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Blog personnel de Vivien Hoch

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Archives de Catégorie: Religion

Offensive laïciste à l’Université

07 mercredi Août 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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De Vivien Hoch sur itinerarium.fr 

La France aurait-elle des problèmes avec sa conception de la laïcité ? Oui un double problème : une laïcité agressive correlée à un laxisme identitaire.  Étudions-le avec le dernier rapport  du Haut Conseil à l’intégration qui examine « le respect de la neutralité religieuse dans l’enseignement supérieur ». Il constate d’emblée de « nombreux contentieux intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire ».  

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Ce rapport remarque notamment que

« certaines universités sont en butte à des demandes de dérogation pour justifier une absence, au port de signes d’appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements, à l’exigence de respect des interdits alimentaires, à l’octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire ».

Les auteurs de ce rapport soulignent également « le malaise des enseignants face à ces revendications identitaires et communautaristes » toujours plus nombreuses. Des professeurs « qui éprouvent parfois des difficultés à organiser des binômes d’étudiants des deux sexes pour des travaux de groupe ».

On ne saurait trop reconnaître dans ces revendications toujours stupéfiantes, mais devenues habituelles un peu partout en France, la montée en puissance de l’islam. Mais pas de l’Islam comme religion. De l’ilsam comme moyen de se mettre en rupture avec la tradition occidentale, comme un moyen de protester visiblement contre la France et ce qu’elle représente. Jean cochet l’exprime dans le Présent d’aujourd’hui (6 Août 2013).

Marwa est française… Mais avec son bout d’étoffe qui fâche, elle signifie à ses compatriotes sa volonté de rupture avec toute une partie de l’héritage français dont elle ne conserve en définitive que la langue et les avantages matériels. Elle proclame publiquement, avec son voile étendard, le rejet des mœurs et coutumes françaises, tout en revendiquant une appartenance dont elle veut, à l’intérieur, transformer en profondeur l’identité.

Le voile n’est pas seulement un simple signe religieux, telle la croix que l’on porte au cou. Il traîne derrière lui, comme l’écrivait Chahdortt Djavannn « les sourates du Coran et ses exégèses, les hadits, la charia, les dogmes islamiques, la morale islamique, les devoirs islamiques, l’idéologie islamique, la société islamique, la vision du monde islamique… ». Celles qui le portent éri- gent délibérément un mur entre elles et la civilisation occidentale. Entre elles et les non-musulmans…

***

 Comment en arrive-t-on à ce petit jeu entre laïcité et islam, entre lequel les chrétiens tentent d’exister ? La République socialiste échoue à proposer une spiritualité et une culture de vie saine et sainte. Elle ne répond pas aux aspirations profondes d’un peuple. C’est pourquoi le communautarisme et l’inculture progressent. Ceux qui protègent et entretiennent ces deux maux sont nos « progressistes », chargés de déconstruire la tradition et la religion. C’est pourquoi, également, ce qui est exotique ou « signe de protestation » progresse – l’islam, le voile islamique, la pratique visible du ramadan, etc.

Encore une fois, le problème est que la République, appuyée sur une « laïcité forte », se crois en mesure de maîtriser les grandes aspirations contradictoires, vitales ou nihilistes, d’un peuple. C’est par exemple le projet de Vincent Peillon, sous la forme d’une « morale laïque« , d’ailleurs tout à fait aussi religieuse que les autres confessions. Serrer la vis laïciste face à l’islam permettra surtout de mettre encore des coups au catholicisme. Dans cette histoire, il y a les « idiots utiles » et les vrais ennemis de la République.

La République va pouvoir encore serrer la vis laïciste grâce à l’islam 

Revenir à une conception saine de la laïcité, c’est arrêter toutes les obstructions idéologiques mises à la spiritualité et aux religions saines, sans toutefois devant plier systématiquement le genou ce qui est différent, et pourtant contraire aux soit-disant principes républicains (parité, égalité, laïcité, etc.), et, de fait, aux principes chrétiens et à la raison naturelle.

Il faudra un jour que les français comprennent que la République s’est constituée contre l’Église et la tradition. Il faudra un jour se pencher sur ce fait, pour comprendre qu’une conception peillonienienne de la République s’appuiera sur tous les ennemis de l’Église et de la tradition pour mieux les détruire et recommencer un nouveau monde. Ce nouveau monde, enfin dénué de toute transcendance et sans traditions. Ce monde plat, ennuyeux, et finalement si… socialiste.

Les chrétiens face au ramadan

12 vendredi Juil 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur Boulevard Voltaire

Le ramadan démarre dans une fanfare médiatique, politique et avec la bénédiction des responsables marketing des supermarchés de banlieue. Visible, communautariste et exotique, le ramadan semble devenu le rite religieux le plus suivi en France, ce qui ne peut manquer de questionner le chrétien, et de le mettre en face de sa propre pratique. Montrez-moi un chrétien qui jeûne encore pour le carême. Qui voit et célèbre encore en Noël autre chose qu’un repas et des cadeaux en famille ? Paradoxalement, le ramadan pourrait permettre de décomplexer les chrétiens vis-à-vis de leur pratique religieuse et de leurs traditions.

Le contraste entre le battage médiatique autour du ramadan et le silence entrecoupé de moqueries qui entoure les pratiques religieuses de l’Église catholique est significatif de l’ambiance idéologique qui règne en France. Il suffit de sortir de sa sacristie pour constater que la pratique religieuse catholique (confession, carême, pénitences, etc.) est perçue comme extrêmement ringarde, y compris par de nombreux catholiques ; a contrario, il est extraordinaire pour tout ce beau monde de voir les fidèles musulmans respecter leurs rites et leurs pratiques plutôt visibles.

Décidément, le musulman est chouchouté par les marchands et leurs rayons « spécial ramadan », les médias et leurs « enquêtes » à la« rencontre des pratiquants », ou encore les politiques et leurs « soirées ramadan » aux frais du contribuable (Delanoë).

En termes de visibilité, et peut-être même de population, le ramadan est beaucoup plus pratiqué que ne l’est le jeûne de carême. Ce qui nous renvoit à notre non-pratique cultuelle, et notre vide culturel et communautaire. Les dogmes se « démocratisent ». Les pratiques sont librement choisies, subjectivement. On ne va plus à l’Église que par convenance ou « sociabilité ». Les fêtes sont totalement dépouillées de leur caractère chrétien. Les rites, les pratiques et tout ce qui est un peu trop contraignant, comme le jeûne, les confessions ou les pénitences, sont écartés comme « désuets ».

C’est dans ce cadre que la pratique très visible du ramadan en France devrait interroger tout chrétien, ou même tout patriote qui sait que la vie de son pays, de ses régions et de ses villages a été portée par une ritualité chrétienne. La pratique du ramadan en France pourrait permettre de réinterroger notre rapport à notre propre religion, à nos propres traditions et à nos propres repères.

Le ramadan réimplante au cœur de la France un sens de la communauté et une ouverture au sacré que les Français en général ont complètement abandonnés. Si le ramadan peut servir d’aiguillon pour les chrétiens, et réveiller les traditions, les rites et les belles pratiques religieuses, alors je dis : bon ramadan !

Faut-il démythologiser Dieu ?

23 jeudi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Religion

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Un très beau travail de  Laurent Gagnebin datant de 2007, qu’un lecteur m’avait signalé, dont j’avais perdu le lien, et qu’un autre lecteur m’a retrouvé (merci à tous) :  

http://protestantsdanslaville.org/gilles-castelnau-spiritualite/gc19.htm

La foi chrétienne et le contenu biblique sont souvent pris aujourd’hui pour une mythologie désuette à l’égard des « progrès » de l’époque contemporaine. C’est que la Bible a son fonctionnement propre, saint et sacré ; plus que de nous faire connaitre quelque chose, elle nous appelle à plus grand que nous. Avec son fameux concept de démythologisation, Rudolf Bultmann, le grand théologien protestant du XXème siècle, nous rappelle que Dieu est toujours plus et au-delà de ce qu’on dit de Lui.

Mythologie_demythologisation_theologie

Pour Bultmann, le mythe n’a pas le même statut ni ne relève de la même compréhension, selon qu’il est celui de la démythisation ou celui de la démythologisation :

 Le mythe de la démythisation est en quelque sorte considéré comme une fable, une légende, un conte de fées, qui ne correspond pas à notre manière actuelle et scientifique, par exemple, de voir les choses, le monde, la nature en particulier. Démythiser revient alors à retrancher de la Bible ce qui offusque, contrarie notre raison. La Bible est expurgée, mais elle est ainsi censurée au nom de la raison, d’une exigence rationaliste et réductrice. Une certaine exégèse a souvent opéré ainsi.

 Le mythe de la démythologisation est représenté par le langage religieux en général et biblique en particulier. Il est (et comment ne le serait-il pas ?) une manière humaine, terrestre, mondaine de parler de Dieu. Il suppose toujours une foi en une Transcendance. Il veut par conséquent dire et exprimer Dieu. Mais ce mythe ne peut échapper à un piège : comment puis,-je en effet dire Dieu avec des mots humains ? Une telle prétention est vouée à l’échec. Le seul fait de dire Dieu dans nos mots, c’est déjà.!e trahir. Seul Dieu parle bien de Dieu. Comme j’aime à le répéter : quand je dis « Dieu », ce n’est déjà plus Dieu que je dis. Le mythe de la démythologisation fonctionne ainsi en pleine contradiction : il veut dire Dieu et, ce faisant, il ne le dit pas vraiment. Dieu est transcendant ; il ne nous appartient pas. N’est-il pas hors de notre portée ?

Par et dans mes mots, Dieu dépend de moi, au lieu que je dépende de lui. Dieu devient l’objet de mes raisonnements, au lieu d’être le sujet de ma pensée. Je saisis Dieu au lieu qu’il me saisisse. La Bible, d’ailleurs, est toujours ainsi à la fois Parole de Dieu et parole humaine ; et quand elle affirme « Dieu a dit » c’est, bien un être humain, un croyant, qui me dit « Dieu a dit ».

Ainsi, par le mythologique, je neutralise Dieu,  je le maîtrise et domine ou domestique,  je l’objective ou chosifie,  je le rationalise : il est sous la coupe de mon langage et de mes raisonnements.

Dans de telles conditions, démythologiser consiste à retrouver l’intention première du mythe :une foi en Dieu toute nue. La démythologisation est toujours à reprendre. Mais que l’on ne s’y trompe pas : démythologiser c’est bien dérationaliser (retrouver cette foi originelle), tandis que démythiser c’est bien rationaliser (censurer au nom de la raison).

  »démythologiser consiste à retrouver l’intention première du mythe : une foi en Dieu toute nue.»

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Rudolf Bultmann (1884 – 1976)

On voit là pourquoi confondre ces deux démarches et traduire démythologiser par démythiser aboutit à un résultat diamétralement opposé à la pensée de Bultmann. Il ne s’agit pas, avec la démythologisation, de tailler une Bible à nos mesures, mais bien de lire et interpréter toute la Bible sans en rien retrancher ; il s’agit de voir non seulement ce que le texte dit mais bien aussi et surtout ce qu’il veut dire. Il convient donc de retrouver, à travers une écriture humaine, une parole de… Dieu (venue de lui) et qui m’interpelle dans la foi.

L’entreprise de démythologisation se veut donc, et elle est, hautement positive. Elle n’est pas une action destructrice et un rationalisme nihiliste. Qu’est-ce que cela signifie et implique ?

La lecture croyante du texte biblique retrouve un Dieu qui nous interpelle (et non la description d’un événement réellement survenu) : il ne s’agit pas seulement avec el!e d’entendre ce que veut dire le texte, mais bien ce qu’il veut me dire et me dire aujourd’hui. Dans celle interpellation va s’opérer ainsi quelque chose qui m’interroge, qui met enjeu et dévoile le sens de mon existence. Je suis en effet placé par cette interpellation divine devant une décision de… foi où je me reconnais dans toutes mes limites, celles de ma condition très simplement humaine.

Ainsi, ma relation à la Bible, à travers la lecture que j’en fais, n’est pas uniquement neutre, tranquillement scientifique, distanciée, voire spéculative et gratuite. Elle appelle une réponse, elle me mobilise, elle sollicite mon adhésion ou mon refus. Cette lecture suppose l’engagement de la foi. Il s’agit d’entendre une parole de Dieu, même dans un texte lourdement humain (« légendaire », par exemple), tributaire, pour le moins, d’une vision du monde qui ne correspond plus à la nôtre. En quoi ce texte me parle-t-il, m’interpelle-t-il comme une parole de Dieu à travers une écriture, un langage, une terminologie et des concepts humains, que ce texte soit historique, narratif, poétique ou de fiction ?

 C’est bien le « sola fide » (la foi seule) qui est ici requis dans cette écoute et cette interprétation et non la seule approche rationaliste, aussi nécessaire est-elle dans l’ordre d’une analyse historique, honnête et désintéressée. Notons, en passant, que la lecture croyante et démythologisante du texte n’est pas nécessairement moins scientifique qu’une autre, puisque le texte biblique a précisément été écrit pour une telle lecture, c’est-à-dire pour susciter la foi.

Le croyant qui s’ouvre à l’appel divin et refuse de s’enfermer en lui-même dit toujours à Dieu la prière d’illumination qui, au cours du culte, précède les lectures bibliques : « Fais taire en moi toute autre voix que la tienne ! ».

Comprendre le texte biblique c’est comprendre qu’il est pour moi une interpellation en forme de relation dont Dieu a l’initiative.

Ce samedi, je me marie devant la République…

10 vendredi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Sur Nouvelles de France

Ce samedi, je vais me « marier » avec ma fiancée devant la République. Mais il n’y aura pas de nuit de noces. Jusqu’à ce que le prêtre scelle cette alliance devant Dieu, je ne serai pas encore marié. Voici la lettre que je vais donner à l’officier d’état-civil.

« Le « mariage » républicain, avec sa liturgie républicaine, ses grands-prêtres fonctionnaires, son code civil désormais dénué de sens, ses portraits du « pépère » président, ses Mariannes, l’histoire terrible et sanglante qui s’y accroche, son idéologie de substitution au sacré et à la transcendance, n’a strictement plus aucun sens. Ce n’est malheureusement plus qu’une mascarade.

On ne fonde plus une famille sur le code civil et les subsides d’un État bienveillant. La destruction de l’autorité du chef de famille, l’héritage des « enfants légaux » bafoué (et taxé), le divorce, les perspectives sombres de l’éducation publique et l’état laborieux du marché du travail, tout cela n’attire plus personne dans cette vocation qu’est la vie de famille.

Le mariage civil – républicain n’a plus de sens pour personne. Abrogeons-le. Laissons le quidam se marier avec qui il veut, devant qui il veut, quand il veut, pour le temps qu’il veut, dans les conditions de son choix. Mariez-vous avec une huitre devant Elvis Presley, en embrassant un bouquin de Sade, nul n’aurait rien à dire. Nul ne doit jamais rien avoir à dire sur ce qui concerne les exigences intimes d’un individu. La filiation, la présomption de paternité, les avantages fiscaux, l’idée de « foyer », que voulez-vous, tout cela est déjà à terre, piétiné par le soit-disant « progrès ».

Le but étant de redonner du sens et des valeurs, du sacré et des repères, une vision du beau, du vrai et du bien à notre cher pays, et non d’ergoter sur ce qui n’est plus qu’un contrat privé faible et complètement factice. Ne nous imposez plus cette mythologie laïque et faussement neutre qui, par lâcheté ou idéologie, pèse sur notre existence. Rien ne doit s’incruster de force dans notre vie privée. Laissez-nous avec ce qui, pour nous, fait sens.

Laissez-nous libre ! »

Vivien Hoch au Libre journal de Daniel Hamiche

03 vendredi Mai 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Le 2 mai 2013, Daniel Hamiche, assisté d’Adélaïde, recevait Guillaume de Thieulloy, de Riposte Catholique, Vivien Hoch, philosophe, Vincent Ribeton, prêtre, Denis Coëffet, Jean de Tauriers et Maxence Tastevin, de Notre-Dame de Chrétienté, Christian Pinot, président du Centre d’Études Historiques, Pierre Vallinat, du blogue La Table Ronde, Guy Pagès, prêtre, et Jérôme Triomphe, avocat.

Vous pouvez écouter les deux parties de l’émission ici. 

 

Cathophobie française : nous crèverons tous du tout-puissant « humour »

03 dimanche Mar 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Tribune libre de Vivien Hoch, publiée sur l’Observatoire de la christianophobie papier : pour s’abonner. 

Alors que le plan Marshall de lutte contre l’homophobie est mis en place dans toutes les strates de la nation française (récemment, la Ministre Najat Belkacem affirmait vouloir également contrôler Twitter, « surtout pour lutter contre l’homophobie »), le « plan dérision du catholicisme », qui est en quelque sorte le pendant idéologique du plan de lutte politique contre l’homophobie, marche également à plein. 

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La renonciation de Benoit XVI fut l’occasion de prêches nauséabondes et insultantes, minables et médiocres, vectorisées par des tweets (ainsi Mme Delaumnay – qui est Ministre de la République – affirmant que « Benoit XVI a oublié de la consulter avant de prendre sa décision »), des « Off» journalistiques (M. François Hollande – Président de la République – ayant déclaré que « nous ne présentons pas de candidat » au Conclave) ou des chroniques radiophoniques (Thomas Legrand sur France Inter, justifiant le 18 février l’attentat des femen à la cathédrale Notre-Dame de Paris par la « misogynie de Benoit XVI » et le fait qu’elles étaient « moins à poil que Jésus» (sic.) ; ou encore sur RTL le 12 février, où l’on pouvait apprécier la finesse de Charlotte des Georges qui «vomissait » sur Benoit XVI).

Bref, de loin et avec un amusement certain, le petit monde médiatico-politique joue sa petite scène dérisoire sans les auto-limitations de l’outrecuidance et de la connerie. Paupérisation du débat démocratique, dérision de toute forme de transcendance et insignifiance de la parole engagée deviennent les souverains poncifs d’un monde banal, désorienté, coupé de toute continuité, devenu, finalement, profondément ennuyeux.

Reste que c’est encore une religion, sinon une certaine forme de religiosité, qui est encore à l’œuvre dans ce médiocre spectacle. Les petits rituels narcissiques, ludiques ou névrotiques de l’homo festivus sont désormais les grande-messes du monde post-moderne, avec leurs prêtres, leurs thuriféraires, leurs porte-croix. Et les sermons servis au cours de ces messes profanes sont d’une violence inouïe pour toute personne attachée à la continuité, la verticalité, la transcendance et le sérieux de la vie en société.

Cette guerre des religions est en passe d’être remportée par la dictature de la médiocrité et de l’humour tout-puissant, déversé toute la journée dans les oreilles des bienheureux auditeurs de nos « grands » médias français. Une autre France, celle du talent littéraire, celle de la parole sage, désormais enfouie dans l’insignifiance  de l’an-historicité de la parole « drôle » et « comique », nous avait prévenu :

« Nous crevons par la blague, par l’ignorance, par l’outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l’amour de la banalité et le bavardage imbécile. » (Gustave Flaubert).

L’infaillibilité pontificale au milieu d’un monde faillible

26 mardi Fév 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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concile, esprit saint, lumen gentium, nouveau testament, révélation divine, vatican ii

De Vivien Hoch, sur itinerarium.fr

Avec le renoncement de Benoit XVI et la tenue d’un nouveau conclave, nous entendons et nous lisons beaucoup de propos erronés – sinon insultants – touchant le Pape et l’Eglise. La notion d’infaillibilité est particulièrement incomprise par un monde médiatique relativiste et qui ne fait pas l’effort de comprendre de quoi il en ressort avec cette notion. Petit rattrapage. 

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Ce dogme a été défini solennellement en 1870 lors du premier concile œcuménique du Vatican. Mais Vatican II a réaffirmé cette notion avec force.

Extrait de la constitution Lumen Gentium, n° 25 :

« Cette infaillibilité, dont le divin Rédempteur a voulu pourvoir son Eglise pour définir la doctrine concernant la foi et les moeurs, s’étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine à conserver saintement et à exposer fidèlement. De cette infaillibilité le Pontife romain, chef du Collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles et chargé de confirmer ses frères dans la foi (Cf Luc 23,32) il proclame un point de doctrine touchant la foi et les moeurs« .

L’infaillibilité pontificale ne relève donc que des questions tocuhant « la foi et les moeurs », et ceseulement lorsqu’il s’exprime ex cathedra (c’est-à-dire en tant que Docteur suprême de l’Église et en engageant sa pleine autorité apostolique), et ce, en matière de foi et de morale. Ainsi le pape est infaillible lorsqu’il affirme le dogme de la Foi catholique, comme par exemple l’existence de Dieu Père/Fils/Esprit-Saint, où bien le fait que Jésus de Nazareth était bien le Christ, Fils de Dieu. En gros, le pape est infaillible lorsqu’il défend le contenu du Credo.

De même le pape est infaillible lorsqu’il affirme des principes touchant aux moeurs, notamment parce qu’il enracine son enseignement à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. C’est de là que viennent les prescriptions de l’Eglise, et en redisant ce que disent les écritures Saintes, le Pape ne peut qu’être infaillible. Ou alors il faut considérer que la Bible n’est pas un livre infaillible. Dans ce cas, c’est l’intégralité du monde judéo-chrétien qui s’effondre. Il faut choisir !

Toujours dans le n°25 de Lumen Gentium, à propos des évêques, on peut lire :

« … lorsque, même dispersés à travers le monde, mais gardant entre eux et avec le successeur de Pierre le lien de la communion, ils s’accordent pour enseigner authentiquement qu’une doctrine concernant la foi et les moeurs s’impose de manière absolue ; c’est la doctrine du Christ qu’infailliblement ils expriment alors. La chose est encore plus manifeste quand, dans le Concile oecuménique qui les rassemble, ils font acte de docteurs et de juges, aux définitions desquels il faut adhérer dans l’obéissance de la foi« .

Autrement dit : les évêques sont infaillibles DANS LEUR ENSEMBLE, et non individuellement, lorsqu’ils enseignent ENSEMBLE la même foi. Rappelons enfin que cela ne s’est produit qu’une seule fois depuis 1870, pour le dogme de l’Assomption de la Vierge Marie, proclamé par le pape Pie XII en1950, après consultation des évêques du monde entier.

 Intéressant de constater à quel point une telle puissance d’affirmation rentre en contradiction directe avec les grandes catégories de la destructuration à l’oeuvre aujourd’hui.

Démission de Benoit XVI : Un pape peut-il descendre de la Croix ?

13 mercredi Fév 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Benoit XVI fut un Pape de la réconciliation intérieure, un grand Pape – même si tous les papes sont « grands ». Reste qu’avec sa démission, on perd une certaine « mythique pontificale », une mystique de la souffrance, une indissolubilité de la responsabilité devant Dieu et devant les hommes.

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En perte de sens et de consistance, le monde contemporain avait besoin d’un intellectuel aussi profond que Benoit XVI, de sa patience et de son expertise théologale ; ce monde avait besoin de gestes incompréhensibles, d’axes forts, de sûreté, de confiance, de lumière, de ce quelque chose de stable et d’irréductible, qui résiste, au-delà de la vie et de la mort, de la faiblesse et de la vieillesse, de la force humaine et de la finitude temporelle.

Peut-on, en christianisme, parler de renonciation à autre chose qu’au péché et au mal ?

N’en déplaise au droit canon, qui accorde ce droit en cas de cas grave et qui parle de « renonciation » (dans le code de 1983) seul Dieu choisit la fin du pontificat, qui n’est pas un pouvoir humain. Peut-on, en christianisme, parler de renonciation à autre chose qu’au péché ? Comme l’a dit Stanislaw Dziwisz, le secrétaire personnel de Jean-Paul II : « Wojtyla est resté, il avait compris que l’on ne descend pas de la croix« .

« Où que tu ailles, quoi que tu fasses, partout et toujours, tu trouvera la Croix », dit l’Imitation de Jésus-Christ. Il ne faudrait pas que les papes futurs prennent cette habitude de quitter le navire quand les souffrances et les impossibilités pointent leur nez… C’est tout un sens de la finitude et de la limite à assumer qui était en jeu. Elle n’a, semble-t-il, pas été prise en compte. D’où la déception.

Ce n’était pas le moment de nous abandonner, Très Saint-Père… On ne vous aurait jamais abandonné, quoiqu’il nous en coûtât.

Le Carême et la pénitence. La vengeance du corps sur l’esprit.

07 jeudi Fév 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Religion

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Sur Itinerarium

Le 13 février, c’est l’entrée en Carême pour les chrétiens. Pas de battage médiatique, ni de paneaux lumineux dans les villes nous souhaitant un bon carême, ni même de fêtes dans les mairies offertes aux frais du contribuables, comme ce fut le cas pour le Ramadan des musulmans. Bref, le Carême passe (presque) inaperçu dans ce monde. Voilà une bonne raison de redoubler d’ardeur. Mais faut-il s’infliger réellement des pénitences, telles que le jeûne ou la sobriété ? Le Carême n’est-il pas seulement un « cheminement spirituel », qui laisse derrière ces pénitences moyenâgeuses ? Non. Nous ne sommes pas que des êtres spirituels. Nous cheminons ici-bas dans notre corps. Il doit donc s’allier à l’esprit. Prospectives pour un Carême corporel et phénoménologique.  

   Nous connaissons la distinction classique entre la chair (le corps vécu et vivant, « spiritualisé ») et le corps (matériel, dur, malade, lourd). En faisant porter le poids de la vie sur le corps (par le jeûne, les restrictions ou les pénitences), la période du Carême que nous vivons en ce moment permet une ré-évaluation en profondeur de la prédominance actuelle de la chair sur le corps ; le Carême consacre la vengeance du corps sur la chair.

   En effet, aujourd’hui la chair a vaincu : délectation et empathie sont les maitres mots de ce monde – tout s’accélère et se spiritualise. Le corps, les réquisits vitaux qu’il nous impose et les différences qu’il nous fait voir – puisque le corps est extériorité[1], est oublié dans cette accélération. Nous spiritualisons les rapports sociaux dans l’empathie de la chair et nous spiritualisons le rapport à notre propre concupiscence dans la délectation charnelle.

Délectation – Certes tous ont une chair pour jouir de la consommation des biens et de la délectation des choses de ce monde, pour sentir l’air chaud de la plage en vacance ou le nappage d’un bon vin en terrasse. Mais le corps, une fois de plus, est oublié dans cette course à la délectation. Le corps, en tant qu’il réifie les vécus de la chair dans l’extériorité du monde (le corps empirique est une chose parmi les choses), évite l’écueil « sentimentaliste », et nous redécouvre non pas comme un « je peux » indistinct et perdu devant ce que, justement, il peut, mais comme un étant constitué de viande objectivée dans le monde avec les limites et les dangers que cela comporte (par exemple le fait que le corps est toujours exposé à n’importe quelle Gestell technico-scientifique).

Empathie – De même : oui tous ont une chair, mais nul n’a le même corps. Vouloir trop « vivre » l’autre sous le mode de l’empathie, c’est détruire à la fois l’autre et se détruire soi-même dans l’autre. Spiritualiser les différences dans le cum-sentire ou le sum-pathos de la chair, c’est oublier son propre corps. Avec l’oubli du corps, il y a l’oubli de ce que nous sommes et de ce que nous ne sommes pas, il y a l’oubli de l’usage des yeux pour voir que l’autre a un corps autre, jusqu’à l’oubli du fait que l’autre a toujours un visage singulier et différent[2].

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Le corps en tant que corps, tel qu’il est rappelé par les pénitences du temps de Carême, est exacerbation de nos limites d’êtres incarnés. Plus que tout, par sa mise en lumière du corporel, le jeûne de Carême permet de lutter contre la spiritualisation empathique de la chair. Voilà d’ailleurs pourquoi les pénitences de Carême doivent obligatoirement êtres corporelles[3].

Le jeûne de Carême remet en lumière la finitude, les singularités et les aspérités de notre condition terrestre ; il nous redécouvre comme incarnés. Incarnés dans notre finitude et dans notre faiblesse, mais aussi dans ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas (sens de la limite). Par le jeûne, et grâce au regard qu’il nous fait tourner vers le corps, nous redécouvrons le sens de ladifférence (de visage, de posture, de culture), le sens de la frontière (c’est-à-dire le fait que le fini est inhérent à tout ce qui est) et le sens de l’identité (ce qui fait d’une vague souffrance empathique, celle de l’autre en général, ma souffrance, celle de mon corps qui a faim). Le jeûne nous délivre le corps en nous délivrant de la chair (et non l’inverse), nous livrant tout ce qui s’en suit, finitude, frontière, consistance du corps, différence, concrétude, et cætera.

C’est pourquoi le Carême, en plus de son importance religieuse, a une importance phénoménologique : par lui nous redécouvrons que ce n’est pas l’autre qui fait la finitude, mais que c’est la finitude qui fait qu’il y a autre (redécouverte de la consistance et de l’autonomie du fini), et que ce n’est pas la vie qui requiert mon corps, mais que c’est le corps qui requiert la vie (redécouverte de la vie comme entéléchie première d’un corps organisé[4]).

L’inversion de l’ordre des rapports constitue la nouvelle tâche du phénoménologue et du chrétien : redécouvrir la finitude du corps et sa consistance véritable pour le premier et s’appliquer à faire contrepoids à la spiritualisation fautive de l’existence pour le second. Quant à celui qui est – par incroyable – phénoménologue et chrétien, on ne saurait trop recommander de ne plus pratiquer son corps mais, dorénavant, de pratiquer comme corps.


[1] Michel Henry, C’est moi la Vérité, p. 9

[2] C’est la question qui se pose et qui s’est posé à propos des fameuses descriptions Levinas : quel est le visage dont il parle ? Il ne parle jamais en effet de tel visage singulier, mais du visage en général. Ne décrit-il pas un visage commun, universel, sans singularités, un visage sans face, et, in fine, un visage sans corps ?

[3] L’Eglise catholique demande aux fidèles de jeûner au minimum les jours du mercredi des Cendres et du Vendredi saint (le jeûne consiste à limiter la prise de nourriture à un seul repas maigre au cours de la journée et une collation). Droit canon 1251 ; 1252 ; 97, § 1 et 203, § 2.

[4] Aristote, De Anima, II, 1, 412 b 27

Retour sur l’entretien donné à la radio sur la religion de Vincent Peillon

04 lundi Fév 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Sur Kernews

Les auditeurs de Kernews ont été nombreux à réagir en écoutant l’entretien avec Vivien Hoch diffusé le 8 janvier dernier. En effet, le CERU (Centre d’études et de recherches universitaire) a fait paraître des travaux passionnants sur Vincent Peillon. À partir de deux ouvrages publiés récemment par ce dernier («Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson», Le Seuil, 2010 et «La Révolution française n’est pas terminée», Le Seuil, 2008), l’auteur de cette étude, Vivien Hoch, chercheur en philosophie, analyse les fondements sur lesquels se base le ministre de l’Education nationale pour construire et concrétiser sa vision de la laïcité et de l’école républicaine. Il ressort de cette analyse que pour Vincent Peillon, l’école doit être capable de concurrencer les religions et les traditions. Selon le ministre, qui s’inscrit dans la lignée de Ferdinand Buisson, la laïcité est «un principe de tolérance certes, mais plus encore de philosophie positive, c’est aussi une religion». Paradoxalement, la laïcité devient même «la religion de toutes les religions, de toutes les confessions, la religion universelle». Le projet consiste alors «à forger une religion qui soit non seulement plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force et de séduction, de persuasion que lui». Pour parvenir à imposer cette nouvelle approche, l’école doit jouer un rôle stratégique et politique. Cette étude révèle également que selon Vincent Peillon, République et socialisme sont fondamentalement synonymes. Pour lui, l’histoire débute avec la Révolution française et converge, selon le fameux sens de l’histoire, vers sa propre construction idéologique de la réalité : tant que celle-ci résiste à l’idée socialiste, la révolution reste «inachevée». Lien vers le site du CERU

 

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Extraits de l’entretien

Kernews : Votre étude démontre que le concept de laïcité est poussé à un tel niveau par Vincent Peillon, qu’il l’érige en véritable religion, avec ses excès, ses dogmes et ses interdits…

 

Vivien Hoch : Quand on a lu toute l’œuvre de Vincent Peillon, on n’est pas du tout étonné par ses propos, car c’est un vrai idéologue. C’est quelqu’un qui a une logique de pensée très profonde et l’on comprend tout à fait pourquoi il s’oppose autant aux catholiques et à l’enseignement privé. Nous nous sommes basés sur ses écrits et il a des citations assez inquiétantes pour quelqu’un qui peut être catholique, ou d’une autre religion, car il développe l’idée de la République comme une religion qui s’oppose aux religions traditionnelles. Par exemple, la République est égale au socialisme et la République doit être plus prégnante et plus intéressante que les religions traditionnelles. La République doit même remplacer les religions traditionnelles. On comprend donc pourquoi les enfants doivent être scolarisés le plus tôt possible ! Il se situe dans la lignée d’un État quasiment totalitaire qui voudrait prendre en main l’intégralité de l’éducation des jeunes Français.

La République est un mode d’organisation au sein duquel les religions trouvent chacune leur espace, tout en restant dans la sphère privée. Or, votre étude démontre que la République doit s’immiscer dans la sphère privée et même prendre la place des religions…

C’est exact et elle va y entrer par l’éducation. La religion laïque est à ses yeux une religion de substitution. C’est quelqu’un qui est rempli de convictions. Il a un vrai projet pour la société, un projet qui porte en lui des germes de totalitarisme. Par exemple, il affirme que République et socialisme sont inséparables, c’est très dangereux pour les opinions divergentes. Son image lisse cache un véritable monstre idéologue.

Ne revient-il pas finalement aux fondamentaux de la construction de notre échiquier politique, c’est-à-dire celui issu du clivage de la Révolution française ?

La Révolution française n’est toujours pas achevée pour Vincent Peillon. Son idéal progressiste est justement d’achever cette révolution. Cette dichotomie vient plutôt du XIXème siècle, il s’oppose encore au libéralisme tel qu’il était au XIXème siècle.

Peut-on parler de haine à l’égard des religions et des traditions ?

Je ne pense pas que l’on puisse parler de haine, ni même de cathophobie parce que, dans son idée, la République socialiste se situe dans la poursuite des valeurs chrétiennes. Le christianisme doit devenir une République socialiste. Le christianisme n’est qu’un moment de l’histoire qui doit parvenir nécessairement à la République socialiste. Donc, les religions ne vont pas tarder à disparaître. C’est peut-être finalement pire que de la haine… La haine reconnaît son adversaire, même méchamment, alors qu’il est dans une conviction que l’histoire va aller nécessairement vers ses propres idées : les catholiques ne sont plus qu’un moment de l’histoire et ils sont donc destinés à disparaître.

Vous faites référence à une lettre adressée aux recteurs, dans laquelle il leur demande de «s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités…»

C’est très inquiétant ! Le but de Vincent Peillon, qui ne s’en cache pas dans ses livres, c’est que l’enseignement catholique soit totalement contrôlé par l’État. La République socialiste est aussi une religion, il faut bien comprendre cela : elle a donc aussi ses tables de la loi, ses prophètes, ses prêtres et ses dogmes qui doivent être enseignés dans tout le système éducatif, y compris dans le privé. Lorsque Najat Belkacem est allée enseigner le mariage homosexuel dans les écoles, cela n’a posé aucun problème à Vincent Peillon, puisque les écoles sont les lieux où l’on doit créer les futurs électeurs socialistes… Donc, on les formate à la pensée unique, républicaine et socialiste. Cette lettre aux recteurs de Vincent Peillon est très inquiétante, car elle porte un germe de totalitarisme.

Dans ce travail de sémantique, il y a aussi la diabolisation, puisque Vincent Peillon accuse tous ceux qui ne seraient pas sur sa ligne d’être proches des forces contre-révolutionnaires, réactionnaires et rétrogrades. Ce sont des termes très durs…

Celui qui s’oppose à l’histoire inéluctable, celle qui avance vers la République socialiste, est impur, il est rétrograde… Ce sont les mots mêmes de Vincent Peillon. Lorsque l’histoire avance à grands pas, Vincent Peillon est aux commandes et tous ceux qui s’opposent à cette avancée sont impurs. Nous sommes quasiment dans une chasse aux sorcières ! Tout cela est de l’ordre de l’Inquisition, avec une nouvelle religion qui a ses dogmes et sa propre histoire…

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