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Débat sur le Hellfest
19 jeudi Juin 2014
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19 jeudi Juin 2014
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01 dimanche Juin 2014
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#SaveMeriam, André Chénier, chrétienté, chrétienté-solidarité, Hoch, Meriam, Pasteur Saïd, Save Meriam, Soudan, vivien, Vivien Hoch
31 samedi Mai 2014
Posted in Philosophie, Politique
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commission, De Gaulle, Europe, Jan Patocka, l’Europe, le Français, le Tchèque, Patocka, Platon, UE, Vivien Hoch
L’Europe et le gros animal de Platon, par Vivien Hoch, sur Les 4 Vérités
On racontait en Europe centrale l’histoire de trois écrivains de nationalités différentes, soumis à la rédaction d’un livre sur les éléphants : l’Allemand écrivait une énorme somme de 5 livres sur le concept d’éléphants, le Français, une pièce badine sur les éléphants et l’amour, enfin, le Tchèque, un essai tragique sur « les éléphants et la question Tchèque ».
Ceci nous pas pour remarquer que Prague est une ville où il fleure bien plus ce que nous aimons de l’Europe que l’extrême majorité des quartiers de Paris, ce qui pourrait constituer un éclairage certain sur la question européenne.
Ceci pour introduire au philosophe Tchèque Jan Patocka, grand penseur de l’Europe, grand pourfendeur du communisme, grand martyr tombé sous les coups de la police politique socialiste de l’époque. Ses Essais hérétiques sur l’histoire, ses séminaires clandestins de philosophie rassemblés sous le titre L’Europe après l’Europe et surtout son immense Platon et l’Europe sont des mines de renseignement sur le destin spirituel de l’Europe.
Pourquoi « Platon et l’Europe » ? Parce qu’il y a quelque chose de platonicien dans la civilisation européenne, un mauvais platonisme (l’oligarchisme) et un bon platonisme (le souci de l’âme)…
L’oligarchisme républicain
C’est dans La République que Platon montrait sa préférence pour l’aristocratie (le pouvoir des meilleurs) au détriment de la démocratie. Platon ne faisait clairement pas confiance au peuple, qu’il qualifiait de « gros animal », et qui, dominé par les passions, préférait suivre les démagogues (les sophistes, les politicards) qui le menait à sa perte plutôt que de suivre les voies de la raison et de la connaissance.
Cette méconfiance dans le peuple se retrouve dans la manière dont se mène, aujourd’hui, la construction européenne. Et notamment dans son rapport, justement, au peuple.
Voyez Charles de Gaulle qui, en onze ans (1958-1969), a accepté de se soumettre à la volonté du peuple par cinq référendums, le dernier l’ayant conduit, désavoué, à quitter ses fonctions de lui-même.
Ses successeurs n’ont pas eu les mêmes scrupules, car seuls 4 référendums ont été tenus jusqu’à 2004, soit en 35 ans ! L’absence de recours aux référendums conduit à une sorte de « monarchisme républicain » renforcé par la décision de procéder à l’élection du parlement après celle du président.
« Monarchisme républicain » qui devient européen : c’est la République Française influence la construction européenne dans tous ses travers jacobins et bureaucratiques. Quel meilleur exemple que la Commission européenne où l’ont peut admirer la dialectique perverse de « ceux qui savent» face aux « gros animaux » qui peuplent l’Union européenne ? Et quoi de plus déroutant, pour tout ce système de représentants qui ne représentent plus rien, que de demander enfin la parole au peuple ! Et donc, si la ligne de sortie de l’Union Européenne domine, attention à ce ne pas reproduire l’administrocratie bruxelloise au plan Français…
Ce peuple européen qui se définit par le souci de l’âme.
Platon dans son Apologie de Socrate. Socrate assurant sa défense, accusé par Athènes, plaidait sa cause ainsi :
« Je ne fais rien d’autre qu’aller par les rues pour vous convaincre, les jeunes, les vieux, tous tant que vous êtes, que le souci de l’âme passe avant celui du corps et de l’argent ».
C’est pourquoi Patocka dit que « L’Europe est un concept qui repose sur des fondements spirituels ». L’Europe est déjà en gestation dans la Grèce antique à travers la metanoïa socratique, la conversion de l’âme vers l’idée, le fait de s’élever des basses occupations matérielles vers le monde des idées, de la culture et du divin.
***
Permettez-moi donc de saluer, avec Platon et avec Patocka, avec l’Europe entière et ce qu’elle comporte de noble, le peu de partis politiques qui ont mis en avant ce souci de l’homme dans cette campagne des Européennes.
15 jeudi Mai 2014
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France renaissance, libéralisme, Philippe Fabry, Rome, socialisme, Vivien Hoch
Recension, sur France-Renaissance
Par Philippe Fabry (éditions Jean-Cyrille Godefroy, 2014)
De Polybe (comment Rome s’est-elle si vite rendue maitresse de l’univers ?) à Edward Gibbon (comment Rome a-t-elle décliné ?), l’histoire de la civilisation romaine a toujours été l’objet des interrogations, tant des historiens que des philosophes politiques. D’emblée, la chute de l’Empire Romain est une question, mais celle de sa « conquête du monde » en si peu de temps, en est une autre. Mais les deux axes historiques de Rome, l’ascension et la chute, peuvent se retrouver sur un point : celui de l’organisation politique et économique. À la fois historien, économiste, sociologue et philosophe de l’histoire des idées, Philippe Fabry offre une version approfondie et moderne de la victoire et de la défaite de Rome dans l’histoire. Il choisit d’expliquer la chose par les facteurs d’organisation sociale et économique de l’Empire. Tout comme sa référence explicite, le Montesquieu des Considérations sur les causes de la grandeur des romains et de leur décadence, la décadence de Rome s’explique par la perte de la liberté et, corrélativement, son ascension s’explique par un système qui préservait les libertés individuelles – « Rome est née comme une puissance libérale (…) elle s’est ensuite transformée en puissance socialiste qui a fini par imploser, par s’effondrer sous son propre poids » (p. 17).
Inquiétant, et si actuel… N’est-ce pas là le destin tragique qui pèse sur les grands empires ? Le fait qu’ils dérivent peu à peu vers le socialisme, et donc vers leur propre déchéance, semble être une constante de l’histoire…
Philippe Fabry tente évidemment d’éviter l’anachronisme, et s’explique sur l’utilisation des termes disputés aujourd’hui de « socialisme » et de « libéralisme ». En se fondant sur les définitions de « socialisme » et de « libéralisme » données par Hayek, il montre qu’il est possible d’appliquer ces définitions larges à leurs formes d’expression dans l’histoire ; et il est évident, selon lui, que « des éléments de définition pertinents se trouvent dans les deux situations évoquées [« Rome libérale » et « Rome socialiste »] » (p. 14). Les faits romains dont nous avons connaissance peuvent se prêter à une étude d’histoire et de socio-économie comparée. Si donc le socialisme part du principe que l’organisation collective prime sur l’individu, et que le libéralisme est le primat donné à l’individu sur le collectif, charge à l’auteur d’en déceler les éléments présents dans l’épopée romaine.
Le règne du droit, juris, dont est issu en grande partie la structure juridique de la civilisation occidentale, provient de l’organisation de Rome, sous la République, période que Philippe Fabry décrit comme « lutte contre l’arbitraire et instauration d’un état de droit ». Ce « libéralisme romain » est en effet né de la volonté de garantir les droits du peuple face aux tyrans : « Le libéralisme romain c’est d’abord, historiquement, le souci d’éviter à tout jamais la tyrannie » (p. 19). On y trouvait les: « La citoyenneté romaine conférait à son porteur un ensemble de droits politiques, civils et militaires parmi lesquels :
et, relève justement Philippe Fabry, cette mesure qui garantie la libertas du peuple face aux dérives des gouvernants :
« le jus provocationis, par lequel tout citoyen pouvait faire appel au tribun pour se protéger d’une décision d’un magistrat qu’il estimait arbitraire, et auquel le magistrat plébéien pouvait s’opposer par intercessio. » (p. 24)
Bref, c’était le règne du droit, qui garantissait la libertas du peuple face aux arbitraires des magistrats. Ce droit était lié à la citoyenneté romaine, ce qui la rendait très demandée et très précieuse. Quelque chose que l’on défend, et quelque chose qui stimule. Et qui stimule, notamment, l’économie. Selon l’auteur, c’est ce règne du droit qui permit le succès des entreprises romaines. « Le droit est une technologie sociale et politique. Comme toute autre technologie, il permet des gains de productivité » (p. 29). Succès économique, donc, mais qui dut perverti de l’intérieur.
En suivant pas à pas les mutations socio-économiques de Rome, Philippe Fabry tente de démontrer que « la chute de l’Empire romain est la conséquence de l’impasse dans laquelle le socialisme impérial avait conduit le monde antique » (p. 127).
La principale cause de la chute de Rome c’est l’émergence progressive de ce que nous appelons aujourd’hui le « capitalisme de connivence », autrement dit, l’utilisation de la puissance publique pour enrichir une classe déterminée de gouvernants. Ce qui se décline, dans l’Empire Romain, comme une utilisation abusive de la puissance militaire :
« La puissance et l’argent de l’état sont employés pour s’emparer de terres et nourrir le marché des esclaves, lesquels sont principalement acquis, à très bas prix, par les grandes fortunes romaines. En résumé, la classe riche acquiert un capital (terres et esclaves) avec l’aide de l’État et bénéficie ensuite seule des fruits de son exploitation » (p. 45)
Les premières guerres furent menées à petite échelle, et les gains limités. Mais avec l’expansion conquérante de Rome, la transformation de la société s’est opérée. Un afflux important de terres et d’esclaves enrichit les sénateurs et les généraux romains, qui prirent une part de plus en plus importante dans la maitrise du gouvernement, y compris celui des citoyens.
Les institutions se retournèrent alors contre la libertas romaine, notamment à partir du règne d’Auguste, lorsque furent mêlés les pouvoirs du tribunat (qui protégait les droits) et ceux du consulat (pouvoir politique). Le contrôle du Sénat sur les dépenses publiques disparaît, et Auguste disposait de tous les droits sur le trésor public (p. 63).
Jusqu’au dominat, et ce que Philippe Fabry appelle la « soviétisation de l’Empire romain », ce ne fut qu’une succession de concentration de tous les pouvoirs, jusqu’à une immixtion dans toutes les sphères de l’existence des citoyens : religion, art, économie, politique. « Le résultat de cette reprise en main totalitarisante fut, un siècle et demi après, l’effondrement total du système romain » (p. 103)
Un plus grand pas encore, qui sera franchit dans la dernière partie de l’ouvrage, c’est celui qui consiste à s’élever au point de vue méta-historique. Le parallèle était évidemment à faire avec nos sociétés contemporaines en crise, notamment au plan socio-économique, et Philippe Fabry n’a pas hésité, en posant clairement la question pertinente : « un grand pays libéral est-il mécaniquement destiné à sombrer dans le socialisme ? » (p. 137). La logique est implacable, surtout après avoir parcouru cette relecture de l’histoire romaine. S’il est vrai qu’un pays libéral est plus dynamique quz tout autre modèle, il accède rapidement à une position supérieure. Cette position dominante provoque alors sa chute : ses dirigeants ne résistant pas à la tentation de profiter de cette position pour s’enrichir, eux, et leurs amis (p. 138). La trajectoire historique des américains, note l’auteur, est extrêmement proche, sous tous les plans, de celle qui est décrite pour les romains… Philippe Fabry propose en appendice un stupéfiant parallèle entre l’histoire romaine et l’histoire américaine. L’Amérique entendra-t-elle la leçon de Rome ?
Libéralisme et socialisme, deux constantes historique de l’organisation des sociétés humaines, et, en deux mots, qui a provoquées deux Rome, l’une flamboyante et respectueuse des droits du peuple, l’autre « étatiste », dirigiste, conquérante à outrance et provoquant une politique en pleine connivence avec la classe dirigeante. On suit avec intérêt les méandres de l’histoire romaine, de la République au dominat, en passant par les mutations provoquées par la grande guerre civile et les invasions barbares.
On comprend, surtout, à travers cette épopée historique qui finit tragiquement, que « la seule cause déterminante, celle qui change tout, c’est la présence ou l’absence de la liberté comme fondement de l’ordre social » (p. 136). Une vraie leçon de l’histoire.
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Disponible sur: les 4verites diffusion.
01 jeudi Mai 2014
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âme européenne, civilisation européenne, construction européenne, drapeau européen, Europe, l’Europe, Marie, Nietzsche, Paul Valéry, souveraineté, Stella Maris, Vierge Marie, Vivien Hoch
Pourquoi, mais pourquoi donc faire un éloge de cette tour de Babel soviétoïde qui s’amoncelle sous un ciel gris, vidé de Dieu ?
Pourquoi faire un éloge de cette coalition forcée d’anciennes nations embourbées dans une crise permanente, crise qui lui est apparemment consubstantielle ?
Pourquoi faire un éloge de l’Union Européenne, à quelques semaines d’élections européennes qui n’intéressent personne, qui rebute tout le monde, et qui n’auront, de toute manière, aucune influence sur le cours des choses ?
Je crois en l’Europe, et c’est un péché spirituel contre notre civilisation que de n’y pas croire, que de renier la 1ère puissance économique mondiale, la figure de proue du génie humain et la stupéfiante originalité de l’homme européen.
Je crois en l’homme européen, comme réalité physique, physiologique et incarnée, plus qu’en l’entité mutante, cosmopolite et bigarrée, dont on voudrait faire un modèle de civilisation.
Je crois en l’essence de l’homme européen, à sa vision du monde, comme vision pour le monde, plus qu’en la France comme entité abstraite, républicaine, jacobine et par trop dévoyée sous les lourdes erreurs historiques qui lui sont propres.
Et je donne trois arguments, à la mesure de trois sed contra. Il y avait un homme qui répondait ainsi, le plus grand esprit européen de tous les temps, un italien, formé par un allemand et qui enseignait à Paris, alors même que n’existait pas encore de frontières intellectuelles, que l’Europe chrétienne pouvait se lever comme un seul homme pour défendre la chrétienté partout dans le monde, et qu’une sorte d’« espace Schengen » spirituel permettait un commerce extrêmement libre entre les capitales européennes : cet homme est saint Thomas d’Aquin. Trois sed contra, donc,dont je veux que les auditeurs mesurent la portée spirituelle.
« Toute notre civilisation européenne est dans un état de tension angoissée ; elle s’achemine de décade en décade vers la catastrophe, d’un mouvement inquiet, fatal, de plus en plus haletant, comme un fleuve qui court vers son embouchure et qui ne réfléchit plus – qui aurait peur de réfléchir. » – « L’Europe est un monde qui s’effondre »,
résumait Nietzsche, voyant le nihilisme, justement, comme un fruit de l’arbre européen, esprit de science et de technique. Et même si la conscience européenne fut marquée par la science et par un optimisme bourgeois dans le « Progrès », depuis le siècle des Lumières, ce peuple européen ne croit plus en l’économie, ne croit plus en ses capacités, ne croit plus en la liberté et ne croit plus en Dieu. Rien ne le pousse plus vers le haut.
« Où sont-elles aujourd’hui, ces valeurs supérieures, et transfiguratrices, qu’apportaient la religion, l’art, la pensée et pour lesquelles il valait la peine, même quand on était un esclave, de se dévouer »?[1]
Cela tient à l’esprit même de l’homme européen, que Paul Valéry dépeint ainsi :
« Je trouve par un examen sommaire que l’avidité active, la curiosité ardente et désintéressée, un heureux mélange de l’imagination et de la rigueur logique, un certain scepticisme non pessimiste, un mysticisme non résigné… sont les caractères de la Psychè européenne »[2]
Et ce peuple génial d’artistes, de sages, de philosophes, d’athlètes et de législateurs, qui forme l’Europe depuis le génie de l’Antiquité grecque en passant par la Rome chrétienne et le temps des cathédrales, s’est toujours sorti des plus grandes crises et des plus grands tyrans – comme il se sortira de ceux d’aujourd’hui, et de la Babylone technocratique de Bruxelles,
Le même Paul Valéry peint l’Europe comme corps physique, absorbant le monde tout autant qu’absorbée par le monde :
« Les autres parties du monde ont eu des civilisations admirables, des poètes du premier ordre, des constructeurs, et même des savants. Mais aucune partie du monde n’a possédé cette singulière propriété physique : le plus intense pouvoir émissif uni au plus intense pouvoir absorbant. Tout est venu à l’Europe ou tout en est venu. »[3]
« Tout est venu à l’Europe », évidemment, mais l’Europe est un corps. Et ce corps prend une place physique que nul ne saurait revendiquer à sa place, en s’affrontant à lui avec d’autres manières et d’autres armes. Et de même que le musulman enlève ses chaussures à l’entrée de la mosquée, il devrait par respect se dévoiler la tête en entrant sur ce sol saint, parcouru par une religiosité tout autrement puissante que les idoles qui l’ont porté jusqu’ici. Il ne devrait pas s’affirmer de manière péremptoire et comme autre à la face de l’homme européen, qui peut mener seul ses guerres spirituelles contre le nihilisme, sans poudre et sans fumée.
Et si « tout en est venu », le pire et le meilleur, mêlés, le soupçon de Freud, Marx et Nietzsche, la science d’Aristote, de Descartes et de Newton, la musicalité de Mozart, Beethoven et de Bach, la grâce de saint Antoine, de saint François et de sainte Thérèse, et encore la puissance de saint Augustin, de saint Bernard de Clairvaux et de saint Louis, si tout en est venu de l’Europe, dis-je, c’est que ce qui s’y adjoint de l’extérieur ne peut être qu’une régression par rapport à ce qu’elle produit.
L’Européen d’aujourd’hui se trouve pris dans un dilemme : ou renier ses croyances, ses valeurs et ses raisons de vivre, le fond spirituel d’où il pro-vient ; ou se supprimer lui-même, dans son existence physique. C’est la formule même du nihilisme.
« Chaque civilisation a sa vérité et ses dieux, tous respectables pour autant qu’ils ne nous menacent pas. Chaque civilisation apporte ses réponses, sans lesquelles les individus, hommes ou femmes, privés d’identité et de modèles, sont précipités dans un trouble sans fond. Comme un arbre coupé de ses racines. Il appartient à chacun de retrouver les siennes. »[4]
Et les racines de l’Europe, c’est l’avenir. Au sens du surmontement et de la sublimation. Rémi Brague, dans son excellent Europe, la voix romaine, parle d’une Europe comme « une série quasiment ininterrompue de renaissances »[5]. Prenons la construction européenne comme une nouvelle possibilité de renaître.
L’Europe ne doit pas construire des murs et des replis. Les murs sont des réalités socialistes et communistes, et le mur de Berlin n’est pas tombé pour en mettre d’autre. Et les défis de la mondialisation ne peuvent pas être surmontés par un repli dans une confortable ligne Maginot payée à crédit, parce que les armées adversaires mènent leur « guerre-éclair » à côté.
L’Europe doit surmonter les défis que lui pose le monde par le haut, par le mieux, par la sublimation de ses capacités. Par ce qu’elle est, au fond : une figure destinale.
« À chaque effondrement des preuves, disait René Char, le poète répond par une salve d’avenir. »[6]
***
Douter, guider et espérer : finalement, ces trois vertus européennes correspondent aux trois vertus théologales : le croire, lié au doute (la foi), le guider (la charité, car ce qui guide, c’est l’amour de Dieu) et de l’espérer (cette espérance intrinsèquement européenne).
Je m’adresse donc à ces faux-monnayeurs de redressement national et de souveraineté socialisante, qui pensent encore qu’une République universaliste peut encore se comporter en souveraine, sans un Roi chrétien, et vivre d’un capital hérité des années prospères, qui est épuisé. Au fond, l’Europe est une chance pour la France, ou ce qu’elle est devenue. Elle est et elle sera le garde-fou des politiques nationales ruineuses. Elle fera peut-être exploser le modèle républicain, rigide, anticlérical et intrinsèquement socialiste.
Ne laissons pas la déesse Europe aux mains des frontières jacobines et des nationalismes dictatoriaux qui ont déjà détruit le XXe siècle.
Ne la laissons pas la déesse se faire cimenter dans une tour de Babel géante par des maçons nihilistes.
Ne la laissons pas se métamorphoser peu à peu en une hideuse idole « Marianne » européenne, cette Femen républicaine.
Qu’on infuse en elle les vertus théologales, l’esprit de conquête, de génie et de risque de l’homme européen.
Qu’on la libère des chaines étatiques, lui laissant parcourir le sol européen à sa guise, ne l’enfermant pas dans des cuisines nationales.
Que la déesse Europe, finalement, devienne Stella Maris, la couronne d’étoile du drapeau européen, la véritable souveraine, reine des européens, reine des nations, reine au-dessus des nations.
—
[1] Jean-Edouard Spenlé, Nietzsche et le problème européen, 1943
[2] Paul Valéry, La crise de l’esprit, deuxième lettre, 1919
[3] Paul Valéry, La crise de l’esprit, deuxième lettre, 1919
[4] Dominique Venner, Le choc de l’histoire, 2011
[5] Rémi Brague, Europe, la voix romaine, Gallimard, folio, Paris, 1992, p.157
[6] René Char, 1963. Paul Veyne en faisait une figure de la « résistance européenne au nazisme ».
28 lundi Avr 2014
28 lundi Avr 2014
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Publication de Vivien Hoch sur les 4 Vérités
La dernière polémique autour de l’enseignement de la morale catholique dans un lycée privé…catholique (sic), fournit une occasion de plus de démontrer que l’idée de République à la française est profondément intolérante et, en son fonctionnement, religieuse. Pour imposer ses dogmes, elle doit faire avaler son propre catéchisme, de gré ou de force. Enfin, si « la République se construit dans la mort de Dieu » (dixit Peillon), c’est qu’il ne faut jamais relâcher l’effort lorsqu’on voit son cadavre bouger.
La Révolution Française, Robespierre, Ferdinand Buisson, et, plus récemment, le triste Vincent Peillon, ne sont que des épiphénomènes d’une idée – la République – et d’une histoire – celle de la France depuis 1789 – qui les dépassent largement. Évidemment, lorsque le gouvernement au pouvoir place des personnes, comme Vincent Peillon, pour qui « la révolution française n’est pas terminée », parce que cette Révolution est « un événement religieux », une « nouvelle genèse » un « nouveau commencement du monde » et une « nouvelle espérance » qu’il faut porter à son terme, à savoir : « la transformation socialiste et progressiste de la société toute entière », nous sommes heureux
En fait, les socialistes ultra-républicains (c’est-à-dire l’ensemble de la gauche française) ne sont ni des hommes politique, ni des promoteurs d’une visionmutlicutlurelle de la société. Ce sont des prophètes, des grands-prêtres laïcards, des moines-soldats de leur dogme qui sont là pour imposer leur vision du monde au détriment des autres. Ainsi légifèrent-ils sur l’existence humaine dans sa globalité, touchant les axes symboliques fondamentaux d’une civilisation que sontEros et Thanatos.
Cette « affaire de l’école catholique privée Jean Gerson », accusée de « dérives intégristes » parce qu’elle enseigne les grandes lignes du catéchisme de l’Église catholique sur le sacro-saint « droit » à l’avortement (je ne m’appesantirai pas sur le ridicule de la polémique, bien démontrée par Michel Garroté) prouve l’intolérance fondamentale de la République en régime socialiste. Ce que j’avais appelé « la ligne Buisson de la laïcité », à propos de Vincent Peillon – en référence à Ferdinand Buisson, l’acteur de premier plan de l’expulsion des congrégations religieuses – marche aujourd’hui à plein, et cet épisode n’en est qu’un épiphénomène, car le but de la République socialiste, c’est de s’imposer comme la grande religion nationale, comme le fut, en son temps, le catholicisme :
« [Le but de la morale laïque] est de forger une religion qui soit non seulement, plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force, de séduction, de persuasion et d’adhésion, que lui. ».
L’éducation a un rôle capital dans le système idéologique socialiste, car l’école est « un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste. ». Plus encore, l’école est un instrument de la religion laïque dont il se fait le prophète : « c’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin » (citations de Vincent Peillon, La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 195). Et évidemment, l’école sera le temple de cette nouvelle religion :
« c’est bien une nouvelle naissance, une transusbtantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi »
(Vincent Peillon, La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 18).
Quel est le but de l’éducation nationale, dans un gouvernement socialiste, sinon de former des futurs électeurs socialistes ? Avec les efforts qui sont fait pour imposer la théorie du Genre, l’égalitarisme, le multiculturalisme destructeur d’identité, l’enseignement des « grands homosexuels de l’histoire », la lutte contre les discriminations et autres stéréotypes de genre, et l’imposition d’une « morale » qui n’est pas seulement laïque, a-religieuse, mais aussi anti-religieuse, on se dit que nos enfants en sauront bientôt davantage sur la contraception, le mariage homosexuel, l’homophobie, le trans-genre et le cannabis, que sur l’histoire de France ou les règles de conjugaison.
En janvier 2013, Vincent Peillon avait produit une circulaire visant « à rester vigilant envers l’enseignement catholique »
La fronde contre l’enseignement catholique est un vieux projet socialiste. 1905, 1984, et, récemment, Vincent Peillon, qui a commencé à s’attaquer aux retraites des enseignants du privé (déjà dévalorisée de quasiment 30% par rapport à celles du public), puis à produire une circulaire qui enjoint les recteurs « à rester vigilant envers l’enseignement catholique » parce que ce dernier s’était prononcé contre le mariage homosexuel. « Rester vigilant envers l’enseignement catholique » veut dire, dans son système, qu’aucune idée ne peut se transmettre en dehors des cadres dogmatiques de la République socialiste.
Vous comprenez pourquoi il n’y a aucune contradiction dans leur esprit de socialiste républicain lorsque Vincent Peillon interdisait à l’école privée de parler du mariage gay alors que Najat Belkacem en faisait l’apologie au collège. Aucune contradiction lorsque la mairie de Paris demande au Rectorat de diligenter une enquête administrative au sein du Lycée catholique Jean Gerson « soumis au respect des devoirs et règles républicains,et faire toute la lumière sur les évènements du lundi 14 avril.» Aucune contradiction, quand cette même mairie socialiste
« dénonce fermement ces propos qui soumettent les élèves parisiens à une guerre idéologique d’un autre temps. […] et demeure vigilante quant au respect du droit de chaque adolescente et adolescent d’être informé sur sa sexualité et les moyens de contraception existants, au moyen d’informations validées par les professionnels. ».
Puisque l’enseignement de l’avortement et de la contraception, gratuits et obligatoires, est un devoir républicain, comme le note Michel Janva sur le Salon Beige, il faut traquer ceux qui n’accomplissent pas ce devoir. En d’autres temps, si peu éloignés – et si prochains, on traquait celui qui ne prenait pas sa carte au Parti, ou qui tenait un propos désobligeant envers le gouvernement.
Avec cette conception de la République, nous sommes clairement dans une dialectique néo-marxiste et entièrement religieuse, que la contradiction n’effraie aucunement. Le moment passé (à savoir les traditions, l’histoire de France, les valeurs chrétiennes) doit être annulé par le moment à venir : le monde poli, égalitaire, gay, bi, neutre, avorteur et joyeusement socialiste, délivré enfin du joug de la méchante Eglise catholique et de ses principes désuets. Le bonheur à portée de bulletin de vote.
10 jeudi Avr 2014
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Passage à TV liberté pour la veillée de soutien aux chrétiens persécutés du 10 avril.
19 mercredi Fév 2014
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En ce moment, tout est matière à vitupérer contre « le retour des ligues d’extrême droite », anti-républicaines et nauséabondes, et contre les « cathos-fachos » qui défilent contre le gouvernement. De déclarations en déclarations, de Manuel Valls à Christiane Taubira, de l’aile gauche de l’UMP à l’aile extrémisante du Front de gauche, journalistes et officines médiatiques de gauche ou d’extrême gauche, tous ont appelé à un « sursaut républicain » contre ces milliers de familles qui manifestaient dans la rue pour leur droit à éduquer librement leurs enfants, contre la propagande de la théorie du genre dans les écoles maternelles et contre la «famillo- phobie» du gouvernement. En bref, pour le gouvernement et ses alliés médiatiques, de simples « cathos réactionnaires », peu ou pas du tout préparés aux grands changements formidables du « progrès ».
Les sanguinaires de la Convention, comme Saint-Just, le savaient déjà, et ils le disaient :
« Ce qui constitue une République, c’est la destruction totale de ce qui lui est opposé ».
On me signalait, à propos de cette phrase, que n’importe quel régime politique se définirait ainsi. Mais en pleine Convention, avec les décaptitations industrielles de la Révolution française, cette phrase prend un tout autre sens. On se moque, puis on insulte, puis on détruit ou décapite (symboliquement, puis physiquement), tout ce qui n’est pas dans notre sens.
Qu’en est-il réellement des « valeurs de la République » que nos ministres scandent en permanence ? Ces valeurs peuvent-elles protéger les chrétiens du terrorisme culturel qui sévit à leur encontre ? Que fait la République contre la christianophobie ? Les profanations ? Les destructions ? La situation des chrétiens d’Orient ? Les Femen ? Les propos honteux contre les chrétiens, l’Église ou le Pape ? De simples « provocations inutiles », selon le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. Point. Rien d’autre. Aucun « sursaut républicain » ne viendra mettre un terme à cet antichristianisme massif.
Serait-ce que les valeurs républicaines prônées par les socialistes ne peuvent pas cohabiter avec les valeurs chrétiennes en son sein ? C’est une question bien connue, qu’il devint urgent d’aborder…
10 mardi Déc 2013
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Agenda pour tous, « On ne lâchera rien, jamais ! », Vivien Hoch
« On ne lâchera rien, jamais ! »
Un papier de Vivien Hoch publié dans l’Agenda Pour tous de 2014.
pour vous le procurer.
« On ne lâchera rien » est une adresse à l’avenir. C’ est-à-dire strictement l’inverse d’une injonction à faire « ressurgir » un « passé révolu ». Nous sommes les vrais modernes, les vrais « progressistes », ceux qui ont compris que la dignité humaine doit être placée au cœur du « progrès », que la machine étatique ne doit pas écraser les libertés fondamentales, et que l’idéologie ne doit pas prendre le pas sur le bon sens. Par là, nous avons enjoint le futur à se positionner par rapport à nous, et tout fait pour qu’il n’oublie pas ce qui s’est passé, ce qui se passe et ce qui se passera encore. Nous nous adressons à l’avenir, nous sommes des bâtisseurs d’un monde habitable ; nos ennemis s’adressent à leurs intérêts, à leurs pulsions momentanées et à leur « sens de l’histoire » qui n’est rien de plus qu’une vue personnelle et servile.
« On le lâchera rien », est une injonction militante à (se) manifester partout et en tout temps. On ne lâchera pas ce monde, ni ceux qui y habite, sous quelque forme que ce soit… Embryon, handicapé, vieillard, suicidaire… On ne les lachera pas ! La guerre sera longue est rude. Il s’agit d’une guerre politique, mais surtout et avant tout une guerre de fond. De ce fond qui porte, instruit, éduque et divertit le peuple, et qui est aux mains des porteurs d’une idéologie violente et déconstructrice ; ce même peuple qui, alors suffoquant, s’est réveillé, s’est réunit et s’est révolté de manière ostensible comme ses ancêtres ont pu, à de nombreuses reprises dans l’histoire, le faire. Il s’est engagé dans une grande révolte face à une idéologie qui impose une (dé)cadence infernale et qui s’impose par tous les moyens.
« On le lâchera rien » est une récupération sémantique. Ce slogan était précédemment utilisé apr l’« idiot du système », Jean-Luc Mélenchon, qui a trahi sa visée subversive. La dite « gauche progressiste » s’est toujours comprise comme subversive et combattante, contre le « vieux monde ». C’est nous, maintenant, les subversifs et les combattants, les hommes libres et vivants : la révolte contre un système basé sur la déconstruction, la sédition face aux manipulations politico-médiatiques et la constance dans la défense de ce que l’on pense, sans aucune compromission.
Enfin, à l’expression « on ne lâchera rien », on a peu à peu ajouté l’adverbe : « jamais ! », comme une porte ouverte vers l’avenir, l’irruption d’une espérance, en donnant presque un caractère intemporel et mystique de nos actions. Un combat qui nous précédait déjà et qui nous dépassera. Un combat qui a indibutablement un caractère d’éternité.