Attention à la morale laïque !

Sur itinerarium.fr

Qu’on se le dise, la « morale laïque » que nous a promis Vincent Peillon est un danger pour la liberté de chacun, et notamment pour la liberté religieuse et familliale. Elle prend une place très importante dans un dispositif idéologique qui vise à se substituer totalement aux religions.

Sous couvert de « protéger » les enfants de leurs ancrages familliaux et traditionnel (« La laï­cité, c’est très dif­fi­cile pour nos ensei­gnants aujourd’hui et je n’accepterai pas que, dans l’école, des enfants puissent refu­ser qu’on leur enseigne des théo­ries scien­ti­fiques au nom et au pré­texte d’engagements pri­vés et reli­gieux. C’est inac­cep­table« ), Vincent Peillon propose en fait une socialisation idéologique de la société toute entière à laquelle il faut rester extrêmement attentifs.

« C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin »

Dans la continuité de Jean JaurèsVincent Peillon considère que le problème moral et religieux, inhérent à chaque société humaine, « C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin »[1]. Et « cette idée de la République se refuse à séparer la morale de la politique »[2]. Voilà pourquoi Vincent Peillon tente de récupérer l’idée de « morale laïque », qui permet une éducation « spiritualiste, libérale et religieuse »[3]. Sur ce point, il peut peux être plus clair : la « morale laïque » enseignée à l’école républicaine « est aussi  un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste »[4].

Quelle pédagogie est mise en œuvre pour satisfaire à cette instrumentalisation ? Il y a un « « infini flottant » dans l’âme de l’enfant », et l’éducation « se fixe pour tâche de lui donner une forme »[5]. Donner une forme à une matière, selon pédagogie aristotélicienne, suppose que la matière préalable – « l’âme de l’enfant » – soit informe, c’est-à-dire sans ancrages familiaux, traditionnels, religieux. La famille qui confie son enfant à l’école de la République doit tout attendre de cette dernière, car il n’y a rien de pré-étatique.

La morale laïque est au service du socialisme

L’école républicaine et laïque ne doit certes pas « comprimer les aspirations religieuses de l’âme humain »[6], mais bien les orienter vers une révolution morale et une révolution matérielle, tout « en mettant la seconde au service de la première »[7], pour correspondre au matérialisme immanent de ce « nouveau monde ».

Soyons extrêmement prudents et attentifs !

Je remercie Causeur et son rédacteur en chef adjoint Jean-Michel Leroy de nous avoir gratifié d’un débat très intéressant autour de ces questions : Avec mon intervention : M. Peillon, que cache votre « morale laïque » ?, la réponse de M. Leroy : Bon pour la morale et ma réponse : Non à la morale laïque !

Mariage gay, lobbys, médias, molesse gouvernementale : vous n’en pouvez plus ? Il ne fallait pas voter à gauche…

Sur itinerarium.fr et Union Républicaine

Ce pays s’enfonce dans la crise à tous les étages. Il n’y a pas que l’UMP qui sombre ; c’est tout le pays qui sombre, et avec lui, l’Europe et une certaine idée du monde occidental, libre et universaliste, démocratique par-dessous, où la politique n’est pas dictée par les corps intermediaires (lobbys, médias) qui ont  la mainmise absolue sur le gouvernement.

Au nom des valeurs évangéliques que sont l’égalité et la fraternité, marques déposées par la gauche socialiste, et sous brevet immuable, vous êtes catholique, vous avez voté à gauche ; une simple question pour vous : vous êtes conscient maintenant de ce que vous avez fait ?

Vous qui succombiez, en mai 2012, devant les gros yeux de la presse qui vous dépaignaient un Sarkozy raciste, nazi et fasciste, identitaire et patriote (beurk), inféodé à la finance et massacreur de pauvres ; une simple question : êtes-vous conscient, maintenant, de la manipulation ?

Les mous du genou, centristes, peureux, bienpensants,  non encartés et se croyant libres, mais aussi frontistes de près ou de loin, réactionnaires, malencontreux, mal informés du bilan de Sarkzoy, des enjeux et des défis, des tenants et des aboutissants, ou plutôt désinformés, vous voilà devant vos responsabilités. La gauche socaliste, alliée tranquillement et tout naturellement à l’extrême gauche sans que cela ne gène quiconque, est en train de mettre à genou tout ce qui pouvait encore faire tenir la France debout, avec des méthodes staliniennes même pas modernisées, exactement les mêmes, mais inversées : car ce n’est plus le gouvernement qui contrôle les médias et les lobby ou autres syndicats, mais bien l’inverse : ce sont ces derniers qui commande dans la France de Hollande et cie. Les choses sont assez claires.

Lorsque des élus et ministres de gauche appellent à la dissolution à tout va de ce qui ne leur plaît pas (Génération identitaire, Civitas), taxent d’homophobes ceux qui s’opposent à leurs lois débiles (du latin debilis,  »bonne à rien »), ne font pas jouer la démocratie sur ce point, sur-subventionnent tous les corps intermédiaries qui vont dans leur sens, et notamment les médias dans leur extrême majorité à gauche, voir à l’extrême gauche.

Aujourd’hui, on insulte publiquement – et tranquillement – des évêques ou des personnalités ecclesiastiques, Mgr Aillet iciMgr Jacquin ici, au nom de l’égalité et de la sexualité-pour-tous-et-n-importe-comment ; on subventionne des associations qui vous insulte ou comettent des actions illégales, tel Actup, qui a reçu de la mairie de Paris plus de 65 000 € en 2011 et de 35 000 € pour 2012 ; etc. etc. On a clairement passé un cap. 

Une solution philosophique pour se mettre d’accord à l’UMP

Sur itinerarium.fr 

Dans la situation actuelle de l’UMP, se mettre d’accord est devenu vital. Non plus seulement sur une résolution définitive du conflit – ce à quoi il faudra bien aboutir un jour – mais sur la manière d’y parvenir. La philosophie peut fournir une aide précieuse…

Fillon et Copé

Une réconcilitation entre Fillon et Copé est-elle possible ?

«Être d’accord» s’exprime par le grec « ὁμόλογος », homo-logos, c’est-à-dire : dire (logos) le même (homo). « Dire le même », ou « dire la même chose » voilà justement ce qui manque dans une situation de conflit, caractérisée par le fait que les deux parties prenantes du conflit ne disent pas la même chose à propos d’une même chose.

Il manque évidemment le fait de dire la même chose, alors que c’est bien souvent la même chose que veulent les parties prenantes du conflit. Il y a donc un écart de discours à propos d’une même chose voulue, et là se situe le coeur du problème, et donc de la possibilité de résolution.

Les termes médiatiques utilisés pour qualifier cette situation sont ceux de «posture», d’«éléments de langage», de «guerre des égos», pour démontrer que c’est bien un conflit sur le commentplutôt que sur pourquoi. Pourquoi entrer en conflit ? Pour exactement la même chose dans les deux camps.

Deux solutions alors :

  • soit l’un des deux camps se rétracte et accepte de ne plus vouloir la même chose que l’autre, laissant donc l’autre s’en emparer (F. Fillon, en avouant refuser la présidence du parti, n’est pas allé jusqu’au bout, en refusant que l’autre s’empare de ce que pourtant il avait écarté) – situation de guerre, vainqueur/vaincu.
  • soit les différentes postures entrent dans une véritable relation dialogique, et instaurent un nouveau sens en commun ; elles changent les règles, innovent, inventent une nouvelle situation à partir de la situation bloquée, imaginent de nouvelles formes, du type – double présidence, présidence partagée, pas de présidence, etc.

Les conditions de possibilité d’une relation dialogique consistent à ne pas parler de soi à l’autre(«je veux ceci», «je le veux de cette manière», etc.) ni de l’autre à partir de soi («c’est l’attitude de l’autre qui est fautive», «c’est l’autre qui ne veut pas écouter», etc.), mais parler uniquement de ce qui «réuni» les parties prenantes du conflit, à savoir de ce que les deux veulent, en l’occurrence la présidence du parti, afin de créer des conditions nouvelles.

Ou lorsque le politique doit se faire créateur de sens, et corrélativement, raisonnable.

Sur la vie contemplative de François Hollande

Sur Nouvelles de France 

Où est le changement annoncé avec l’élection de François Hollande ? Le voir chuter dans les sondages prouve peut-être l’invisiblité de ce changement. Aristote distinguait lechangement, non perceptible, du mouvement, qui est, lui, perceptible. Ce qui pourrait aller dans le sens de « l’action » de Hollande : il y a bien du changement, mais on ne le voit pas. De fait, c’est plutôt le passage du mouvement au non-mouvement, du changement invisible dont on proclame qu’il est effectif, au changement. Voilà le vrai changement.

De commissions en concertations, de concertations en commissions, le changement est lancinant, et il correspond exactement à la cosmologie grecque : un univers figé et ultra-déterminé, contre lequel nul ne peut lutter. Cet univers fixe et rigide, c’est celui de ses amis ultra-progressistes, qui arrivent à faire passer leurs idées pour des révolutions en acte. Ce qui se présente ainsi comme un progressisme, un en-avant civilisationnel, une destruction des vieilles idoles réactionnaires, est en fait un changement rigide correspondant en tous points à l’idéologie cosmologique qui a de tout temps été le cadre de pensée du socialisme : la vie plate et immanente d’un individu sans visage figé dans l’horizon égalitaire du Même, éternel retour des mêmes dialectiques de classes sociales et de civilisations, collectivité morte qui dévore les âmes en les nourrissant de faux espoirs.

(Suite…)

Charlie Hebdo, la christianophobie ne paye plus

Sur itinerarium.fr

J’ai mis l’illustration en grand pour que l’on puisse contempler facilement la spiritualité formidable permise par notre Constitution. Mais la cathophobie ne paye plus beaucoup – ça devient beaucoup trop classique et banal. La christianophobie ne paye plus. Pas d’indignation politique, médiatique, comme le rappelle le Salon Beige. Pas d’incendie ou de manifestations. Bref, un blasphème qui passe totalement inaperçu dans une société largement habituée à la christianophobie.  

En Europe, une société sans Dieu, l’idée d’un « religieusement correct » ne serait pas un mal, si cela est bien compris et appliqué. La parole n’est pas contrôlée dans nos sociétés, et la religion – disons tout de go l’Eglise catholique –  est bafouée en permanence sur les réseaux sociaux, dans la publicité ou  l’ironie omniprésente (comme le rappelle le radar cathophobe sur Twitter); et souvent avec l’argent des contribuables (voir Sur le concept du Fils de Dieu, Piss Christ, Inquisito, et bientôt  Ainsi soient-ils). Un peu de mesure et de dignité dans ce flot ininterrompu de parole ne serait pas totalement néfaste.

Mais qu’en est-il aujourd’hui du blasphème, de la parole impie ? Le blasphème, lui aussi, s’est « laïcisé ». La relation entre le blasphémateur et l’objet du blasphème, elle qui était verticale (blasphémateur/Dieu) s’est horizontalisée : elle oppose celui qui exerce son droit à la liberté d’expression à celui qui est bafoué. Le blasphème attaque dorénavant le groupe de croyant, voir l’ethnie, plutôt que Dieu ou le sacré. Or c’est une méprise profonde sur le sens même du blasphème, qui bafoue Dieu lui-même. De fait, un blasphémateur ne peut être qu’un croyant qui offense son Dieu.

Mais ne l’oublions pas : de fait, c’est chez certains croyants que se perpétuent les plus énormes blasphèmes.

Indigestion de foie gras en Europe ?

Sur Boulevard Voltaire 

La nouvelle idée géniale des députés européens consiste à mettre fin à « la torture de millions de canards et d’oies », cette « pratique immonde et barbare » qui ne saurait exister dans des contrées européennes aussi développées et bienveillantes envers les animaux. Même si le secteur — fer de lance de la qualité des terroirs et de la tradition culinaire française — emploie 35 000 personnes en France, et que les experts démontrent que le gavage des oies est un phénomène naturel pour ces espèces d’oiseaux migrateurs qui stockent de la graisse pour parcourir leur migration…

À défaut de protéger les citoyens de la montée de la violence, des clivages et du communautarisme, ou de proposer une économie respectueuse de la tradition et des terroirs de nos pays, voilà que les idéologues bureaucrates de Bruxelles s’attaquent aux libertés fondamentales et tentent de s’ingérer jusque dans les assiettes des consommateurs français. Cette lutte, menée par les producteurs de foie gras contre la bureaucratie européenne, peut rapidement devenir le symbole d’une ingérence absconse dans la vie des peuples français.

Seulement cinq pays de l’UE (Belgique, Bulgarie, Espagne, France et Hongrie) produisent actuellement du foie gras. Le meilleur étant évidemment celui des terroirs français… Le saviez-vous ? La pratique du gavage des oies remonte à l’Egypte ancienne, soit il y a plus de 4 500 ans, bien avant l’ENA ou le lobby pro-animal. Nul doute que le Jecur ficatum — foie gras aux figues — de nos ancêtres gallo-romains du IVe siècle, avaient une toute autre saveur que les gélules prémâchées de nos compléments alimentaires ou la pizza que l’on commande au réveillon… Le foie gras, sa technique de production, sa maturation et son symbolisme festif ne saurait plier devant certains lobbys ou bureaucrates plus à même de penser aux bien des Autres — car l’Autre est d’or et déjà aussi l’animal — qu’au bien multiséculaire d’une patrie… D’ailleurs, la référence de ces eurodéputés à la Californie, qui avait interdit sous Schwarzenegger la commercialisation du foie gras, est de toute mauvaise foi ; depuis quand le foie gras américain est-il une marque de fabrique de la Californie ? D’autres mœurs, et de puissants lobbys…

Mais rassurez-vous. Depuis que le foie gras s’est lui aussi multiculturalisé — avez-vous goûté l’excellent foie gras hallal de Labeyrie ? — vouloir supprimer ce fer de lance de l’intégration pourra sûrement bientôt être taxé d’ « islamophobe ». Sur le même thème, on attend encore que l’ONG Animal Equality et nos chers eurodéputés verts mettent fin à une vraie pratique barbare qui tend à se massifier en Europe par les temps qui courent : la mise à mort des bêtes par égorgement sans anesthésie….

L’Eglise catholique exige immédiatement la légalisation… de l’amour !

L’Eglise catholique, sa hiérarchie pyramidale, son histoire impressionnante, ses règles de vie, ses moeurs puritaines, ses exigences catalogales…  en quoi répond-t-elle à l’amour librement vécu, seul commandement évangélique ? Dilige et quod vis fac, disait saint Augustin : aime et fais ce que tu veux. Justement…

Copyright Vivien Hoch

Il est de bon ton aujourd’hui de décrier la morale et de se faire sa religion à la carte, dépouillée de ses règles obligeantes afin de se libérer des «carcans» moyenâgeux et démodés. La révolution (des moeurs, et de l’Eglise) est passée par là ! Rien cependant n’enlève à la saveur de l’obligation. Le Cardinal Vingt-Trois rappelait récemment au cours d’ordination à Notre-Dame de Paris à quel point il est impensable aujourd’hui de s’astreindre à l’obéissance, la pauvreté et la chasteté. Et pourtant, qu’il est doux de ne plus être soi-même le centre de ses attentions, et d’aimer véritablement – ad extra, l’autre comme tel, pour l’Autre avec une majuscule, Dieu.

L’amour procède de cette dépossession de soi, qui, comme par un retournement elliptique, revient à soi embelli par le non-soi, c’est-à-dire le tout, celui de l’autre et de Dieu. Or une dépossession est un don, et le don doit se faire en règle. Régler sa dette, non par parce qu’il le faut, mais parce que l’aimé le mérite, auto-justifié qu’il est par son amabilité. Une obligation à mesure de l’aimé, qui veut donc que l’obligation soit infinie si l’aimé est infini…

Mais si j’aime Dieu, pourquoi toutes ces ordonnances ? Il est évidemment ridicule d’obliger quelqu’un à aimer. Il ne s’agit pas d’obliger à aimer, mais de s’obliger par amour. De même que la loi, en Dieu, est « nec eius lec est aliud ab ispo – n’est autre chose que son être qui est amour» (Thomas d’Aquin, Somme de théologie, Ia IIae, qu. 91, art. 1, ad. 3), la loi s’auto-justifie par le caractère d’être-aimant de l’aimant.

Nul doute qu’en présence de l’aimé, aucun écart n’est permis. Devant la femme de notre vie, aux premières heures de sa rencontre ou aux dernières de sa mort, durant les relations épistolaires (ou sms-iques) ou encore en diner galant, chaque geste s’auto-mesure : nous contrôlons patiemment chaque phrase et chaque posture. Ou l’aimée ne l’est pas vraiment. Il en est évidemment de même avec Dieu, et ces gestes maladroits – le péché – restent à éviter. Saint Thomas d’Aquin définissait l’obligation ab negatio, comme par le mal qu’il faut éviter :

«Hoc est obligare, scilicet astringere voluntatem ut non possit sine deformitatis nocumento in aliud tendere» (II Sentences 34, qu. 3, art. 3)

L’amour oblige, et l’obligation vient de l’amour. Ces postures amoureuses, cette volonté droite devant Dieu, voilà ce que les Pères et les Docteurs, mais aussi tous les saints et chaque fidèle amoureux, proclament ici-bas et dans l’Univers invisible à qui veut l’entendre – en prière. Un discours silencieux et invisible au monde s’est amassé, véritable trésor doctrinal  dont seul leMagistère détient les clefs du coffre, quel qu’il soit, aussi humain qu’il soit – c’est lui qui en possède la charge.

Nouvelle Evangélisation ? – ré-apprendre à légaliser l’amour… 

Un dernier mot. L’attraction contemporaine pour l’islam, qui est une véritable organisation pharisaïque de règles de vies, répond à cette recherche de stabilité au coeur d’une société caractérisée par l’instabilité. L’amour seul, libre mais patient, puissant mais mesuré, doit tout à la fois faire l’objet et être le principe de notre tenue en ce monde. Exactement celle que proposel’Eglise

Vivien Hoch

Le patriotisme universel de Fichte (1762 – 1814) – un modèle pour notre temps

Étiquettes

, ,

Sur itinerarium.fr 

Le nationalisme est aujourd’hui une idée « nauséabonde » pour beaucoup. Il fait ressurgir toute la mythologie qui entoure les guerres mondiales, la clôture sur soi et la discrimination de l’étranger. Pourtant le nationalisme est une idée philosophique puissante qui a pu se prévaloir de la promotion de l’universalisme et du cosmopolitisme. Exemple avec un des philosophes les plus brillants du Siècle des Lumières : Fichte, qui déploie l’idée que les germes d’un monde meilleur ne peuvent se développer d’abord et avant tout que dans une nation forte et fidèle à ses principes.

Lire la suite

François Fillon a depuis longtemps l’étoffe d’un chef !

Sur le blog de François Fillon

Qu’on se le dise : François Fillon ne s’est pas « métamorphosé » en chef de guerre, comme on peut le lire dans un portrait qui lui est consacré par le Figaro Magazine de ce week-end, il possède depuis longtemps la carrure d’un chef et sa longue expérience de fonctions dirigeantes lui en confère les compétences.

« Le voilà champion de la droite. Et même l’homme politique le plus populaire de France, selon le dernier baromètre Ipsos  », peut-on lire aussi dans le dernier numéro de Challenges.

L’homme politique le plus populaire de France est sans doute celui qui sait allier sagesse et leadership comme aucune personnalité politique ne sait le faire. Voilà de quoi désorienter les commentateurs, qui n’ont que très rarement à faire avec ce genre de physionomie politique calme, mesurée, déterminée et d’un pragmatisme à toute épreuve.

Son parcours politique est celui d’un jeune militant qui gravit une à une les marches de l’ascension politique : conseiller municipal, député, maire, président de conseil général, président de conseil régional, ministre, Premier ministre…

Un « cursus honorum » (Challenge) de premier plan et des fonctions dirigeantes exercées à presque tous les étages qui démontrent largement que François Fillon n’a pas attendu cette campagne pour la présidence de l’UMP pour révéler ses qualités de dirigeant.

Sa longévité exceptionnelle au poste de Premier ministre et de chef de la majorité, qu’il a tenue avec autorité et respect, le sang-froid dont il a fait preuve au cours d’une des pires crises que nous ayons connues, ont contribué à forger une stature d’homme d’Etat.

Une carrure de chef ? Elle ne s’acquière qu’avec des preuves, et les preuves sont largement données !

Commander ? Comme l’écrit le magazine Challenges, « il y pense depuis longtemps ».

Il en a surtout l’étoffe. Habité par le sens de l’intérêt général, François Fillon a l’ambition de la mettre au service de notre mouvement et de la France.

« Retraites, universités, recherche, technologies, flexibilité, 35 heures, dialogue social… Tous les fondamentaux de son programme pour la présidence de l’UMP étaient déjà dans son livre La France peut supporter la vérité, publié en 2006. Ce qui a changé chez François Fillon, c’est le sentiment d’urgence.

Bonaparte premier consul prétendait que le seul crime en politique consistait à avoir des ambitions plus hautes que ses capacités. Dans cette course à la présidence de l’UMP, s’il en est un qui a bien toutes les capacités de ses ambitions, c’est François Fillon !

Quand un autre homme d’Etat de la droite affirme que François Fillon « incarne l’autorité naturelle », c’est aussi une autre façon de dire qu’il est devenu le « leader naturel » de la droite.

Les trentenaires pour François Fillon

Les 50 ans de Vatican II : Benoit XVI ou les ambivalences du Concile

Sur itinerarium.fr

Après avoir affirmé que la « tiédeur affaidi le christianisme » et que « la foi doit parler d’une façon plus incisive, sans faire de compromis », c’est un Pape combattant qui vient de célébrer les 50 ans du Concile Vatican II, et qui vient de prendre à rebours de nombreux errements post-conciliaires, ainsi qu’un certain christianisme mou et consensuel…

Le Concile de Vatican II constitue indéniablement une révolution dans l’Eglise catholique. Mais la révolution demeure clairement inachevée. C’est même une réinterprétation globale du Concile qui doit avoir lieu. En Europe, le recul de la pratique, de la foi chrétienne, en nos pays de vieille chrétienté, la montée de l’indifférentisme ou la crise des vocations sont des signes croissants des errements post-conciliaires. Nul mieux que Benoit XVI, qui vient d’ouvrir les festivités, ne le sait.

Benoit XVI, qui a célébré aujourd’hui une messe pour les 50 ans du Concile de Vatican II, n’a pas oublié de rappeler que son interprétation n’en était guère finie, pointant de fait les errements post-conciliaires des églises, desquels l’église française a pris une bonne part… L’« herméneutique inachevée de Vatican II » requiert son accomplissement.

 D’une part en « retournant aux documents du concile Vatican II, en les libérant de la masse de publications qui les ont souvent cachés au lieu de les faire connaître. », c’est-à-dire toutes les publications annexes qui ont voulu s’emparer de l’esprit du Concile et l’orienter vers leurs propres desseins, afin de le « politiser » et de le « dénaturer » dans leur sens – souvent très progressiste et de gauche… D’où les réactions internes parfois violentes des « traditionnalistes », parfois leur exclusion (FSSPX) et la politique de rassemblement entreprise par le pontificat en place. La « génération Benoit XVI » n’est pas plus conservatrice qu’une autre ; elle appelle elle aussi à une « juste lecture du Concile ».

 D’autre part, il s’agit d’ouvrir une nouvelle interprétation du concile avec le synode de la « nouvelle évangélisation » qui vient de s’ouvrir au Vatican pour l’occasion. Pourquoi « nouvelle » évangélisation, s’il y en avait déjà une ? L’évangélisation classique tend à véhiculer le message de l’Evangile à ceux qui ne l’ont pas encore reçu, c’est la missio ad gentes, « c’est-à-dire l’annonce de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas encore Jésus Christ et son message de salut » et, d’autre part, la nouvelle évangélisation, « orientée principalement vers les personnes qui, tout en étant baptisées, se sont éloignées de l’Église, et vivent sans se référer à la pratique chrétienne. ». Et c’est particulièrement le cas en Europe…

Conscient du caractère séculier du Concile, le saint Père veut « rappeler combien les documents de ce Concile sont pour notre temps une boussole qui permet à l’Église d’avancer en haute mer, au milieu des tempêtes pour naviguer en sûreté et arriver au but ». La prise en compte de la séculatisation de la foi fut effectivement un des plus grand acquis du Concile ; il n’en reste pas moins que le « but », lui, est surnaturel. Cela, le Saint-Père n’a de cesse de le rappeler. Que l’Eglise rentre en dialogue le monde, voilà qui est honorable ; mais le Saint-Père rappelle combien être en dialogue avec le monde ne veut pas dire être « comme le monde », et il est impossible d’en venir jusqu’à séculariser les grands principes du christianisme : « lorsque la foi en Dieu est absente, l’essentiel s’écroule parce que l’homme perd sa dignité profonde et ce qui fait la grandeur de son humanité, contre tout réductionnisme. ». Ainsi la charité ne peut se réduire à simple « fraternité », ou encore l’espérance en l’espoir d’une société parfaite ici-bas. C’est pourquoi le Saint-Père insiste sur le fait que la réception du Concile doit « garder intacts tous les contenus pérennes de la foi sans renoncer à rien ni faire de compromis. ».

La difficile articulation des difficultés du temps présent et le contenu intemporel constitue tout le défi de Benoit XVI et de l’Eglise catholique. Ce fut aussi le défi du Concile Vatican II il y a cinquante ans. Les défis se suivent et se ressemblent. Difficile ambivalence, inscrite chez les chrétiens depuis la mort d’un certain Jésus de Nazareth.