La résurgence de l’extrémisme religieux ?

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Édito publié sur Nouvelles de France 

Je pense exactement comme les frères du Grand Orient : il faut s’alarmer de la résurgence des extrémismes religieux dans ce pays (1). Nous ne pouvons pas laisser des prosélytes religieux souiller les fondements inébranlables et sacrés du bien commun. Aujourd’hui, une religion, plus que tout autre, en manipulant certaines de ses concurrentes et en « déconstruisant » les autres, s’impose peu à peu comme religion officielle de la République.

Cette religion qui impose à tous sa conception du mariage et de la famille ; on en a connu la violence en 2012 avec la loi qui porte le nom d’une indépendantiste guyanaise (2).

Cette religion qui impose à tous sa conception de la « mort bonne », de la naissance, et qui veut même, aujourd’hui, mettre la main sur le tout dernier carré : en offrant des « enterrements laïcs ». Vous verrez qu’à terme, il se passera exactement la même chose que pour le mariage à l’église : il sera obligatoire de se faire enterrer « laïquement » avant d’être enterré religieusement (3)…

Cette religion qui met en place de grandes célébrations nationales, obligatoires et surfinancées, afin d’idolatrer en commun des « grandes figures » et les « grands moments » de sa propre histoire : la loi Veil, Mai 68, l’abolition de la peine de mort, le mariage des homosexuels, la prise de la Bastille (4)…

Cette religion qui finance grassement des associations dites LGBT, qui vont faire du prosélytisme dans les écoles ; ainsi que le dernier scandale de l’archi-financé kiosque Info Sida, qui distribue massivement des tracts pornographiques et complètement débauchés dans les universités parisiennes (5).

« Résister à la dérive théocratique de la République constitue peut-être le plus grand défi à relever pour les derniers hommes libres. »

Cette religion qui laisse des femmes à moitié nues avorter, uriner et dégrader des églises, tout en réussissant le tour de force de condamner ces mêmes églises, ou de les terroriser (6) !

Cette religion qui organise d’immenses processions dans les rues, avec des chars qui envoient de la musique techno à une foule complètement hystérique, se tortillant parmi des confétis et drapeaux multicolores, en transe religieuse, dans une vision de ce à quoi pourrait bien ressembler l’enfer même (7).

Cette religion qui érige des œuvres géantes à la gloire de ses perversions, dans les rues, tel le jouet sexuel géant posé en face du ministère de la justice – tiens, tiens,… – et sans que cela ne contrevienne au sacro-sain principe de neutralité, puisque la « neutralité » ne s’applique qu’aux religions concurrentes (8).

Cette religion qui impose ses chartes de la laïcité sur les écoles, pour rappeler tous les jours aux parents comment avoir un comportement autorisé par cette même religion (9).

Cette religion qui impose sa « morale laïque » à l’école, afin de contrecarrer l’influence néfaste ou perverse que pourrait avoir les parents à la maison, en leur inculquant des valeurs issues d’une autre religion – horreur et intolérance (10) !

Cette religion qui place le principe d’égalité à toutes les religions, sauf, évidemment pour elle. Quand on met côte à côte une rupture géante du ramadan dans la mairie de Paris, et l’interdiction d’une simple crèche. Il en est ainsi quand on apprend, tenez-vous bien, que les « libres-penseurs » – ces soldats de la religion laïque – ont demandé au maire de Beaucaire, je cite, d’« égorger un mouton par équité, parce qu’il a mis une crèche dans sa mairie » (11).

Bref, cette religion qui réuni ses mini-conciles dans les loges, qui a la main sur l’organisation de ces grotesques conclaves démocratiques que sont des éléctions présidentielles, qui a son inquisition médiatique, ses grand-prêtres comme Caroline Fourest ou Pierre Bergé, ses idiots utiles, ses soumis, et même ses dhimmis…

Depuis les propos tenus par Praxagora dans l’Assemblée des femmes d’Aristophane, écrit en 392 avant J.-C., la religion socialiste est en concurrence avec les religions révélées. Sous diverses formes, elle conserve un avariant : le contenu chialistique de son dogme, qu’un auteur comme Igor Chafarévitch a pu suivre tout au long de l’histoire, dans un livre génial, mais quasiment introuvable en France (comme par hasard…) (12). Le chiliasme, c’est cette doctrine religieuse qui veut imposer le royaume de Dieu dès ici-bas. Remplacez « royaume de Dieu » par « grand soir » ou par « justice sociale », et considérez les moyens d’y parvenir : « progrès sociétal », « marche de l’histoire ». Nous y sommes. Résister à la dérive théocratique de la République constitue peut-être le plus grand défi à relever pour les derniers hommes libres.

1. http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/12/la-franc-maçonnerie-a-un-seul-ennemi-leglise-et-ses-principes-non-négociables.html
2. http://www.ndf.fr/nos-breves/06-02-2013/denaturation-du-mariage-avec-60-deputes-presents-la-gauche-arrive-a-obtenir-148-votes-favorables
3. http://www.funeraire-info.fr/coup-de-tabac-sur-les-obseques-des-deputes-socialistes-33552/
4. Un exemple parmi d’autres http://www.ecolodepute-e-s.fr/2014/11/26/célébrer-les-40-ans-de-la-loi-veil-regarder-devant-nous-pour-conquérir-de-nouveaux-droits/
5. https://www.contribuables.org/2014/12/kiosque-infos-sida-lassociation-qui-suce-vos-impots/
6. http://www.ndf.fr/nos-breves/10-09-2014/degradation-dune-cloche-de-notre-dame-les-femen-au-dessus-de-la-justice-francaise-ceux-qui-se-defendent-face-a-elles-condamnees
7. http://www.gaypride.fr
8. http://www.ndf.fr/nos-breves/18-10-2014/video-le-plug-anal-de-mccarthy-installe-place-vendome-vandalise-il-ne-sera-pas-regonfle
9. http://www.ndf.fr/poing-de-vue/10-09-2013/charte-laicite-outil-totalitaire-liberticide
10. http://www.ndf.fr/poing-de-vue/01-08-2013/morale-laique-les-dix-commandements-de-peillon#.VIwqw4fCndM
11. https://twitter.com/jsanchez_fn/status/541142365466284032
12. Igor Chafarévitch, Le phénomène socialiste, Seuil, Paris, 1977

Vivien Hoch dans « Cathos nouvelle génération », sur LCP

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Vivien Hoch dans « cathos, nouvelle génération »

Vivien Hoch dans « Cathos nouvelle génération », sur LCP


Réalisé par Aleksandar DZERDZ (52’)

Depuis les « Manif pour tous » contre l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, un vent de renouveau militant souffle chez les cathos. La France, pays de la laïcité, les a souvent malmenés. Et voilà qu’avec la loi Taubira sur le mariage pour tous, ils se sont réveillés. Révélés même. Décomplexés, bien loin de la pudeur de leurs parents, ils ont décidé d’affirmer leur foi et de le faire savoir. Dans leur vision de la société, Dieu s’inscrit en lettres capitales. Ce sont des catholiques « nouvelle génération ». Puisque les autres religions n’ont de cesse de s’exhiber… Pourquoi pas eux ? Mais alor s , qui sont-ils ? Quelle est cette nouvelle lignée d’adorateur s de Dieu ? Comment vivent-ils leur confession ? Incarnent-ils le renouveau de l’Eglise française ou au contraire, une radicalisation de la pratique catholique ?

Vivien Hoch dans « Cathos nouvelle génération », sur LCP

L’antichristianisme : un sport d’agence de com’

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Un article de Vivien Hoch sur Les Observateurs.CH

Dans la grande vague de nihilisme et déconstruction de la civilisation qui s’opère en France, bien placé à côté de l’amoralisme du « Tout-sexuel » et de la désintégration des populations par l’immigration massive, on peut observer un phénomène qui leur est tout à fait concomitant : l’anti-christianisme. Cela peut prendre diverses formes : de la moquerie simple, « gentille » et « fun » au saccage pur et simple d’une église, l’antichristianisme se porte bien.

S’en est même devenu un sport. Un sport pour bobo parisien d’agence de com’. Vous savez, ces gens qui, entre deux bouteilles de champagne, nous pondent des publicités « tendance », et qui font de l’antichristianisme, de la moquerie et du mésusage des symboles chrétiens leur triste fond de commerce.

Pour preuve, cette publicité du club de rugby du Stade Français qui vise à détourner des symboles chrétiens, objets de la foi, à des fins mercantiles. Référence au Calice, à la Sainte Eucharistie, référence aux cathédrales et au sacré « sacré dimanche ». Le visuel, en particulier les formes du calice démontre l’évidence d’un détournement des symboles de la foi catholique et orthodoxe. Pour preuve, la présence du « noeud en son milieu » (http://www.culture.gouv.fr/culture/inventai/presenta/calices/calice-index.htm)

Ce détournement n’a de donc pas été fait par ignorance : il était bel et bien volontaire.

Ce que le communiqué du Stade Français, pondu dans un Français aléatoire et sous la fronde des chrétien, confirme :

« le Stade Français Paris reconnait donc cependant que cette campagne décalée mais assumée peut – à tort – être prise à un degré qui lui donnerait des allures éthiquement répréhensibles.»

Affirmer ainsi que ce n’est qu’une simple « campagne décalée » et que, de surcroit, elle est « assumée », est tout bonnement hallucinant. Pour au moins deux raisons :

1° cela contrevient gravement à la plus élémentaire déontologie publicitaire. C’est même une violation totale de la recommandation « races, ethnies et religions » des règles déontologiques du Jury de déontologie publicitaire, qui note, en son point numéro 4, qu’il « convient de proscrire toute utilisation du rituel ou des textes qui serait de nature à ridiculiser ou à choquer ses adeptes.»

2° Vu la situation des chrétiens dans le monde, ce genre de moquerie envers ce pour quoi beaucoup meurent purement et simplement, est extrêmement déplacée. Dans une lettre ouverte au Président du Club, Bernard Antony, président de l’AGRIF, affirme bien justement

« que pour ce « sacré dimanche » et les hosties dans leur ciboire, des chrétiens ont été et sont en ce moment même par milliers massacrés, torturés, crucifiés ». 

 

La christianophobie se porte bien en France. Il y a quelques mois, c’était les Espaces culturels Leclerc qui trouvaient ça drôle :

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Pour Noël, on a le droit, entre autres, à ce genre de Une :

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Qu’a-t-on à faire de la crise, des problèmes sociaux, des problèmes sociétaux et des tensions communautaires, dans ces agences de com’ ou dans ces journaux malsains.

Bande de nihilistes.

Vivien Hoch, 21 novembre 2014

Révolution française : pas touche au dogme !

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Billet de Vivien Hoch sur Boulevard Voltaire

La société Ubisoft sortait hier un jeu vidéo nommé Assassin’s Creed Unity. Une saga mettant en scène un assassin à la solde de ses clients, à des moments historiques (croisades, guerre d’indépendance américaine, etc.), et qui connaît un immense succès. Le jeu, graphiquement superbe (il a fallu, par exemple, quatorze mois de travail intensif pour reconstituer Notre-Dame), propose au joueur d’accomplir des missions dans les rues du Paris révolutionnaire, en 1789.

Certains, sur les réseaux sociaux, demandent la tête (sans jeu de mots) des concepteurs du jeu vidéo… D’autres lancent des anathèmes : on ne touche pas au dogme.

Car il y en a qui pensent – c’est leur névrose personnelle – et qui affirment encore publiquement – c’est plus grave – que la Révolution française s’est déroulée sous une pluie de roses dans une ambiance aussi sympathique que la création du monde en sept jours… Qui ? Des idéologues de l’ancien temps, ceux qui pensent, comme l’ex-ministre Vincent Peillon, que la Révolution française « n’est pas terminée », qu’elle est l’an 0 de l’Histoire de France et qu’à ce titre, elle est un dogme qu’il est impossible de critiquer.

Toujours parmi les premiers à lancer des anathèmes, Jean-Luc Mélenchon dénonce carrément une « propagande contre le peuple » et n’hésite pas à présenter l’ignoble Robespierre comme « celui qui est notre libérateur ». Quant à Alexis Corbière, élu communiste de Paris, ce jeu vidéo est pour lui une « caricature bestiale » de l’idole Robespierre, ce dernier étant présenté comme « bien plus dangereux que n’importe quel roi » (sic) et étant la cause « de centaines de milliers de morts et de rues entières remplies de sang ». Ce rappel à la réalité est intolérable ! Le communiste ose même mettre en garde les futurs joueurs : « Le joueur peu averti en tirera la conclusion que la Révolution française fut finalement une monstruosité, un bain de sang incompréhensible, conduite par des brutes, qu’il aurait fallu éviter. »  Quand on sait que l’élu du peuple Alexis Corbière est auteur d’un hallucinant ouvrage intitulé Robespierre, reviens !, et qu’il nie à ce point les faits historiques, on craint le pire… Je ne m’abaisserai pas à décrire ce qui s’est réellement passé sous la Terreur. Mais ce qu’on en connaît pourrait faire passer les « décapiteurs » de l’État islamique pour des apprentis…

Cette affaire peut paraître ridicule, surtout pour ces deux communistes. S’exciter sur un jeu vidéo en laissant de côté les « vrais problèmes » du « peuple ». Mais, bien plus que ridicule, elle est inquiétante. Car au fond, nous ne sommes peut-être pas, nous autres, les seuls « réactionnaires » à rêver de l’ancien temps… Si ce n’est que leur « ancien temps » à eux n’est pas celui des bâtisseurs de cathédrales, mais celui des guillotineurs en série.

Vivien Hoch

Initiative Ecopop en Suisse : un excellent concept, une origine controversée

De Vivien Hoch, sur Les 4 Vérités 

L’initiative suisse baptisée « Ecopop » est extrêmement intéressante pour nous, français. En quoi consiste cette initiative Suisse ? Il s’agit tout simplement de proposer à la votation, le 30 novembre prochain, une réduction drastique des flux migratoires. Ecopop propose une immigration nette annuelle ne dépassant pas 0,2% de la population permanente en Suisse. Il s’agit, aussi, de mettre un terme à « la machine à détruire, à surconsommer et à bétonner » afin qu’elle ne continue pas « à plein régime ». Par là, deux thèmes fondamentaux sont abordés ; l’immigration et l’environnement.

– D’une part parce que nous nous considérons comme bien plus affectés par les remous de l’immigration massive qu’en Suisse (à tel point qu’on utilise désormais le concept de « grand remplacement ») ;

– d’autre part parce que ce concept fait référence à l’expression « écologie humaine » (qui est de S.S Jean-Paul II), qui est devenue un slogan et un mouvement à part entière à la suite des grandes manifestations contre la loi Taubira, qui a institué le Mariage pour tous.

Je sais que cette initiative fait débat. Et même plus que débat. Un journaliste, sur le site de réinformation Les Observateurs, a pu affirmer qu’en 30 ans de suivit de la vie politique, il « n’a jamais vu un tel déchainement de la part du pouvoir contre une intitiave ». L’ensemble de la classe dominante, en Suisse, se mobilise comme jamais. L’ensemble des partis politiques, des journaux, des radios, des chambres étatiques, le patronat, les syndicats et les associations soit disant humanitaires font front commun. Rien que cela pourrait nous la rendre sympathique.

Reste que Jeanne Smits m’a alerté sur ce que cache l’initiative Suisse une planification étatique de la démographie, en passant donc par la case « culture de mort ». Derrière l’initiative, il y a en effet des écolos adeptes du malthusianisme et de l’avortement de masse. Et, écrit-elle justement, « en faisant du volume de la population suisse une prérogative de l’Etat, l’initiative EcoPop est en elle-même d’essence totalitaire. » Donc, méfiance.

Mais je rebondis quand même sur le concept « ecopopulation », que je trouve géniale, alors même que nous, en France nous dissertons sur le « grand remplacement » (thème du colloque des Identitaires samedi prochain) et sur la « remigration ». Ce mouvement nihiliste que nous, en France, nous appelons « génocide » (Bernard Antony) ou encore « suicide » (Eric Zemmour), se développe justement sur l’immigration de remplacement, ou de substitution, et sur notre propre décadence qui oublie une certaine écologie humaine.

L’idée géniale, selon moi, qu’il y a derrière l’expression « Ecopop », c’est de proposer une « écologie des populations » vise à lutter contre ce double danger. « Eco » vient du grec οἶκοςoîkos (la « maison »). L’éco-logie est donc la science ou la logique de l’habitation. De même que l’économie, (οἰκονομίαoikonomía) désigne la « gestion de la maison ». L’éco-population désigne donc la « maison de la population », à savoir la partrie. Rien de plus écologique et économique, donc, qu’une « écologie des populations ».

On ne saurait résister au double déracinement de l’immigration massive et du basculement de civilisations sans comprendre et exploiter cette référence à la « maison », à l’habitation et au concept fondamental du « chez-soi ». C’est ainsi qu’il faut promouvoir un ré-enracinement (en faisant référence à la grande Simone Weil et à son ouvrage L’enracinement) et à un retour à la patrie comme le lieu ontologique de fondation du politique (Martin Heidegger).

L’ecopopulation, ou comment retrouver le sens du « chez-soi »

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De Vivien Hoch, sur Les Observateurs

L’initiative suisse baptisée « Ecopop » est extrêmement intéressante pour nous, français. D’une part parce que nous nous considérons comme bien plus affectés par les remous de l’immigration massive qu’en Suisse (à tel point qu’on utilise désormais le concept de « grand remplacement ») ; d’autre part parce que ce concept fait référence à l’expression « écologie humaine » (de S.S Jean-Paul II), qui est devenue un slogan et un mouvement à part entière à la suite des grandes manifestations contre la loi Taubira, qui a institué le Mariage pour tous.

On se retrouve là face aux deux grands défis de nos sociétés Occidentales – et en cela, cette initiative suisse intéresse tout européen : celui du remplacement de population par l’immigration massive, et celui, corrélatif, du remplacement d’une certaine éthique de civilisation qui a pu caractériser l’Occident chrétien. Il s’agit pour nous de déceler en quoi le remplacement de population et le remplacement de civilisation sont corrélatifs, et comment lutter contre ce que d’aucuns ont pu appeler un « génocide » (Bernard Antony) ou encore un « suicide » (Eric Zemmour), pour qualifier ce qui se passe en France.

L’idée d’une « écologie des populations » vise à lutter contre ce double danger. « Eco » vient du grec οἶκοςoîkos (la « maison »). L’éco-logie est donc la science ou la logique de l’habitation. L’éco-population désigne donc la « maison de la population ». De même que l’économie, (οἰκονομίαoikonomía) désigne la « gestion de la maison ». Rien de plus écologique et économique, donc, qu’une « écologie des populations ».

On ne saurait résister au double déracinement de l’immigration massive et du basculement de civilisations sans comprendre et exploiter cette référence à la « maison », à l’habitation et au concept fondamental du « chez-soi ». Le chez-soi, c’est le lieu où l’on vit, où l’on mange, où l’on dort. C’est un lieu que nous connaissons, et, surtout, que nous reconnaissons. La déconstruction des normes morales, dans laquelle l’européen se reconnait, fait qu’il ne peut plus être « chez-soi », chez lui : il ne s’y reconnait plus. De même que l’importation de nouvelles normes, de nouvelles religions et de nouvelles modalités de vivre, à cause de l’immigration, nous fait perdre le sens du « chez-soi ».

Voilà pourquoi il faut entreprendre une grande action sur le ré-enracinement. L’enracinement, écrivait la grande philosophe Simone Weil, est « le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine » (L’enracinement, Gallimard, Paris, 1943). Le philosophe Jan Patockà a définit l’homme Européen comme « celui qui a le souci de son âme » (Platon et l’Europe) : l’âme est effectivement ce qui nous est le plus intime, là où nous sommes le plus enraciné, et là où l’on est le plus « chez-soi ».

L’écopopulation est cette manière intelligente de dire deux choses : nous sommes chez nous, et notre pays a une âme. Donc nous avons le droit de nous soucier de l’âme de notre pays. Un pays qui a une âme, a une conscience et une mémoire : il est une patrie, c’est-à-dire la terre des pères. La grande phénoménologie du XXe siècle a pu ainsi avoir conscience de ce lieu fondamental qu’est la patrie : « Toute chose essentielle et grande a pu seulement naître du fait que l’homme avait une patrie (Heimat), et qu’il était enraciné dans une tradition », écrit le philosophe Martin Heidegger (réponses et questions sur l’histoire et la politique, Paris, Mercure de France, 1977, p.68). Patrie, tradition, enracinement, exactement ce que l’on veut nous enlever, et donc exactement ce sur quoi il faut insister, pour résister…

Vivien Hoch, 12 novembre 2014

Retour sur le « conflit » des mobilisations pour Asia Bibi

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Édito de Vivien Hoch sur Les Observateurs

Il y a 5 ans, en juin 2009, Asia Bibi est sortie de chez elle par 40 degrés à l’ombre pour aller boire un verre d’eau dans un puit réservé aux musulmans ». Depuis, elle est enfermée en prison, battue et condamnée par tous les tribunaux. Au-delà de l’héroïcité de son comportement, et de son caractère de symbole de la violence morale des lois anti-blasphème dans les pays musulmans, Asia Bibi est devenu le symbole d’un « conflit des mobilisations » entre les chrétiens eux-mêmes.

 Entre ceux qui considèrent que seule la mobilisation des institutions internationales pourra la sauver, et ceux qui en font un cas exemplaire des horreurs de la Charia, le torchon brûle… Faut-il laisser le dossier à la communauté internationale, sachant que la diplomatie, à ce niveau-là, n’a absolument eu aucune influence ? Faut-il que les chrétiens se mobilisent contre cette loi anti-blasphème au Pakistan, et, plus généralement, contre la Charia qui s’applique de plus en plus sanguinaire ?

 La semaine qui a suivi la dernière condamnation d’Asia Bibi, l’association Chrétienté-Solidarité a organisé un rassemblement devant l’ambassade de la République islamique du Pakistan qui a réuni plus de 2 000 personnes, et où se sont exprimés des personnalités diverses engagées pour la liberté religieuse en terre d’islam ou contre la Charia. Ce qui n’a pas été du goût de tout le monde… Ni de l’ambassade du Pakistan, qui avait posté des caméramans dans les appartements attenant à la manifestation, ni de certains journalistes ou hommes d’église…

(Lire la suite : la guerre des mobilisations pour Asia Bibi)

Asia Bibi, Meriam : nous avons deux saintes !

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Édito de Vivien Hoch dans l’hebdomadaire de l’Observatoire de la Christianophobie 

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Asia Bibi est admirable. En 2009, cette jeune mère de famille catholique boit un verre d’eau dans un puit reservé aux musulmans. Depuis, elle vit un véri- table enfer. Elle est atrocement emprisonnée depuis plus de quatre ans, a été battue, villipendée, agressée par ses co-détenus, et manque de tout, surtout du soutien des ins- titutions internationales.

Qu’en est-il aujourd’hui ? La haute cour d’appel de Lahore vient de confirmer le premier jugement daté de 2010 : Asia Bibi est coupable de « blasphème » et est donc condamnée à la peine de mort par pendaison. « Le juge a retenu valides et crédibles les accusations des deux musulmanes – deux sœurs – qui ont témoigné à propos du présumé blasphème commis par Asia Bibi. Ce sont celles avec lesquelles elle s’était disputée et qui avaient provoqué toute l’affaire » a expliqué Me Shakir, l’avocat chrétien d’Asia Bibi, à l’Agence Fides.

Son sort est désormais suspendu à la décision de la Cour Suprême de cette république islamique, mais le lourd dossier pour y accéder n’est pas encore constitué et il ne lui reste, à cette date, que 10 jours pour le faire, dans des conditions évidemment difficiles. Malgré le soutien des associations chré- tiennes et de certaines ONG (comme ACAT, qui oeuvre contre la peine de mort dans le monde), elle ne reçoit que très peu de soutien. Les condamnations officielles sont bien faibles. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères Française ne met pas les « pieds dans le plat », c’est le moins qu’on puisse dire. Sûrement parce que le Pakistan est un « allié » des pays Occidentaux…

Notre monde est en manque de saints. Combien ne voyons-nous pas des chrétiens qui se plaignent sur le fait qu’il n’y a plus de saints, d’exemples pour la foi ou de compor- tements exceptionnels. Et bien si ! Voici Asia Bibi, qui endure tous les tourments pour sa foi, sans jamais la renier. Voici, aussi, Meriam Ibrahim, cette jeune chrétienne, enceinte et mère d’enfants en bas-âge, condamnée à mort au Soudan pour une pseudo-conversion au christianisme, et qui n’a jamais, elle aussi, renié sa foi en Christ, malgré les tourments que lui ont fait subir ses ignobles geôliers.

Les saintes sont donc sous nos yeux. Sachons les reconnaître comme telles.