. Une crise tout à fait parallèle à la crise des cœurs, qui est, elle, sans modération. De cette double crise, il y a une issue : boire du vin !

Longtemps, le vin a connu son expansion, son perfectionnement et son implantation dans les mœurs grâce aux ordres monastiques présents en France. Ainsi, la majorité des pieds de Bourgogne ont été mis en place par les cisterciens de l’Abbaye de Citeaux et de ses annexes – qui reçoivent d’ailleurs, par un remerciement et par une sorte de justice céleste, une caisse de vin de chaque producteur de vin de Bourgogne. Sur la même lancée, le Vatican reste le premier consommateur de vin au monde (Wine Institute: consommation de vin par habitant et par pays). Aujourd’hui, le secteur des vins français est en crise. À cause d’une surproduction mondiale, souvent implantée grâce à des plants français – qui ne se gargarise pas d’avoir trouvé un bon vin des États Unis, d’Argentine, d’Afrique du Sud ou du Chili ? Mais aussi d’une très lourde législation qui pèse sur les terroirs (labélisation, rendements, irrigation, technologie…), et de la grande distribution qui a pris depuis 30 ans une place croissante dans la distribution des vins, pour atteindre 75 % des ventes de vins aux particuliers aujourd’hui, avec des produits à faible marge pour les producteurs. Selon l’INSEE, la consommation moyenne des Français serait en baisse, passant de 126,9 litres par personne et par an en 1960 à moins de 54 litres aujourd’hui. Résultat : une diminution de 3,6 % des surfaces plantées en vignes entre 1996 et 2006 ; et le rachat de certains grands domaines français par des Chinois…

Le vin est un secteur en crise, mais pas plus que tout autre secteur, me direz-vous. Mais il touche quelque part au cœur de la « chose française ». C’est qu’il a des vertus proprement patriotiques. Profondément ancré dans la culture française, façonnant des terroirs et un certain art de vivre français, fournissant les « jobs d’été » aux jeunes étudiants pendant les vendanges – moments forts de la vie estudiantine – ou des retraites plus ou moins dorées aux grands cadres parisiens… Et je passe sur les bienfaits du vin sur la santé, lui qui aiderait à limiter les risques d’accident cardio-vasculaire ou préviendrait de la maladie d’Alzeihmer. Remarquons encore que boire du vin – avec toute la modération requise, « Trop ou trop peu de vin interdit la vérité » disait Pascal, permet, outre de relancer une industrie qui tient encore la deuxième place de nos exportations, d’évacuer ce stress et cette médiocrité qui nous environnent et nous tiennent à la gorge en ces temps de « crise » généralisée. Un verre de très bon vin français aide à cela, et rajoute cette pointe de luxe et de sublime qui rend les fardeaux de la vie moins lourds à porter. Car si Balzac a raison, et que « rien ne grise comme le vin du malheur », Goethe n’en a pas pour le moins tort : « le vin de sert au rapprochement des peuples »…

Un dernier mot spirituel, et pas le moindre. Jésus changeait l’eau en vin. À y regarder de près le passage des Noces de Cana, le calcul est simple : Jésus aurait changé, à la demande de sa Mère, plus de 600 litres d’eau en vin (soit « six jarres de pierre » de 100 litres chacune). Exactement de quoi répondre à la crise économique et morale que traverse notre civilisation…

“Mariage Gay” : Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes

Sur Itinerarium.fr 

Après que Christiane Taubira, ministre de la justice, ai avancé les premiers pions médiatiques du “mariage” gay, dans un cafouillage avec la ministre de la famille, on attendait la réaction de l’Eglise, seule à défendre, pour le moment, le vrai mariage et la famille naturelle. Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France (CEF), a affirmé ce matin lors d’une conférence de presse qu’il espérait pouvoir infléchir le contenu du projet de loi dénaturant le mariage et privant des enfants du droit d’avoir un papa et une maman. Mais affirme se plier à la loi si elle passe :

« Nous avons une contrainte légale de vérifier que les candidats au mariage sacramentel ont été mariés civilement, nous l’observons. Si la République change la loi, nous observerons la loi ».

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Il faut éviter toute illégalité, et éviter ce que certains ecclesiastiques, en off, annonçaient la possibilité de célébrer des mariages religieux en dehors du mariage civil.

Et pourtant, il est obligatoire de s’opposer à de telles lois, bien que je sais que beaucoup de nos confrères exc. Mon collègue Maxilimien Bernard de Perepiscopus a rappelé les propos de Jean-Paul II dans Evangelium Vitae :

Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. Dès les origines de l’Eglise, la prédication apostolique a enseigné aux chrétiens le devoir d’obéir aux pouvoirs publics légitimement constitués (cf. Rm 13, 1-7; 1 P 2, 13-14), mais elle a donné en même temps le ferme avertissement qu’« il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29).

et, suite à la polémique lancée à propos du fait que c’est le journal catholique La Croixqui ai publié ce “lancement officiel” de campagne legislative pour le Mariage Gay par Taubira, rappeler la suite de l’Encyclique qui est très claire :

Dans le cas d’une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l’avortement ou l’euthanasie, il n’est donc jamais licite de s’y conformer, « ni … participer à une campagne d’opinion en faveur d’une telle loi, ni … donner à celle-ci son suffrage ».

De plus, ce qui se profile n’est pas une loi injuste, mais bien une “fiction juridique“, comme le montre très bien Natalia Troullier sur son blog, dans un billet à la pointe du débat sur la législation autour du “mariage” gay.
Incarnare ne peut plus espérer, sur son blog “la théologie du corps”, que le débat soit :

  • le plus large possible : Mme Boutin a déjà manifesté son souhait de voir les citoyens consultés par référendum1,
  • le plus libre possible : les partis politiques seraient bien inspirés d’accorder à leurs élus une totale liberté de vote à l’assemblée,
  • le plus ouvert possible, c’est-à-dire qu’il ne sera pas confisqué par certains groupes idéologiques à coup d’accusations d’homophobie envers quiconque manifestera une opinion contraire.

Nous le souhaitons avec elle…

À signaler : un argumentaire en dix points contre le mariage gay, par le Diocèse de Paris.

Et la campagne de Civitas.

Morale Laïque, d’un ami…

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Sur Facebook :
« Et si vous pensiez d’abord aux enfants ? De quoi ont-ils besoin ?»Chère Mademoiselle, c’est précisément à eux qu’on pense. Alors que la gauche a passé deux siècles en effaçant toute trace de la moralité chrétienne, un système très humain, bâti sur une longue expérience des révélations et des débats relevant de plusieurs cultures, elle prétend actuellement déplorer le manque total de moralité et de vouloir bâtir un système moral pour nos enfants. Et si on leur proposait un système déjà fait, un très cohérent ? Mais non, ils n’écouteront rien des derniers 4000 ans des patriarches, des sages, des prophètes, d’un Dieu et de ses saints, rien sauf les petits fragments qui semblent accorder avec leurs préjugés fantastiques déracinés et non fondés.

Pardonnez-nous alors si nous prenons au cœur que les aveugles ne peuvent pas conduire les aveugles, et nous ne faisons AUCUNE confiance au système de moralité érigée par les héritiers du libertinage. Ceux qui se plaignent d’une perte de moralité alors qu’ils demeurent parmi eux qui l’ont détruite font preuve d’une ignorance coupable.

Français, ne vous laissez pas manipuler par la “morale laïque” !

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Sur Itinerarium.fr 

Mon droit de réponse à Jérôme Leroy qui avait répondu sur Causeur à mon article sur la Morale Laïque de Vincent Peillon. 

Évidemment qu’il nous faut de la morale. C’est même le psychodrame occidental que de se laisser aller à un « vivre-les-uns-à-côté-des-autres » dans l’oubli total des principes élémentaires qui font une société – respect, révérence des anciens, solidarité. 91% des français l’ont lucidement compris. Mais qui, dans ces 91%, éduquent leurs enfants dans le respect des professeurs, des policiers, des adultes en général, de la société, des institutions, de l’histoire du pays ? Comme si les familles se reportaient sur l’État pour pallier à leurs insuffisances… Que l’État, il faut le souligner, n’aide pas non plus comme il faudrait : on cherche toujours une politique familliale forte, et un respect des grandes valeurs d’un foyer serein et stable (lutte contre l’accès facile à la pornographie, contre l’omniprésente violence audiovisuelle, et cette visible haine des valeurs chrétiennes qui ont fait l’Occident)…

           réponse à Jérôme Leroy

 Oui, une éducation morale couplée à une solide politique familliale sont indispensables. Mais le pouvoir politique est fin : car d’un problème, il en sort une justification de ses propres idées. Car la morale laïque de Peillon a l’imprimatur de la catéchèse socialiste : non contente d’avoir déjà gagné la bataille des idées, de l’art et des médias, elle se veut maintenant éducatrice des foules, et formatrice des « futurs citoyens »… Autant dire des futurs électeurs de gauche. Voyez l’article d’Olivier Vial, président de l’UNI, qui montre, à partir des textes fournis publiquement par les officines socialistes, à quel point cette Morale LaïqueTM (avec des majuscules s’il vous plaît) n’est pas tout à fait « laïcisée » de son idéologie gauchiste. Créer des électeurs de gauche, lutter contre les « discriminations », créer une « égalité réelle », développer l’esprit « artistique » des enfants, lutter contre les « valeurs de l’argent », promouvoir l’ « égalité des genres » ou la « liberté sexuelle », voilà ce que cache la Morale LaïqueTM. C’est là qu’il faut rester vigilant. C’est là que l’office de tout homme lucide consiste à avoir ce mouvement salutaire de recul.

            Au plan philosophique, n’importe quelle archéologie de la pensée, à la manière de Foucault, pourrait montrer que l’idée de Morale LaïqueTM n’est pas si pure qu’elle le prétend. Jérôme Leroy fait louange à cette « morale laïque » héroïque qui a mis fin au totalitarisme éducatif de l’Eglise catholique, et aux Lumières rousseauistes qui ont participé de cette libération. Mais attention. Tout se récupère, comme les marchés ont récupéré le slogan soixante-huitard « il est interdit d’interdire », vous le soulignez justement, la « religion civile » de Rousseau devient « laïcisme » d’état, selon un retournement philosophique tout aussi spectaculaire. À défaut de provoquer de nouvelles Lumières, on recycle et instrumentalise les anciennes. Jusqu’à promouvoir ce que les philosophes des Lumières, justement, dénonçaient. Les nouveaux « curés bourgeois » de Léon Bloy qui pullulent à l’ENA et dans les Think-thank de gauche vous semblent-ils à même de nous préserver du totalitarisme moral ?

            Quand au procès de non républicanisme, il est difficile de l’intenter à celui qui veut justement conserver cette pluralité d’opinions et de manières d’être qui coexistent, justement, dans une République qui ne tranche pas, et qui ne décide pas « du bien et du mal ». Lorsqu’on se rend compte à quel point cette Morale LaïqueTM estidéologiquement orientée, on comprend bien vite que son universalisme de facade cache en fait la véritable déliquescence de la société. Si elle sert à dénoncer les riches pour défendre les pauvres, à justifier la révolte de ces derniers contre la société, à développer des formes d’ « art » déconstructeurs ou à mettre les autres cultures au premier plan pour masquer l’affreuse histoire de France, la « sous-morale des quartier » se verra au contraire renforcée, et n’empêchera pas les charges de CRS. La France ne vaut un concert de rap, et pourtant le socialisme se gargarise en permanence de cet « enrichissement », « avenir » et « évolution » normale de notre civilisation. Pas la peine d’être catholique intégriste ou un identitaire du bloc pour le remarquer.

            La crise est spirituelle, mon cher Jérôme Leroy, donc trop profonde pour simples pansements politiques. La République démocratique, tout à la fois notre cadre de vie sociale et notre idéal, ne saurait se faire le vecteur officiel d’une idéologie quelconque, si « laïciste » soit-elle. Car la laïcité socialiste deviendra elle aussi une religion, si ce n’est pas déjà le cas…

Départ des progressistes, un titre malheureux ?

En commentaire d’un billet de Belgicatho, qui regrettait son titre : « départ des progressistes », avec une fausse charité, ou charité non droite.

Pas totalement d’accord, cher Hubert. Il ne nous appartient évidemment pas de trier le bon grain de l’Ivraie. Mais une chose est certaine : notre vie de chrétien doit être théologale, et donc animée par la charité.

Or la charité requiert l’aumône. Et la correction fraternelle, « le remède que l’on doit employer contre le péché du prochain », est « une sorte d’aumône spirituelle », dit saint Thomas d’Aquin (ST, IIa IIae, qu. 33, art. 1).

Ne succombons donc pas entièrement au monde, soyons des chrétiens francs et forts, à même d’aider réellement le prochain. Pas en lui bénissant ses erreurs, mais en le corrigant charitablement. N’ayons pas peur de dire la vérité. Et encourageons, avec zèle, le retour à la pleine communion. C’est un des meilleurs actes de la charité.

Renaud Camus face à l’antiracisme d’État

Sur Nouvelles de France 

Dans un pays où nul ne doit être inquiété pour ses opinions une telle plainte devrait être jugée irrecevable, classée sans suite. Son ou ses auteurs poursuivis pour dépot de plainte abusif de nature à encombrer les tribunaux. Mais nous sommes en France et même les grands écrivains se retrouvent sous le coup de l’antiracisme, instrument d’État. L’écrivain Renaud Camus, fait l’objet, sur une plainte du MRAP, de poursuites judiciaires intentées contre lui par le Procureur Anne de Fontette pour un discours prononcé le 18 décembre 2010, à Paris, aux Assises sur l’islamisation de l’Europe, et intitulé “La Nocence, instrument du Grand Remplacement”. Ce discours, essentiellement consacré à la délinquance, à la violence, à la faits-diversité et à leur rôle dans le processus en cours de contre-colonisation de notre pays et de changement de peuple, a fait l’objet depuis cette date, avec deux autres allocutions du même auteur, d’une parution en volume, dans le recueil intitulé Le Grand Remplacement, publié par les soins des Éditions David Reinharc.

Déjà privé d’éditeur pour avoir soutenu Marine le Pen, Renaud Camus reçoit une plainte pour avoir « provoqué publiquement à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », réprimé par  la loi du 29 juillet 1881. Les extraits incriminés, issus du discours des Assises, sont présentés avec des coupures, ce qui module le discours, bien entendu.

« Les enfants étrangers sont poussés par leur famille à détester cette culture et cette histoire et cette langue qu’on s’étonne ensuite d’avoir du mal à leur inculquer. »

C’est ce genre de phrases qui tombent sous le coup d’une procédure judiciaire… Lucidité ou erreur, chacun est en droit d’en juger. Pas la justice, au nom de tous dt des lois d »État. Nous ne saurions faire mieux dans l’instrumentalisation idéologique du racisme, soutenu par le gouvernement et ses officines, relayés par des corporations qui ne se savent pas si suppôts utiles de l’État, comme le média « patriote » Lalibre.be, qui traite Renaud Camus d’écrivain « homosexualiste, racialiste et islamophobe« , ou le site islamiste Oumna.com.

L’écrivain Jean Raspail, pris dans les mêmes filets idéologiques, a été relaxé le 28 octobre 2004 par la fameuse 17e chambre, ou Chambre de la Presse qui est spécialisée dans les affaires de presse, au Tribunal de grande instance de Paris. De quoi espérer une issue favorable à la liberté d’opinion, qui n’est ni islamophobe, ni raciste parce qu’elle contrevient à la pensée unique.

Une pensée unique dont Renaud Camus fait les frais. Sûrement parce qu’il est l’intellectuel le plus dangereux pour elle. En mettant en place un système de concepts tels que le « Grand Remplacement », la « nocence & in-nocence », la« déculturation », ou la « décivilisation », qu’il présente et met en discussion sur le site du Parti de l’In-nocence, il organise la résistance idéologique. Espérons qu’il ne plie pas devant la pression judiciaire, comme d’autres l’ont fait avant lui…

*Vivien Hoch est chercheur en philosophie à l’Institut catholique de Paris, rédacteur en chef de www.itinerarium.fr, responsable du pôle éducation libre et enseignement catholique au CERU-UNI et salarié de la cathédrale Notre-Dame de Paris.