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Archives de Catégorie: Philosophie

Le « progrès » de gauche : un vieux cri de révolte métaphysique contre Dieu et la famille

12 lundi Août 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Buisson, de marx, métaphysique, norme, nouvelles de france, religion, Vivien Hoch

De Vivien Hoch, sur itinerarium.fr 

Quand va-t-on réfléchir enfin sur la notion de progrès ? Sur quel critère objectif peut-on affirmer que ceci est un progrès, ou encore que ceci est rétrograde ? Au vu de ce que la société nous vend comme progrès – mariage homosexuel, culture gay, théorie du genre, sexualité débridée, transexualisme, la question se pose plus que jamais. Le « progrès » prôné est un long cri de révolte métaphysique contre Dieu, qui remonte à l’aube des temps. Nous cueillons aujourd’hui, peu à peu, les amers fruits de leur victoire.

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On lit chez nos amis de Nouvelles de France ces propos de Laure Pora, un homme qui se prend pour une femme, qui est président d’Act Up-Paris et militant du NPA, qui a déclaré, en toute sincérité :

« le couple est une institution à détruire dans une perspective féministe »

« la misandrie, comme l’hétérophobie, est une stratégie de résistance ».

« Je suis féministe, ça consiste à critiquer d’abord les mecs zétéros cis qui ont le pouvoir, et seulement après les femmes pas assez intelligentes pour se libérer ».

« Je suis une folle, je pratique une sexualité que je qualifie de pédée, et je regarde pas mal de ‘porno gay’ »

Nous vous avons déjà parlé de la logique globale de société ou d’a-civilisation dans laquelle nous enferme le « progressisme » à propos d’un article sur la famille et le marxisme. On trouve en effet, chez Marx, une fois de plus, ses racines philosophiques les plus profondes. Dans éditorial de The Guardian du 23 juin 2012, le Parti communiste australien entend peser sur le débat concernant le mariage des homosexuels. Il rappelle alors ces phrases de Marx dans le manifeste du parti communiste (1847) :

« Il faut abolir la famille…Et remplacer l’éducation à la maison par celle de la société ».

« Les marxistes doivent partir à l’assaut de cette institution ».

« Il faut légaliser ouvertement les communautés de femmes ».

 

Cette volonté de déconstruire la famille est en fait une très vieille idée, qui remonte à l’aube des temps idéologiques ; elle consiste à récupérer les enfants le plus tôt possible et de les confier à la société pour supprimer dès la racine toute liberté individuelle.

C’est par exemple l’idée de Platon (République, 460b) :

« Les enfants, dès leur naissance, seront remis entre les mains de personnes chargées d’en prendre soin»

Notre cher Ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, œuvre exactement dans cette direction, et il ne le cache même pas, lorsqu’il affirme par exemple que :

« L’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. »(Jdd, 2005)

L’éducation nationale commence donc à remplir peu à peu le rôle des parents.  N’oublions pas que l’éducation a un rôle tout à fait capital dans son système idéologique ; elle est un instrument politique au service de la République :

«  l’école est un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste. » (La Révolution française n’est pas terminée)

Henry de Lesquen, dans un magnifique texte donné chez les catholiques pour les libertés économiques, affirme que le socialisme est l’expression d’une révolte métaphysique, une réponse inappropriée au problème du mal, donc bien plus qu’une simple théorie politique.

« le socialisme est l’expression d’une révolte métaphysique »

Et il s’érige aujourd’hui lui-même en métaphysique d’État, comme le rappelait également Patrick Buisson dans un entretien du début de l’année. Cette métaphysique a indéniablement un caractère totalitaire ; elle s’appuie tout particèlièrement, comme dans les religions-civiles païennes, sur une sexualité débridée, publiquement ritualisée et politiquement encadrée. Cette métaphysique est une religion, et tous les pauvres idiots du système qui répètent « Progrès », « Laïcité », etc. répètent en fait le cathéchisme ambiant comme des moutons.

Ces propos choquants tenus par le Président d’Actup ne sont donc pas communiqués par hasard en ce moment précis. Nous nous approchons du grand soir ; le fruit est mûr : cette longue lignée doctrinale dite de « gauche » qui tente d’imposer sa vision du monde holiste depuis l’aube des temps peut être cueilli. C’est cela le progrès : il s’appuie sur un sens de l’histoire univoque qui converge vers le grand soir socialiste, le jour de la Révolte des hommes contre Dieu, celui-là même que les Écritures ont déjà prévues.

Les civilisations se valent-elles ?

18 jeudi Juil 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique

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civilisation, Claude Guéant, Lévi-Strauss, Vivien Hoch

Article de Vivien Hoch sur Causeur.fr (07 février 2012)

Claude Guéant aurait donc affirmé que « les civilisations ne se valent pas ». Au-delà des polémiques passionnées qui reproduisent le sempiternel même schéma d’indignation, intéressons-nous au propos lui-même et posons franchement la question de la hiérarchie civilisationnelle. Car qui dit hiérarchie, dit des plus et des moins. A contrario, qui conteste cette hiérarchie, promeut un certain relativisme axiologique.

Penchons-nous donc sur la nôtre, de civilisation. Nous créons des hôpitaux et des services de recherche qui parviennent à greffer des mains. D’autres les coupent. Nos femmes se battent rationnellement pour accéder en toute égalité à des emplois intéressants. D’autres les voilent et les cachent chez eux. Dialectique perverse et arbitraire, me direz-vous. Inversement, le relativisme historique, nuance tout événement étranger gênant par l’argument « des moeurs étrangères » mais rapporte tout fait intérieur à une défaillance systémique de notre civilisation. Dialectique faussée du Même et de l’autre, bien connue depuis le sophiste de Platon, mais fort mal exploitée. C’est toujours notre civilisation qui prend pour les autres. Auto-flagellation permanente sur l’esclavagisme, le nazisme, l’extermination des indiens d’Amérique, le colonialisme, le capitalisme… Tous les -ismes nous sont accordés. Mais pas pour les autres : l’islamisme ne se réduit pas au -isme, nous explique-t-on, puisqu’il est si divers…

Ce relativisme civilisationnel n’est permis que dans une civilisation qui a conquis, dans la douleur, sa liberté et ses lumières. Cette grande vague d’auto-critique qui a abouti à la Révolution française puis aux multiples secousses intellectuelles et morales qui lui sont succédé, nous différencie radicalement de toute autre civilisation. Et nous accorde le droit, notamment avec l’instauration de la charte des Droits de l’homme, de jauger du degré d’humanité des autres civilisations. Non pas pour les fondre dans un même moule, mais pour partager avec elles cet élan universel vers un « mieux-vivre ».

Je rappelle que Claude Lévi-Strauss, au fait des question de civilisations, ne se pâmait pas dans un nivellement géographique et historique des valeurs. Contempteur de l’ethnocentrisme propre à toute civilisation dans sa conférence de 1952 à l’UNESCO, il prononce vingt ans plus tard une autre allocution, Race et histoire, affirmant ne se sentir « nullement coupable de placer une manière de vivre ou de penser au-dessus des autres. (…) Cela peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou communauté se conservent… ».

Peut-on suspecter Claude Lévi-Strauss de suprématisme ou dérive de « frontnationaliste »1? Non. Car il démontre que la civilisation européenne doit se comprendre comme une civilisation parmi d’autres, qui peut être défendue comme les autres. Sans la volonté de faire de son propre mode de vie un paadigme généralisable à l’ensemble de l’humanité, il ne sert plus à rien de promouvoir le dynamisme culturel, le désir de s’améliorer et de rendre les autres meilleurs. De surcroît, en refusant cette volonté de« mieux vivre », nous ne nous mettons plus en capacité d’accueillir les populations étrangères attirées par notre civilisation, ni de leur proposer un véritable projet de société.

D’aucuns regrettent que notre civilisation n’ai pas été défendue par nos gouvernants, notamment les commentateurs politiques soucieux de la question chrétienne. Lorsqu’on regarde ce qui a été fait sur le travail le dimanche, l’éthique personelle et collective, le sens du bien commun, voire l’inscription des racines chrétiennes dans la Constitution européenne, il est évident que le quinquennat qui s’est écoulé ne semble pas avoir défendu concrètement ce qu’il prône verbalement. C’est là toute l’ambiguïté avec laquelle jouent les extrêmes : « ils parlent, mais nous on agit ». À moins qu’un jour, les actes se joignent aux paroles…

« Aimer est inévitablement entrer dans une situation indivise avec autrui » M. Merleau-Ponty

25 mardi Juin 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

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« Peut-on concevoir un amour qui ne soit pas empiétement sur la volonté d’autrui ? Celui qui ne voudrait en aucun cas exercer d’influence sur la personne qu’il aime, et s’abstiendrait par conséquent de décider pour elle, ou de la conseiller, ou d’incliner, agirait sur elle, justement par cette attitude d’abstention et inclinerait encore plus à décider pour lui plaire.

Ce détachement apparent, cette volonté de rester sans responsabilité, suscitent chez l’autrui un désir d’autant plus vif de se rapprocher. Il y a un paradoxe à accepter d’être aimé de quelqu’un sans vouloir influer sur sa liberté. Sa liberté, s’il aime, il la trouve justement dans l’acte d’aimer, non pas dans une vaine économie. Accepter d’aimer, c’est accepter d’exercer d’ailleurs aussi une influence, de décider pour autrui dans une certaine mesure. Aimer est inévitablement entrer dans une situation indivise avec autrui.

À partir du moment où l’on est lié avec quelqu’un on souffre de sa souffrance. S’il s’agit d’une douleur physique, que l’on ne peut partager que d’une façon métaphorique on éprouve fortement son insuffisance. On n’est pas tel qu’on serait sans cet amour, l’empiétement des perspectives demeure. On ne peut plus dire: « ceci est rien, ceci est mien ». On ne peut séparer absolument les rôles ; et être lié avec quelqu’un, c’est finalement vivre au moins en intention sa vie.

L’expérience d’autrui au fond, dans toute la mesure même où elle est convaincante, où elle est vraiment expérience d’autrui, est nécessairement expérience « aliénante » en ce sens qu’elle m’ôte à moi seul, et institue un mélange de moi et d’autrui. »

 

Maurice Merleau-Ponty

De l’eau dans le vin ?

05 mercredi Juin 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique

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Chronique libre de Vivien Hoch au libre journal de Daniel Hamiche sur radio courtoisie 

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Crédits Vivien Hoch

14 manifestations « crescendo », 700 000 pétitions au Conseil économique et social,  une bonne centaine d’accueil de Ministres, d’actions diverses, de collectifs montés ; des centaines d’interpellations, souvent abusives, des nez en sang, des yeux qui piques et une magnifique jeunesse dans la rue. Pour rien.

Comment donc qualifier, au-delà de tout le mépris affiché, des insultes, du gaz lacrymogène et des « flashball », cette « cerise sur le gâteau », ce spectacle complètement délirant et décadent avec ce premier « mariage » (avec tous les guillemets d’usage) filmé par 200 journalistes, avec la présence de Najat Belkacem, plusieurs escadrons de CRS, des espèces de trans-genre déguisés en nonnes et le portrait du Kommandatur Hollande ? Le tout au frais du contribuable, dont la nuit de noces gay avec l’État socialiste n’en finit plus !

Enfin, je vous rappelle quand même qu’on attend la théorie du Genre, la morale laïque, l’euthanasie, les cours en anglais, le droit de vote des étrangers, les salles de shoot, la spoliation étatique de nos biens, et la chute sans fin dans la pensée unique à tous les étages.

Alors moi, la politique du pire, c’est fini. On le découvre avec Hollande et sa clique de racailles, il y a bien pire que le pire. On nous dit souvent que nous vivons des moments formidables ! Mais non ! Nous sommes en train d’assister à l’effondrement total de cette civilisation ; et que fera-t-on lorsque tout cela sera rentré dans les mœurs par voie de fait, comme la République s’est imposée de fait, contre la majorité ?

Cette gauche là ne pense qu’au sexe, à la drogue et à l’argent. Elle parle au démon qui est en chacun de nous, elle titille le péché, elle ouvre des fronts peccamineux ; elle vous prend par la chair et par toutes les failles de votre être. Elle est diabolique. Et on ne joue pas avec le démon.

– Bref, On fait quoi maintenant ? Parce qu’on lâche rien, mais on fatigue quand même. « Nous sommes en guerre idéologique », pour paraphraser Gramsci et… Nicolas Sarkozy. Bien. Donc j’ai ouvert un bouquin de stratégie militaire « De l’art de la guerre » de Machiavel.

 « Un capitaine ne doit jamais livrer bataille s’il n’est pas en position avantageuse ou s’il n’y est pas contraint. L’avantage provient du site, de votre dispositif, de votre supériorité en nombre ou en qualité » –

Le site on l’a : nous sommes chez nous. La supériorité quantitative on l’a : nous sommes le peuple ; et la qualitative : évidemment ! Machiavel continue : « La contrainte provient de ce que vous vous apercevez qu’en ne combattant pas, vous êtes de toute façon perdu. ». On ne saurait donc critiquer celui qui combat, quelles que soient les formes que son combat prend, mais seulement celui qui ne combat pas et reste passif.

On prend le maquis politique, avec les formes consensuelles ? Et pourquoi pas ?

Frigide Barjot a lancé son collectif « L’Avenir pour tous »

D’autres, comme Tugdual Derville, lancent leur collectif « écologie humaine »

D’autres encore partent dans des stratégies politiques de type « Tea-Party » – même si la version française aurait plutôt un goût de café…

Bref, on ne lache rien, nulle part, et on continue dans le combat multiforme, y compris en politique. Qui a voté Hollande, qui méprise la chose politique, qui se sent au-dessus des partis et du jeu politique, est un agent du système, un « idiot utile », un faisan, bon à tirer pour les chasseurs de sièges.

Comment donc ? On pourrait donc se mettre à militer dans ce panier à crabe qu’est le monde politique ? On ajoute donc de l’eau dans le vin  ?

Saint Bonaventure avait reproché à saint Thomas d’Aquin d’avoir mis « de l’eau de la raison dans le vin de la sagesse divine »

Thomas d’Aquin lui avait répondu : « Que nenni : comme aux Noces de Cana, il s’agit plutôt de transformer l’eau de la raison en vin de la foi. »

De même, transformons l’eau plate de la démocratie moderne en vin de la colère populaire !

Faut-il démythologiser Dieu ?

23 jeudi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Religion

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Un très beau travail de  Laurent Gagnebin datant de 2007, qu’un lecteur m’avait signalé, dont j’avais perdu le lien, et qu’un autre lecteur m’a retrouvé (merci à tous) :  

http://protestantsdanslaville.org/gilles-castelnau-spiritualite/gc19.htm

La foi chrétienne et le contenu biblique sont souvent pris aujourd’hui pour une mythologie désuette à l’égard des « progrès » de l’époque contemporaine. C’est que la Bible a son fonctionnement propre, saint et sacré ; plus que de nous faire connaitre quelque chose, elle nous appelle à plus grand que nous. Avec son fameux concept de démythologisation, Rudolf Bultmann, le grand théologien protestant du XXème siècle, nous rappelle que Dieu est toujours plus et au-delà de ce qu’on dit de Lui.

Mythologie_demythologisation_theologie

Pour Bultmann, le mythe n’a pas le même statut ni ne relève de la même compréhension, selon qu’il est celui de la démythisation ou celui de la démythologisation :

 Le mythe de la démythisation est en quelque sorte considéré comme une fable, une légende, un conte de fées, qui ne correspond pas à notre manière actuelle et scientifique, par exemple, de voir les choses, le monde, la nature en particulier. Démythiser revient alors à retrancher de la Bible ce qui offusque, contrarie notre raison. La Bible est expurgée, mais elle est ainsi censurée au nom de la raison, d’une exigence rationaliste et réductrice. Une certaine exégèse a souvent opéré ainsi.

 Le mythe de la démythologisation est représenté par le langage religieux en général et biblique en particulier. Il est (et comment ne le serait-il pas ?) une manière humaine, terrestre, mondaine de parler de Dieu. Il suppose toujours une foi en une Transcendance. Il veut par conséquent dire et exprimer Dieu. Mais ce mythe ne peut échapper à un piège : comment puis,-je en effet dire Dieu avec des mots humains ? Une telle prétention est vouée à l’échec. Le seul fait de dire Dieu dans nos mots, c’est déjà.!e trahir. Seul Dieu parle bien de Dieu. Comme j’aime à le répéter : quand je dis « Dieu », ce n’est déjà plus Dieu que je dis. Le mythe de la démythologisation fonctionne ainsi en pleine contradiction : il veut dire Dieu et, ce faisant, il ne le dit pas vraiment. Dieu est transcendant ; il ne nous appartient pas. N’est-il pas hors de notre portée ?

Par et dans mes mots, Dieu dépend de moi, au lieu que je dépende de lui. Dieu devient l’objet de mes raisonnements, au lieu d’être le sujet de ma pensée. Je saisis Dieu au lieu qu’il me saisisse. La Bible, d’ailleurs, est toujours ainsi à la fois Parole de Dieu et parole humaine ; et quand elle affirme « Dieu a dit » c’est, bien un être humain, un croyant, qui me dit « Dieu a dit ».

Ainsi, par le mythologique, je neutralise Dieu,  je le maîtrise et domine ou domestique,  je l’objective ou chosifie,  je le rationalise : il est sous la coupe de mon langage et de mes raisonnements.

Dans de telles conditions, démythologiser consiste à retrouver l’intention première du mythe :une foi en Dieu toute nue. La démythologisation est toujours à reprendre. Mais que l’on ne s’y trompe pas : démythologiser c’est bien dérationaliser (retrouver cette foi originelle), tandis que démythiser c’est bien rationaliser (censurer au nom de la raison).

  »démythologiser consiste à retrouver l’intention première du mythe : une foi en Dieu toute nue.»

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Rudolf Bultmann (1884 – 1976)

On voit là pourquoi confondre ces deux démarches et traduire démythologiser par démythiser aboutit à un résultat diamétralement opposé à la pensée de Bultmann. Il ne s’agit pas, avec la démythologisation, de tailler une Bible à nos mesures, mais bien de lire et interpréter toute la Bible sans en rien retrancher ; il s’agit de voir non seulement ce que le texte dit mais bien aussi et surtout ce qu’il veut dire. Il convient donc de retrouver, à travers une écriture humaine, une parole de… Dieu (venue de lui) et qui m’interpelle dans la foi.

L’entreprise de démythologisation se veut donc, et elle est, hautement positive. Elle n’est pas une action destructrice et un rationalisme nihiliste. Qu’est-ce que cela signifie et implique ?

La lecture croyante du texte biblique retrouve un Dieu qui nous interpelle (et non la description d’un événement réellement survenu) : il ne s’agit pas seulement avec el!e d’entendre ce que veut dire le texte, mais bien ce qu’il veut me dire et me dire aujourd’hui. Dans celle interpellation va s’opérer ainsi quelque chose qui m’interroge, qui met enjeu et dévoile le sens de mon existence. Je suis en effet placé par cette interpellation divine devant une décision de… foi où je me reconnais dans toutes mes limites, celles de ma condition très simplement humaine.

Ainsi, ma relation à la Bible, à travers la lecture que j’en fais, n’est pas uniquement neutre, tranquillement scientifique, distanciée, voire spéculative et gratuite. Elle appelle une réponse, elle me mobilise, elle sollicite mon adhésion ou mon refus. Cette lecture suppose l’engagement de la foi. Il s’agit d’entendre une parole de Dieu, même dans un texte lourdement humain (« légendaire », par exemple), tributaire, pour le moins, d’une vision du monde qui ne correspond plus à la nôtre. En quoi ce texte me parle-t-il, m’interpelle-t-il comme une parole de Dieu à travers une écriture, un langage, une terminologie et des concepts humains, que ce texte soit historique, narratif, poétique ou de fiction ?

 C’est bien le « sola fide » (la foi seule) qui est ici requis dans cette écoute et cette interprétation et non la seule approche rationaliste, aussi nécessaire est-elle dans l’ordre d’une analyse historique, honnête et désintéressée. Notons, en passant, que la lecture croyante et démythologisante du texte n’est pas nécessairement moins scientifique qu’une autre, puisque le texte biblique a précisément été écrit pour une telle lecture, c’est-à-dire pour susciter la foi.

Le croyant qui s’ouvre à l’appel divin et refuse de s’enfermer en lui-même dit toujours à Dieu la prière d’illumination qui, au cours du culte, précède les lectures bibliques : « Fais taire en moi toute autre voix que la tienne ! ».

Comprendre le texte biblique c’est comprendre qu’il est pour moi une interpellation en forme de relation dont Dieu a l’initiative.

Le refus de participer au mensonge

09 jeudi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

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Vivien Hoch, sur Itinerarium
 
 
 
« Mais aux lieux du péril croît 
Aussi ce qui sauve  »
(Hölderlin)

Nous avons pris le maquis. Et il faut remercier la bêtise de François Hollande pour nous avoir permis de lever la population contre ses magouilles, d’avoir pu monter tous ces réseaux, et d’avoir pu orienter cette jeunesse dans l’engagement politique. On mène aujourd’hui une guerre de tranchée, mais sur plusieurs endroits. Ne construisons pas de ligne Maginot, qui ne protège qu’une infime partie de ce qu’il y a à défendre.  Soyons lucides, éveillés, tranchants. 

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Nous ne nous battons plus seulement contre le mariage homosexuel, la Procréation médicale assistée et la Gestation pour autrui. Ni même contre les lobby sur-financés, les laboratoires de la mort, l’art dégénéré, la théorie du genre, la cathophobie, le capitalisme de connivence, les impôts asphyxiants, les politiques corrompus, les journalistes de comptoir et les idéologues nauséabonds. Nous nous battons dorénavant pour sauver ce qu’il reste du réel !

Face à l’ampleur des dégâts, et surtout de ce qui nous pend au nez, deux solutions :

 – soit nous brulons ce monde funeste avec une contre-révolution massive et blamboyante, et recommençons tout à zéro.

– Soit nous tentons la voie longue et ardue, de la reprise politique et de la nouvelle évangélisation du pays.

Il faut globaliser le combat, construire des lignes partout, et frapper dorénavant les premiers. Il faut une stratégie trostykiste, un engagement de tous les manifestants dans les partis politiques, il faut exiger des engagements, des responsabilités, ne rien excuser et être intraitable.

J’aimerai vous montrer que la tâche est également philosophique et intellectuelle, et qu’il faut rester très vigilant sur ce point. Évidemment, et Gramsci l’a bien vu, nous avons perdu la culture, la politique mais aussi les médias, l’enseignement, et même la spiritualité. Dès lors que vous allumez la télévision, participez à un jeu débile, achetez un journal bidon, vous êtes pris dans ce mouvement pervers. Soyez très vigilants, ils sont plus forts que vous !

Nous sommes aujourd’hui plongés de plein pied dans un mouvement d’ensemble qui nous dépasse totalement, et qui dépasse également ses sordides acteurs. Faisons tout pour ne pas être pris dans la machine, et ne collaborons pas au mal ! Soljenitsyne disait en 1974 que

« c’est là justement que se trouve, négligée par nous, mais si simple, si accessible, la clef de notre libération : LE REFUS DE PARTICIPER PERSONNELLEMENT AU MENSONGE ! »

Refuser de participer au mensonge, mais également refus de collaborer de quelque manière que ce soit, en pensée, en parole, par action ou par omission, avec les menteurs.

            George Orwell disait :

« Voici venir un temps où même les gens relativement bien installés dans la vie auront à souffrir de gouvernements sans foi ni loi, qu’ils auront eux-mêmes mis en place ou auront laissés s’installer. »[1]

Des gouvernements sans foi, ni loi.

Que ce gouvernement soit sans foi, ce n’est pas devant vous, fidèles lecteurs d’itinerarium, que je vais le justifier. – Même si le socialisme est organisé comme une « religion républicaine », avec sa « foi laïque », selon le grand-prêtre Peillon, ce qui fait – nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises ici-même – que nous sommes en pleine guerre des religions.

Que ce gouvernement soit sans loi, voilà qui est encore plus probant. Le concept de « loi » s’est déplacé, et n’a plus rien à voir avec le réel. Un peu de philosophie. La science ne cherche plus à déterminer ce qui est, mais uniquement « ce qui fonctionne » dans des conditions posées à l’avance. De même, la politique ne doit plus déterminer ce qui est bon, mais uniquement ce qui est égalitaire. Enfin, le droit ne doit plus déterminer ce qui est naturellement juste, mais ce qui est juste selon des conditions posées arbitrairement à l’avance. Aussi la loi ne doit-elle satisfaire que des conditions électorales mafieuses, et non plus s’accorder avec le réel ou la nature.

L’État socialiste se charge avec une jouissance certaine de cette magouille gigantesque. Cet État est un monstre, un centre de commandement idéologique, une machine intentionnelle chargée de tordre le réel dans son sens, de manipuler les faits, d’avaler les enfants, de les digérer dans l’éducation nationale et de les vomir en petit électeur gauchiste. Mais qu’est-ce donc que ce système sinon le règne de l’anté-christ !

Nous arrivons dans un modèle de civilisation – si tant est qu’on puisse encore parler de civilisation – qu’aucune société n’a jamais exploré. Depuis l’aube des temps, me direz-vous, il y a des lesbiennes hystériques dans des temples païens, des idolâtres du pénis, des prêtres prostitués ou prostituants, et autres rites douteux ; il y a toujours eu du péché institutionnalisé et des politiques idéologisées.

Mais aujourd’hui, cela s’appuie sur des idées méticuleusement élaborées. Le péché est théorisé. Le diable s’est fait idéologue. Satan est présentateur télé, journaliste, politique, intellectuel, écrivain, artiste, médecin, scientifique. Il se cache dans des émissions de cuisine, dans des romans de gare, derrière les chaires d’université, devant et derrière la caméra.

« Le réel n’est plus que le produit des volontés de domination, des moyens d’oppression, des résistances et des lâchetés, des représentations imposées et des doctrines professées »

 Nous sommes au bout d’un processus long, qui a commencé par le travail des philosophes contre la métaphysique. Il s’agit, depuis lors, de dé-construire les catégories traditionnelles, les catégories philosophiques, scientifiques, sociales, politiques, historiques et intersubjectives. L’autre a pris la place du même, l’étranger a remplacé le chez-soi, le différent a dépassé le prochain, le cosmopolitisme a détruit le patriotisme.

Le réel n’est plus que le produit des volontés de domination, des moyens d’oppression, des résistances et des lâchetés, des représentations imposées et des doctrines professées. J’en vois la preuve la plus flagrante dans la phrase de Spinoza : « une chose n’est pas désirée parce qu’elle est bonne, mais bonne parce qu’elle est désirée ». Voilà : le désir, l’animalité, la passion, le péché, sont devenus producteur de réel. C’est eux, dorénavant, qui construisent le monde. Le péché est devenu la fabrique du réel.

Alors, avant que nous ne devenions tous « des Hamlets au petit pied, dégoûtés de tout, ne sachant que désirer, croire ou faire, découragés, douteux et amers… », comme le disait Taine, prenons les armes de Lumière ! « Veillez et priez » disait le Christ. Veillez, engagez vous, restez prudent, vigilants, faites attention aux mensonges. Priez, évidemment, pour demander l’indispensable secours de Dieu. L’Esprit-saint vient au secours des disciples du Christ et des hommes de bonne volonté.


[1] G. Orwell in New English Weekly, 16 juin 1938

Vivien Hoch au Libre journal de Daniel Hamiche

03 vendredi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Le 2 mai 2013, Daniel Hamiche, assisté d’Adélaïde, recevait Guillaume de Thieulloy, de Riposte Catholique, Vivien Hoch, philosophe, Vincent Ribeton, prêtre, Denis Coëffet, Jean de Tauriers et Maxence Tastevin, de Notre-Dame de Chrétienté, Christian Pinot, président du Centre d’Études Historiques, Pierre Vallinat, du blogue La Table Ronde, Guy Pagès, prêtre, et Jérôme Triomphe, avocat.

Vous pouvez écouter les deux parties de l’émission ici. 

 

Le plan éducatif de Peillon : laïcité agressive et théorie du Genre

01 mercredi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique

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Vidéo de mon intervention au congrès de la France catholique.

Ici.

Vivien Hoch, un esprit, une foi.

27 samedi Avr 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

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Entretien sur le blog de Martianne

 

Vivien Hoch, un esprit, une foi.

Je ne connaissais pas Vivien Hoch avant de voir un tweet de lui passer. Sur son Twitter on peut lire : « Chercheur en philosophie, professeur, chroniqueur, journaliste, rédacteur en chef de http://www.itinerarium.fr, catholique et UMP« .

Ni une ni deux je me suis mise en contact avec, personnage cultivée, je ne pouvais manquer de lui poser quelques questions ; il a bien ri en lisant l’URL de mon blog mais a quand même accepté cet entretien, et de répondre à quelques une de mes questions.

Je vais être honnête avec vous, n’étant pas journaliste et n’ayant pas faite de hautes études j’ai eu un peu de mal à trouver des questions qui ne lui semblerait pas idiotes. Je n’irai donc pas sur son terrain de prédilection « la philosophie »….

 

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En lisant ton CV, il me vient qu’un seul mot en tête : « hyperactif ». Peux-tu me parler de ton parcours ?

Mon activité principale est la philosophie universitaire, que je pratique en rédigeant mon doctorant sur l’amour chez saint Thomas d’Aquin et en donnant quelques cours. Cette activité étant tellement naturelle, voir plaisante, pour moi et si peu lucrative, que je dois pratiquer de nombreuses activités « annexes », telles que l’engagement politique, le journalisme, le militantisme sur les réseaux sociaux, des conférences et des activités de communication ; tout cela, au début, pour financer mon doctorat. Il est vrai que tout cela est prenant.
Reste qu’il y a un lien indéfectible entre toutes ces activités, qui est la praxistique philosophique (la mise en pratique de ce qui est pensé).
 
 

Qu’est-ce que le « Printemps français » ?

C’est une excroissance de la « Manif pour tous », qui vise à promouvoir une résistance quotidienne et multiforme contre de nombreux projets politiques que nous trouvons néfastes, en premier lieu le « mariage pour tous » et l’adoption, la PMA, GPA, mais aussi la théorie du Genre ou la morale laïque, qui sont autant de manipulations dangereuses, et, in fine, une résistance face à l’abus de pouvoir et le manque de « démocratisme » dans cette société française.
 
 

Quel rôle as-tu ?

Principalement celui d’être présent durant les manifestations, et d’envoyer des informations du terrain au postes médias et réseaux sociaux. C’est un « mix » de militantisme et de journalisme, qui n’est absolument pas choquant au vu de la situation de la profession. Nous devons, comme dans les « printemps arabes », assurer nous-mêmes notre communication.
 
 

La famille chrétienne est assez sujet aux clichés en France (de nombreux enfants, des parents coincés etc…). En tant que membre de l’Observatoire de la Christianophobie, as-tu déjà été victime de discrimination ?

La discrimination est pernicieuse, invisible, sous couvert de moqueries publiques, parfois provenant de personnalités dites « d’État ». Je suis particulièrement choqué par le traitement médiatique réservé à l’Église, avec les séries mensongères, diffamantes, un monde artistique qui joue sur la provocation permanente, un humour public qui ne cible pratiquement que les chrétiens dans une indifférence totale, dans un deux poids, deux mesures flagrant avec les autres confessions. Particulièrement choqué, par exemple, par l’attentat des FEMEN à Notre-Dame de Paris, dans une mollesse d’indignation incroyable. Je ne parle pas des profanations quasi-quotidienne, ou les saccages d’églises qui ne trouvent aucun relais dans les médias. Le sacré est bafoué, nos convictions profondes piétinées en permanence, ce qui est souvent très difficile à vivre dans un pays qui est le nôtre, et qui doit tout au christianisme, y compris ses plus grands progrès.

 

 As-tu le sentiment que cela se généralise ou que cela a tendance à diminuer avec les années ?

Cela se généralise clairement, et les limites sont repoussées de semaines en semaines.

 

A-t-on voulu trop laïciser la France ?

En France, le concept de République s’est formé contre l’Église, face à l’Église, et en substitution à l’Église. C’est pourquoi on trouve une tendance à instrumentaliser la république contre l’Église, notamment par le concept de laïcité. La laïcité peut être comprise positivement, comme la possible publicisation de ses opinions religieuses ; elle peut être également comprise de manière négative, et violente : comme l’enfermement de la croyance dans la stricte sphère privée, alors qu’elle a tellement de choses à nous dire encore. C’est une grande chose et une bonne chose que d’être chrétien. Le christianisme peut apporter beaucoup de choses encore. Il ne faut pas vouloir une guerre, mais revenir à un concept de laïcité apaisé.
 
 

J’ai vu que tu étais contributeur pour Atlantico, à l’ origine du scandale du « mur des cons » du syndicat de la magistrature mais qu’est-ce qu’au juste Atlantico ?

Atlantico est un pure-player qui se veut différent des autres grands médias (de gauche) en ce qu’il donne la parole à des personnalités et publie des propos de personnalités plus à droite, ce qui déteint sur le monde des pure-players.
 
 

Tu fais partie de l’UMP, de quel courant ?

L’UMP est une vaste machine politique, où il est parfois difficile de s’y retrouver. Le spectre politique que brasse l’UMP est très large. Je tente de me placer dans un courant libéral (économiquement) et conservateur (sur les questions sociétales). Pas toujours facile…
 
 
On dit que l’ump tente de récupérer le mouvement des « anti mariage gay », en tant que chrétien et membre de l’UMP quel est ton sentiment là-dessus ?
 
C’est faux. Et même si l’UMP le voulait, franchement, il s’y prendrait très mal, notamment depuis les dernières déclarations des « chefs » qui veulent seulement une ré-écriture de la loi. Il faut simplement noter qu’il y a de très nombreux militants et sympathisants UMP dans les cortèges. C’est donc plutôt dangereux pour l’UMP, qui doit prendre une position très ferme sur le sujet, au risque de décevoir cruellement ses militants. Reste que certains élus UMP, mais aussi PCD, ont tiré leur épingle du jeu. Cela seront remerciés en temps voulu.
 
Peux-tu nous rappeler où t’entendre et où te lire ?
 
Vous pouvez me lire sur www.itinerarium.fr, dont je suis le rédacteur en chef. Mais également sur mon blog personnel : www.vivienhoch.com, où je rassemble mes contributions dans différents médias (web, papier, radio, télé, conférences).
Je suis également chroniqueur à radio courtoisie, les jeudis soirs, et régulièrement invité dans les émissions.
Plus largement, et de manière quasi-discontinue, sur mon compte Twitter @Vivien_hoch !
 
Je tenais encore a remercier Vivien Hoch pour sa gentillesse 🙂

Les soixante-huitards nous ont vendu deux fois

26 vendredi Avr 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

≈ 2 Commentaires

Sur Mediavox

La république, que je n’écris plus, aujourd’hui, avec une majuscule, se moquerait-elle d’une grande partie de sa jeunesse ? Elle, qui est née dans le feu et le sang des révolutions, qui entretient la flamme perverse du mythe « mai 68 », qui recule devant des racailles bestiales ou qui accède aux revendications des étudiants les plus violents (2006 – CPE), verrait donc dans des manifestations « pour tous », roses et bleues, quelques jupes plissées et des serre-têtes, les forces sombres de l’histoire et le mouvement le plus nauséabond depuis la nuit des longs couteaux ?

La plaisanterie ne fait plus rire personne, sauf les soixante-huitards pantouflés. C’est tout particulièrement – et lucidement – contre Mai 68, contre ses auteurs et son mythe exécrable, que nous, jeunes bien éduqués, avons une profonde colère. Car soyons sérieux deux minutes : on ne peut pas bercer toute une génération en leur narrant avec grandiloquence les événements de mai 68, les nourrir au lait aigre de cette période « libératrice », et attendre d’eux qu’ils se rangent comme des moutons au diktat implacable des dieux – ô combien – mortels du Progrès et de l’Égalité, sans qu’ils en viennent à ne serait-ce que bouger un sourcil devant leur hypocrisie flagrante.

Fini le dialogue démocratique, il est rompu par l’instrumentalisation du langage et l’histoire. Tout cela n’est plus qu’une farce. Les soixante-huitards sont devenus des oligarques bedonnants, nourris au système et cassant imperturbablement le même sucre sur le dos des français, désormais abrutis par des divertissements issus de la même hubris hédoniste que celle de leurs bourreaux et enchainés intellectuellement par des médias pervers et panurgismiques.

Les soixante-huitards nous ont vendu deux fois : ils nous ont vendu à leur utopie perverse, puis nous ont vendu à leur fauteuil doré de dignitaire oligarchique.

Ils ont d’abord rompu la filiation patriotique qui faisait que le mot « France » avait encore un sens avant qu’ils ne lui lacèrent le corps et le sens depuis ses propres entrailles. Ce sont des destructeurs devant les siècles : ils ont détruit, au sens propre – je les vois encore narrer avec une joie non dissimulée leurs minables aventures de casseurs de vitrine ou bruleurs de voitures – et au sens figuré – de la déconstruction des catégories morales et intellectuelles. Cette destruction se poursuit, bien après qu’ils aient arrêté de monter des barricades en s’asseyant dans leurs fauteuils dorés. Leurs barricades sont bien plus perverses : elles bouchent par toutes les perversions possibles les possibilités de réaction à la marche glorieuse du Progrès vers l’ultra-hédonisme chosificateur et le nihilisme intersubjectif. Ils continuent leur combat, mais par des moyens beaucoup plus lâches. L’idée de France que nous devions hériter est bel et bien au fond de la fosse commune sémantique. Nous sommes devenus des choses inertes sous le rouleau compresseur du Progrès et de leur assiette dorée.

Que de telles marionnettes d’elles-mêmes et de leur folie viennent aujourd’hui nous donner des leçons quant à notre « révolte conservatrice », constitue la plus grande farce de ce siècle. On ne peut pas encenser dans les livres scolaires et les congrès EELV les barricades, les feux de voiture, les provocations et les affronts faits à l’autorité, et dans le même temps fustiger une jeunesse en colère, qui se défend pour préserver les derniers soupçons de morale dans ce pays, qu’ils ont eux-mêmes saccagé. Le dialogue est rompu ; nous ne pouvons pas dialoguer avec un homme qui a jeté des cocktails molotov sur la police pour défendre ses perversions hédonistes et qui aujourd’hui nous traite de « fasciste qui remet en cause l’ordre républicain » parce que nous nous rebellons, justement, contre le désordre. Nous tentons de reconstruire ce qu’ils ont détruit. Nous voulons de l’autorité, des règles, de la morale, du bon sens et de la raison. Pas de l’ultra-hédonisme de masse, des jeux sans pain, des catégories sexuelles brouillées et d’une nouvelle religion républicaine christianophobe.

Nous, jeunes d’aujourd’hui – ceux du moins qui ne sont pas encore totalement abrutis par la massue de l’ultra-divertissement – constituons une génération en colère. Nous ne pardonnerons pas à ces parangons du vice d´avoir sacrifié notre avenir et notre passé sur l’autel de leur hubrisd’adolescents dégénérés et de leur carrière minable de contempteurs du système. Nous leur en voulons. Et nous remettrons de l’ordre et de la morale ; s’il le faut par des actions légales.

Vivien Hoch

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