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Archives d’Auteur: Vivien Hoch

2000 ans après, qui est le véritable pharisien ?

01 vendredi Nov 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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2000 ans après, qui est le véritable pharisien ? 

– le pharisien disait : je te rends grâce Seigneur, de ce que je ne suis pas comme les autres chrétiens : intégristes, fermés d’esprits, extrémistes, méchants, qui suivent la messe en latin et qui osent parfois écrire contre la République. Je ponds deux fois par semaine un petit billet de blog pour parler de solidarité et de coolitude, je donne 5 euros au denier par prélèvement automatique, je participe aux crèpes-party de ma paroisse.

– le publicain-intégriste-nauséabond disait en lui-même : mon Dieu, prend pitié de nous et fait de nous des disciples fidèles, intransigeants et droits. Fait que jamais nous ne monnayons notre foi avec l’esprit du monde, et permet-nous de parler de toi avec douceur mais vigueur.

Je vous le demande : qui est véritablement le pharisien ?

« Vincent Peillon : une théologie républicaine et socialiste »

21 lundi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Retrouvez mon article « Vincent Peillon : une théologie républicaine et socialiste », dans le dernier Reconquête 

Vivien Hoch au libre journal de Daniel Hamiche

21 lundi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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Retrouvez mon dernier passage à Radio Courtoisie, au libre Daniel de Daniel Hamiche

Entretien de Vivien Hoch avec Nouvel Arbitre, sur la religion de Vincent Peillon

16 mercredi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Politique

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L’article sur Nouvel Arbitre

Vivien Hoch : entretien avec Nouvel Arbitre

14 lundi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Politique

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Vivien Hoch

Entretien avec Nouvel Arbitre

 

Les veilleurs à genoux

08 mardi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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* Tribune libre de Vivien Hoch sur Itinerarium 

Veiller, assis ou debout, c’est sur-veiller le flux des choses et des événements, mais c’est aussi ré-veiller les consciences endormies ou lobotomisées par la pravda intérieure mise en place par un « gauchisme » omniprésent et omnipotent.

À la messe de rentrée de nos amis du Rouge et du Noir, nous avons entendu l’excellent Abbé Iborra citer le cardinal Pacelli, futur Pie XII, dans un sermon à Notre-Dame de Paris :

« Vigilate ! Priez, sinon vous ne feriez qu’oeuvre humaine et, à l’heure présente, en face des forces adverses, l’oeuvre humaine est vouée à la stérilité, c’est-à-dire à la défaite : ce serait la faillit de votre vocation. »

Et, comme le rappelait le docteur Xavier Dor, au grand déjeuner d’Amitié française de l’AGRIF, où il a par ailleurs reçu le prix de l’AGRIF 2013 pour sa combativité en faveur de la vie :

«L’homme debout, c’est l’homme à genoux »

Assis, debout, à genoux : les figures de l’homme vivant constituent des luttes corporelles à l’homme avachi, à l’homme perturbé,l’homme errant, l’apolis d’Oedipe, en dehors des murailles de la cité, ainsi qu’à l’homme trémoussant sur la musique débilisante des sphères médiatico-artistiques inféodées à un pouvoir corrupteur dont le glaive est, principalement, dans les coeurs.

N’ayez pas peur de briller par votre humilité théologale, n’ayez plus peur de vous montrer chrétiens, catholiques, citoyens d’une cité des Cieux déjà visible, qu’il faut rendre visible plus encore, à travers les ténèbres d’un monde hostile et profondément anti-chrétien. Rien ne répulse plus à ce monde que les croix, les prières et les chrétiens à genoux.

Priez donc hardiment contre la tyrannie, contre les monopoles, contre l’ignorance, contre les préjugés, contre le doute et le mensonge, contre la haine et la peur. Priez au nom de la liberté et de la vérité, avec la conviction que la vérité a besoin de la liberté et n’a plus besoin d’autre chose.

Manifeste des Catholiques excédés

07 lundi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Politique

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Vivien Hoch

Je suis signataire du Manifeste des Catholiques excédés

(Obtenir la version PDF)

« Le monde accepte l’Eglise et le christianisme quand ils parlent le langage du monde, il les accepte moins quand ils parlent essentiellement le langage du Christ » (Mgr Giampalo Crepaldi, archevêque de Trieste)

Nous ne sommes que peu de chose. Simples fidèles d’une Église millénaire et universelle, modestes citoyens de la République française, notre parole n’a encore que peu de poids. Pourtant nous souhaitons aujourd’hui dénoncer avec pitié et fermeté les attaques incessantes dont nous sommes les victimes. Élucubrations médiatiques contre le Pape et le clergé, haine institutionnelle à l’encontre de notre foi, mépris enfin d’une caste politique dont l’ignorance de notre message dispute souvent à la vindicte contre nos opinions : rien ne nous est épargné. L’actualité, une fois encore, offre à quelques fanatiques l’opportunité de manifester leur obscurantisme invétéré. Le Saint-Père, l’enseignement catholique, les institutions héritées de la religion à l’image du mariage ou de la famille, les prêtres, les croyants, les églises enfin, forment l’immense cohorte des victimes d’un acharnement médiatique, politique et moral.

Dans sa course effrénée vers l’abîme, notre société veut s’offrir une victime expiatoire : Rome, son pasteur, et les Français qui lui obéissent. La foi des chrétiens fait scandale, car elle empêche de tourner en rond, elle est un signe de radicalité quand le compromis et la mollesse libertaires règnent sans partage. Les catholiques doivent porter leur croix, sans doute, mais ils ne peuvent pas accepter les extrémités vulgaires qui les ciblent désormais. Car nous sommes des catholiques, oui, mais aussi des Français ! Par ce texte, nous voulons montrer combien le traitement qui nous est réservé est criant d’injustice, de bêtise et surtout de sectarisme.

Au nom de tous les miens

À Louis et à tous ces autres jeunes enfants couverts de larmes
Charles de Meyer (Nouvel Arbitre)

Ils souffrirent dans leur chair. Matraques, boucliers, lacrymogènes, un festival. Chacun était convié, nourrissons et vieillards, militants et religieux, femmes et enfants. Les manifestants du 24 mars étaient pourtant bien assagis mais cela ne suffit guère, la haine a ses raisons… Manuel Valls s’en lave encore les mains. Excédés et catholiques pour la plupart, les participants de la « Manif pour Tous » furent triplement attaqués : méprisés par la clique hollandaise, épuisés par les manipulations médiatiques, meurtris enfin par ceux qui devaient les protéger. Ils venaient de toute la France pour investir la plus belle des avenues et on les parqua aux marches de la capitale. Ils venaient de toute la France pour se faire entendre, Christiane Taubira sommeillait au Sénégal. Ils venaient de toute la France pour donner de la voix et leurs fils furent gazés.

En ce jour des Rameaux, c’était pourtant une foule attendrie qui prétendit défendre la Famille. Chanter c’est manifester deux fois, les croyants le savent bien. La Grande Armée était rayonnante et le fit tant savoir que la préfecture de police voulut mettre fin au scandale démocratique : Trafalgar des valeurs. Déjà l’Internet catholique se peuple des vidéos prouvant l’ignominie issue des ordres du ministère de l’Intérieur : gazages inutiles, charges illicites, enfants traumatisés, personnalités politiques agressées, arrestations arbitraires. Ce sont tous les vôtres, cette immense théorie de fidèles catholiques que la préfecture de police a traité comme de sous-citoyens. Nous sommes excédés de voir la violence s’exercer sur des innocents qui prient pour ceux qui les agressent. Nous sommes excédés par le sang et le gaz qui coulèrent en chaudes larmes. Nous sommes excédés par les plaies de nos familles et l’humiliation de nos représentants, nous réclamons le respect de notre dignité humaine et de nos droits civiques, n’en déplaise aux puissants qui nous haïssent.

Harcèlement médiatique et attaques politiques

Charles de Meyer (Nouvel Arbitre)

L’évangile décrit si bien la situation actuelle : La meute règne en effet sur un troupeau conséquentet divers. Parmi ses pratiquants des personnalités politiques : Alain Juppé à qui Benoît XVI posait problème, Cécile Duflot insultant la charité de l’Eglise en place publique, Vincent Peillon remettant en cause la dignité de l’enseignement catholique, Jean-Luc Mélenchon qui bouffe du curé dès que l’occasion s’en présente, les parlementaires socialistes dont les rires gras furent le seul accueil qu’ils octroyèrent aux représentants des cultes lors de leur audition au sujet du mariage homosexuel, sans compter les officines scandaleuses qui militent activement contre toute ouverture des politiques français à l’endroit du monde catholique. Mais les journalistes ne sont pas en reste, eux qui se gavèrent de faits-divers pédophiles pour attiser leur haine, eux qui, une heure à peine après l’élection du pape François se répandaient déjà en mensonges éhontés sur son passé, eux qui enfin refusent l’humble appel au débat et à la réflexion que leur proposent nos dogmes et nos croyances.

Dans ce climat de haine, les puissants désignent un ennemi qui mérite opprobres et rééducation. Cette jeunesse qui n’entend pas le vacarme de leurs sirènes, cette France qui communie le dimanche, cette foule des croyants : en somme ces individus rétifs à l’assimilation silencieuse des plates doctrines des nouveaux docteurs de la loi. Cette situation est révoltante à plusieurs égards. La démocratie perd toujours à refuser le dialogue et l’interpellation. La fraternité est saccagée au profit de la définition d’une humanité conforme. Le respect et la tolérance sont ramenés à l’état de bondieuseries factices. L’histoire enfin s’insurge toute entière devant ce reniement terroriste de tout ce qui fit l’identité et le prestige de la fille aînée de l’Église.

Falsification du mariage et destruction de la famille

Camille (La Table Ronde)

Ce n’est pas ici le lieu pour revenir sur les innombrables raisons qui fondent notre refus d’une loi inique et mensongère. Celles-ci font émerger une alternative simple : le législateur peut-il redéfinir la nature même de l’homme et de la famille, ou ne le peut-il pas ? D’aucun voulurent créer « l’homme nouveau » en sélectionnant par la race, d’autres par la classe sociale ; c’est aujourd’hui par le droit que cette tentation faustienne ressurgit. Et l’on voudrait nous interdire de juger en conscience ! Quand la norme et la transgression se valent, il n’y a plus ni bien ni politique, ni paix, ni ordre, ni justice ; ne restent que l’état de guerre, le mensonge et la tyrannie morale.

« Partez, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » Luc 10, 3.

Au prétexte de laïcité (mariage « civil »), les catholiques se voient interdire le droit à la parole publique, le droit à la conviction et à la liberté de leur conscience. L’Église est la seule personne morale à qui l’ont dénie la légitimité d’expression : elle peut bien s’occuper de tous les miséreux du monde (surtout ceux qui indiffèrent les élites), mais bien cachée, et en silence… ou en s’alignant sur les opinions à la mode. C’est gravement méconnaître le christianisme. Qu’on le veuille ou non, la foi n’est rien si elle ne se traduit dans les actes concrets. Et, tout en étant dans le monde, le chrétien cultive l’intemporel – qui se traduit notamment par un soutien infatigable aux plus faibles et aux plus petits. Quitte à déranger. C’est ce qui le rend haïssable auprès de « ces messieurs de la libre-pensée » des castes politico-médiatiques, lesquels se font une gloire de mépriser ouvertement sa foi, de noircir son action, d’insulter ses pasteurs, de parodier ses sacrements et surtout de lui intimer le silence.

Parce qu’il s’agit de lutter et s’humilier pour notre prochain et pour le Christ, ce manifeste ne sera pas une plainte geignarde et victimaire. Mais pour cette même raison, il ne faut plus compter sur nous pour protester timidement en marge de l’espace public. C’est le rôle et le devoir de tout chrétien que de défendre le mariage face au dévoiement, l’enfant et la mère face à la dictature du désir, l’accueil face au rejet, le bien commun face aux intérêts catégoriels.

Profanation des églises : des persécutions passées sous silence

Pierre Vallinat (La Table Ronde)

La France est de très loin le pays d’Europe où l’on dénombre le plus d’actes de vandalisme et de destruction dans les églises. Pour l’année 2012, pas moins de 52 profanations ! Ce furent Châtillon-sur-Indre, la cathédrale de Lille, Notre-Dame de Paris, la chapelle de la base navale de Toulon, l’église de la Gacilly, celle d’Epiais entièrement détruite par un incendie criminel, mais également Nice, Marseille, Aurillac, Périgueux, Poitiers ou Lyon, et la liste est encore longue ! Incendies criminels, tabernacles fracturés, vols de meubles, d’ornements, d’hosties consacrées, autant d’actes intolérables que nous, catholiques, subissons dans la plus totale indifférence.

Les journaux font leurs unes de toutes les profanations de cimetières juifs ou de mosquées, et c’est bien légitime. Mais alors, pourquoi ne pas en faire autant quand il s’agit de tombes ou de lieux de cultes chrétiens ? Le 11 janvier 2013, l’église de Névache (Hautes-Alpes) était pillée. Pour le lire dans les médias non chrétiens, il fallut chercher un entrefilet dans Le Dauphiné libéré. Le 14 du même mois, les tabernacles de trois églises du Finistère étaient fracturés le même jour : on attend encore une réaction du ministère de l’Intérieur… Nous en avons assez.

Assez que l’on puisse vandaliser et détruire nos églises dans l’indifférence totale des médias et des politiques. Assez que les auteurs soient considérés comme des « déséquilibrés », alors que pour toute autre religion on parle d’extrémistes politiques ou de fanatiques religieux. Oui, il y a en France des personnes hostiles à notre foi et à ses fidèles. Nous ne voulons plus de cette gestion à deux vitesses du problème de la haine antireligieuse en France. Profaner une église est tout aussi grave et répréhensible que peindre des croix gammées sur une tombe juive ! La République laïque doit garantir le libre exercice de tous les cultes et la sécurité de tous les citoyens. Cela inclut les catholiques.

Une école contre nos valeurs

Pierre Vallinat (La Table Ronde)

La « refondation de l’école républicaine », souhaitée et conduite par le ministre Vincent Peillon, promoteur tristement célèbre de la dépénalisation du cannabis, est une réforme fondamentalement antichrétienne – plus généralement antireligieuse – et totalitaire, à peine parée du vernis de la technicité. Les aberrations pédagogiques dont il n’est pas difficile de prédire la plus totale innocuité sur l’état catastrophique de notre système éducatif (enseignement d’une langue étrangère dès le CP, suppression du redoublement, etc.) et la gabegie financière de l’équipement numérique ne sont que l’enrobage des piliers idéologiques de ce projet de loi : enseignement de la théorie du genre, scolarisation précoce et occupation du temps dit « périscolaire » pour limiter l’influence des parents, éducation à l’inquiétante « morale laïque »… le tout complété par les opérations de propagande ourdies, entre autres, par la libertaire Najat Vallaud-Belkacem, telle la promotion dans les classes de l’obscène « Ligne Azur ».

Nous le redisons, cette réforme est profondément antichrétienne ! Elle vise à détruire les fondamentaux anthropologiques et sociaux de notre pays, que sont la différenciation des sexes, la recherche de l’harmonie dans la différence des personnes et non l’éradication de ces différences, et la famille, une fois de plus. Vincent Peillon ne s’en est d’ailleurs pas caché : il veut « arracher » nos enfants aux « déterminismes » de leur éducation. Nous ne voulons pas de cette école-là ! L’école n’est pas là pour arracher quoi que ce soit, elle n’est pas faite pour prendre en charge l’éducation des enfants à la place des parents. La seule mission valable de l’école est l’instruction dans le but de préparer les élèves à l’exercice plein et lucide de leur liberté. L’école de M. Peillon, ce sont les jeunesses staliniennes !

Pourquoi la société gagnerait à nous respecter

Bago (Le Rouge et le Noir)

Notre époque est triste car elle perd la foi en l’Amour, elle le réduit à des considérations psychologiques, à des attitudes sentimentales, ou à des mouvements de phéromones. Pourtant, ni ses vices – toujours l’avoir, le plaisir, et le pouvoir ; ni même ses petites espérances – si nobles soient elles – ne suffisent à vivre pleinement. L’Église, experte en humanité, demeure le roc solide sur lequel nous pourrons toujours nous appuyer si faible soyons-nous, car nous protéger est sa vocation. Ne pas la respecter est suicidaire. À temps et à contre-temps, l’Église donne un sens aux consommateurs, une couronne aux pauvres, et un corps aux dépravés. Elle garde les repères aux enfants du divorce, elle défend la fidélité pour les familles ébranlées, elle prône la pureté devant l’utilitarisme « amical ».

L’Église est garante de la culture humaine, née, comme le rappelait notre Pape émérite, « de la rencontre entre la Révélation de Dieu et l’existence humaine ». Et puis, elle soutient la beauté et la vérité, console les affligés, secourt les humbles, dispense la joie, fournit une communauté, propose la confiance… Sans l’Église, sans son effort bimillénaire, sans ses saints et ses docteurs, la définition paulinienne de la Charité (1Co, 13) aurait été oubliée.

Signataires :

  • Jacques Bompard, député-maire d’Orange
  • Béatrice Bourges, Collectif pour l’Enfant
  • Vivien Hoch, Itinerarium (www.itinerarium.fr)
  • Samuel Lafont, ancien responsable de l’UNI
  • Eric Martin
  • Nouvel Arbitre (www.nouvelarbitre.com)
  • Pasquin, chroniqueur à l’Homme Nouveau
  • Le Rouge et le Noir (www.lerougeetlenoir.org)
  • Michel Janva, Le Salon Beige (www.lesalonbeige.blogs.com)
  • Daniel Hamiche, Observatoire de la Christianophobie (www.christianophobie.fr)
  • La Table Ronde (www.latableronde.wordpress.com)
  • Abbé Guillaume de Tanouärn
  • Christian Vanneste, ancien député

Disputatio phénoménologique : Vivien Hoch vs Maxime Roffay

03 jeudi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

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Maxime Roffay, phénoménologie, philosophie, Vivien Hoch

 

Vous vous revendiquez tous deux du courant phénoménologique. En quoi la phénoménologie vous paraît-elle la voie la plus pertinente eu égard au paysage philosophique contemporain ? Quels en sont les défis ?

Vivien Hoch – La phénoménologie est une discipline philosophique que l’on s’impose d’abord à soi-même ; en cela elle renoue avec l’antique définition de la philosophie comme art de vivre, exercice pratique de vie. Mais elle est aussi un projet de science rigoureuse et de fondation apodictique de toutes les activités humaines, scientifiques et pratiques. Ce fut le projet profond de Brentano qu’a repris et développé Husserl. La phénoménologie s’est ensuite « existentialisée » avec Heidegger et son projet d’herméneutique de la facticité, en rompant totalement avec les catégories classiques (âme, Dieu, sujet, etc.) et en revenant à cet effort fondamental d’interprétation du vécu et de la quotidienneté. Mais le projet s’est à mon sens perverti, dès la Kehre de Heidegger lui-même, se transformant en discours radicalement anti-technique, a-rationnel et poétique, qui a donné en France la prose derridienne déconstructrice, et qui s’oppose dorénavant à toute tentative de rationnalisation et de systématisation du réel, transformant la phénoménologie, qui d’origine est un effort structurel sur soi – une eidétique du vécu – en discipline belliqueuse, a-rationnelle et déconstructrice. Alors que le but est justement de construire et de rationnaliser le monde !

Cette tendance à la déconstruction a trouvé son parallèle dans une altérophilie et une destruction de l’ego et de l’identité qui a pu parfois servir de justification implicite à certaines visions politiques désastreuses. Levinas peut être considéré comme le principal moteur de cette tendance. Disons que c’est l’intentionnalité, l’éclatement du soi au monde, qui a trop primé sur la donation et la consistance ontologique du monde. Il a fallu par trop fluidifier les choses, les rendre mouvantes et souvent en les restreignant à une sphère d’immanence stricte, comme chez Deleuze.

Le destin de la phénoménologie ne pourra se construire que dans un renversement de perspective. Non pas dans une friction avec la philosophie analytique et sa sur-rationnalité de projet et de technique, ni même dans un approfondissement des fondements ontologiques et sémantiques, mais dans le retour à la volonté brentanienne et husserlienne de fonder une science rigoureuse et apodictique alliée à l’interprétation du vécu et de la quotidienneté qui cherche à en déceler les grandes lignes de force et la consistance. Ce que proposent les travaux d’Emmanuel Falque, par exemple, dans le sens d’une exploration de la consistance du corps et de l’autonomie des réalités intramondaines, déclinée comme un renversement des hypertrophies de la passivité sur l’activité, de la chair sur le corps, et de l’intention sur la donation. Une voie qui me semble éviter et outrepasser l’abscondité poétique dans laquelle est tombé une partie de la phénoménologie ou sa trop grande compromission avec les rationalités scientifiques dures.

D’une part, donc, éviter l’éclatement et l’hypertrophie de l’autre sur le même (ou de l’altérité sur l’identité), parce que nous sommes dans une période qui a besoin plus que tout de rassemblement et d’unification plutôt que de dispersion. Ceci est aussi à justifier, bien entendu. D’autre part, et enfin, retourner au vécu et au discernement des grandes lignes du vécu de l’ego en tant que tel, afin d’y déceler le topos qui fournira l’en-commun de cette unification, identité et rassemblement. C’est selon ces deux axes qu’il faut développer la phénoménologie aujourd’hui.

Maxime Roffay – Il est vrai que Vivien et moi partageons la commune revendication de l’héritage phénoménologique. Mais en même temps, la question nous introduit d’emblée dans le vif de nos dissensions. Depuis les premières Recherches logiques jusqu’à son fameux article de 1911, effectivement, Husserl n’aura eu cesse de garantir à la phénoménologie une portée téléologique plus générale, soit l’idée de faire accéder une fois pour toutes la philosophie au statut de « science rigoureuse » (strenge Wissenschaft). Ainsi, les expressions qu’il utilise sont durablement marquées par un certain positivisme propre à l’école brentanienne (dont sont également issus les pères fondateurs du courant analytique). Cette téléologie positiviste ne sera pas seulement mise en cause par Heidegger et ses successeurs : elle fera plus fondamentalement l’objet d’une ré-interprétation, c’est-à-dire aussi d’une ré-appropriation. Or, tout phénoménologue peut s’accorder sur la nécessité de se ré-approprier ou de traduire le projet husserlien, en vue d’en actualiser les ressources dans un temps qui n’est plus celui du positivisme. La question de la pertinence de la phénoménologie devient donc celle de la pertinence de telle ou telle forme d’actualisation. En tant qu’il en est le traducteur, le phénoménologue ne peut faire autrement que trahir, d’une manière ou d’une autre, les aspirations du « père ». Heidegger trahit Husserl quand il oriente la dynamique centrale de sa phénoménologie vers un thème existentiel (le Dasein), et plus encore quand il introduit la dimension d’une événementialité qui échappe à la maîtrise des saisies eidétiques et conceptuelles classiques (Ereignis). C’est sur ce dernier point que la rupture majeure intervient.

Les penseurs post-heideggériens comme Levinas ou Derrida se sont ainsi tournés, non vers ce que Vivien disqualifie d’emblée comme « altérophilie », encore moins vers une quelconque volonté de « destruction », mais vers ce qui, dans la phénoménologie (et j’insiste ici sur le dans, puisque les auteurs dont nous parlons y demeurent, du moins ne s’en exilent jamais totalement) s’éprouve comme irréductible. Ce qui ne se laisse pas circonscrire dans les procédures canoniques de la réduction : ni suspendre, ni formuler dans un discours de type apodictique. Cher collègue, je suppose que vous avez suffisamment confiance en la phénoménologie pour admettre qu’elle soit également appelée à se dépasser elle-même. Aucune philosophie, aussi riche et puissante soit-elle, ne saurait s’extraire complètement des déterminations contextuelles, en tant que la philosophie ne tient pas seulement du philosophe mais tout autant, sinon plus, de la dimension époquale du réel et du monde. Une dimension que, dans la Krisis, Husserl thématise d’ailleurs comme un fond de vie d’ordre historial, nécessairement présupposé à l’arrière-plan de toute production théorique.

Ce qui manque à votre définition, c’est la prise en compte de cette dimension. Pour savoir quelle tournure pourrait prendre la phénoménologie contemporaine, il faut au préalable se poser la question de ce qui, pour nous, fait aujourd’hui époque. Il est trop facile de passer la phénoménologie du XXe siècle au crible des enjeux qui sont les nôtres. Je m’accorde sur la nécessité de penser plus positivement l’unité, l’identité, l’en-commun dans le temps qui est le nôtre (et nous aurons l’occasion d’en discuter quand nous aborderons la question du politique). Mais peut-on penser ces questions brûlantes sans tenir compte de celles qui travaillèrent la génération qui nous précède immédiatement ? Par exemple, pourrait-on discuter en toute rigueur le thème de l’identité sans tenir compte des abondantes réflexions produites sur le thème de la différence ? Je ne le crois pas. Je pense tout au contraire que la rigueur nous oblige à prendre les phénoménologies de la différence très au sérieux, à ne surtout pas sous-estimer leur portée. Et ainsi, je réprouve cette manière de refuser le dialogue en construisant des schèmes d’opposition binaire. Cela revient à faire sombrer la phénoménologie dans un simplisme que je constate et condamne par ailleurs chez les héritiers du courant analytique. Quand la dite « philosophie analytique » rigidifie et simplifie outrancièrement, à longueur d’articles, les thèses des uns et des autres pour les réfuter plus aisément, finissant par tourner en boucle et par produire des structures de discours scandaleusement schématiques. Une attitude mortifère au sens des « concepts morts » dont parle Hegel, qui ne donne rien ou trop peu à penser.

Vivien Hoch – J’ai l’impression que vous fixez la question sur une alternative qui n’est pas de soi obligatoire et qui ne recouvre pas la possibilité quasi infinie de déploiement de la phénoménologie telle que son maître Husserl la concevait. Il y a d’autres alternatives que celles de la nécessaire trahison, du parricide et de l’érudition du moine copiste. Il y a aussi le prolongement.

Concernant l’irréductible dans la phénoménologie, je ne pense pas qu’il y en ait qui soit posé a priori. Si la description phénoménologique bute sur ce qu’elle croit être de l’irréductible, cela n’implique pas que cela soit forcément de l’irréductible. Il s’agit peut-être et aussi d’un manque d’attention au fil noético-noématique qui nous porte vers les choses. Husserl lui-même pensait « tomber » sur le fondement des fondements, l’ego, dernier rempart apodictique et irréductible de tout ce qui peut être possible en phénoménologie. Mais cet ego n’est pas lui-même dépendant d’un quelconque « fond historial » en tant qu’il est lui-même condition et non conditionné par l’histoire et l’être – et l’histoire de l’être.

Dans les phénoménologies contemporaines de la différence ou de la déconstruction, il y a un glissement entre l’ego et l’autre ego, qui se reporte finalement sur un choix métaphysique entre tous qui est celui qui a été opéré dans l’impensé de l’époque entre le même et l’autre, Alors qu’il n’y a pas d’opposition entre l’ego et autre chose. L’ego est absolu et ultime, c’est-à-dire qu’il n’a pas de vis-à-vis ! Il est donc impossible de lui opposer quoi que ce soit. C’est le même souci avec les concepts de transcendance et d’immanence. Exprimer l’une revient à exprimer l’autre. De même que dire « capitalisme » c »est se positionner dans la dichotomie choisie par Marx lui-même entre « communisme » et capitalisme ». C’est s’enfermer dans un jeu que l’on a pas choisi. Car ce que recouvre le terme de transcendance, ce n’est qu’une partie d’une l’alternative qu’il partage avec l’immanence. Mais si Dieu, tel que les chrétiens le comprennent, il y a, alors il englobe tout à la fois l’immanence et la transcendance, et finalement l’alternative ne se pose pas. Ceci pour dire que la croisade menée au sein des phénoménologies de la différence – Heidegger, Levinas, Derrida, etc., contre le tournant transcendantal du Husserl des Ideen I est abscons et détourne la phénoménologie de ses véritables possibilités. Elle enferme alors la phénoménologie transcendantale dans une « catégorie » qui n’est pas la sienne, car elle-même se comprend et se présente comme infinie.

En fait, les phénoménologies de la différence (ou « différance ») répondaient aux enjeux d’une époque aujourd’hui révolue, où il fallait lutter de manière salutaire contre le structuralisme des sciences humaines, le systématisme hégélien de la philosophie et les expériences nationalistes désastreuses au plan politique. Or, aujourd’hui tout cela est bien éclaté, et même beaucoup trop ! Deux possibilités de nouvelles alternatives au panorama actuel de la phénoménologie, sur lesquelles j’aimerais insister :

– celle de Michel Henry, qui prend bien acte de cette incroyable re-découverte et re-déploiement de l’ego par Husserl et décide de l’approfondir, en y découvrant un terrain extrêmement fertile et éminemment chrétien.

– celle du Fink de la VIème méditation, qui, je le rappelle, a bénéficié des faveurs du maître (au contraire de Heidegger), et qui propose une exploration transcendantale – mais pas kantienne – en déployant l’ego et la (les) réduction(s) jusqu’à des possibilités à mon sens encore jamais atteintes.

Bref, ceci pour dire qu’il y a encore des possibilités encore par trop inexplorées en phénoménologie qu’on pourrait esquisser avec profit devant ce qui a déjà été fait et qui me semble aboutir à la fin de son aventure.

Maxime Roffay – Je ne conçois pas cette nécessité d’opposer une phénoménologie qui serait de rupture à une phénoménologie qui serait de continuité. Le continent husserlien apparaît suffisamment vaste et foisonnant pour laisser aux phénoménologues des choix d’exploration non intégralement déterminés. C’est, qu’on le veuille ou non, de certaines lectures de Husserl – parfois très aventurières je vous l’accorde – que sont nées les phénoménologies les plus « dissidentes ». La philosophie de Derrida, notamment, prend son essor à partir de lectures extrêmement fouillées de l’oeuvre husserlienne. Les problématiques de l’ego, de l’intentionnalité, de la conscience transcendantale ne sont pas abandonnées au profit d’autre chose – pas même de cet alter-ego qui apparaît au cours de la Ve Méditation. Elles sont au contraire prises en charge d’une manière novatrice, en un temps où l’on assiste au déploiement des thématiques liées à la dite « mort du sujet », portées non d’abord par des philosophes mais par les sciences humaines et sociales. C’est à cette mise en cause radicale du primat de la conscience et de la subjectivité que des auteurs comme Levinas et Derrida eurent à faire face – à cet égard, il n’est pas sûr que nous soyons encore tirés d’affaire. Le risque, à vouloir si vite en finir avec les productions post-heideggériennes, serait de ne plus savoir répondre à la hauteur de tels ébranlements, qui touchent aux fondations. Ces travaux constituent plutôt, pour nous, un fonds inestimable de réponses possibles au drame d’une déperdition du sens.

Il est intéressant que vous suggériez les lectures de Fink et de Henry. Ces deux auteurs ont abordé des champs problématiques très différenciés : celui, très théorique, de la méthode, et celui, très concret, de la vie incarnée. Je ne me représente pas aussi précisément les auteurs et les problématiques qui pourraient être ceux de notre temps. Mais il me semble, au-delà du contexte, que la phénoménologie se voue tout entière à la quête de ce qui, au fond, unit des régions théoriquement différenciées. Un travail important à mener consisterait dès lors à mettre au jour les points de rencontre possibles entre les phénoménologies de Fink et de Henry, soit, plus fondamentalement, une phénoménologie capable de rendre lisibles les relations par lesquelles les questions de la méthode transcendantale et de l’auto-affection trouvent leur lieu d’unité. Cette visée unitive caractérise en propre toute démarche phénoménologique.

Et si nous n’avons pas à inventer les enjeux de notre temps, nous pouvons les anticiper. Les travaux les plus récents, outre leur diversité, forment un paysage largement configuré par la question du sens. Les recherches du XXe siècle tardif (en philosophie, en sémiotique, en psychanalyse) nous ouvrent à la question du sens comme la question par excellence de notre temps. Encore largement indéterminée, les travaux dont nous héritons n’en sont que des ébauches, des esquisses. La phénoménologie du sens est en attente d’une élaboration plus globale, ou plus précisément, en attente d’éclaircissement. Les problématiques du langage (ou de la « méthode transcendantale ») et de la corporéité gagnent leur pleine pertinence quand elles se posent en vue de la question du sens. Le sens peut-il encore se dire dans une forme, plus ou moins assumée, d’idéalisme transcendantal ? Peut-on encore localiser quelque point d’origine, plus ou moins substantiel (l’ego, le corps, l’histoire, le dieu) ? Il nous faut analyser les conditions négatives dans lesquelles notre époque s’inquiète de la question : le thème du nihilisme, la prolifération de l’insignifiance, la prise de la mesure du non-sens comme dimension intrinsèque du vécu. On parle de perte ou défection du sens : est-ce réel ? Qu’est-ce à dire ? Il est difficile d’aborder ces questions aussi frontalement (en témoignent la densité des recherches de Jean Greisch pour le versant herméneutique, et la complexité des travaux de Marc Richir pour le versant phénoménologique) ; elles exigent pour aujourd’hui de nouvelles prises en charge et approfondissements.

Ajouter une parole d’Évangile au fronton des écoles catholiques ?

02 mercredi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Religion

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écoles catholiques, l’enseignement catholique, parole d’Evangile, Vincent Peillon

Article de Vivien Hoch sur Itinerarium.fr

Les drapeaux tricolores et européens ainsi que la devise républicaine sur les frontons des établissements catholiques ? Pascal Balmand, nouveau secrétaire général de l’enseignement catholique propose d’y ajouter une parole d’Evangile. Un moyen selon lui de marquer à la fois «l’appartenance ecclésiale» de ces établissements et le partenariat qui les lie à l’État. «Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance» : si cet ancien professeur d’histoire dirigeait un établissement, c’est cette parole qu’il choisirait d’afficher sur les frontons des établissements catholiques.

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Concernant la morale souhaitée par Vincent Peillon et inscrite aux programmes :

«Dès lors que nous ne sommes pas dans la vulgate d’une pensée obligatoire, nous ne nous opposons pas à cet enseignement de la morale».

Enfin, à propos de la charte de la laïcité, le secrétaire général de l’enseignement catholique rappelle que le document ne s’applique pas à l’enseignement catholique.

«La laïcité républicaine, nous y adhérons pleinement. En revanche, la laïcité des établissements, nous ne pouvons y souscrire ».

 

Nous rappellons souvent ici comment la laïcité de composition, telle qu’elle est explicité dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et qui assure la liberté de publiciser sa foi, se transforme peu à peu, sous les coups de butoir des prophètes comme Vincent Peillon, en une laïcité de combat. On l’a vu récemment avec la charte laïque, la morale laïque, la proposition de supprimer les fêtes chrétiennes, et maintenant avec la tentative d’application de la devise républicaine sur les frontons des écoles catholiques.

Le chrétien ne doit pas être naïf : cette laïcité athéiste, religion de l’homme sans Dieu, si possible socialiste, ne doit pas écraser la foi des chrétiens, et ces derniers doivent résister à cette tentative de substitution d’une religion à une autre.

Il est possible de se défendre par la guerre – une guerre religieuse, pas forcément matérielle, mais surtout spirituelle. Comme le rappelle saint Thomas d’Aquin (Somme de théologie, IIa IIae, qu. 10, art. 8, resp.) :

C’est pour cela que souvent les fidèles du Christ font la guerre aux infidèles; ce n’est pas pour les forcer à croire puisque, même si après les avoir vaincus ils les tenaient prisonniers, ils leur laisseraient la liberté de croire ; ce qu’on veut, c’est les contraindre à ne pas entraver foi chrétienne. 

Ajouter une parole d’Évangile sur le fronton des écoles catholiques, afin de préserver le caractère propre de ces institutions libres, c’est défendre les dernières poches de résistance à l’invasion laïciste ; cette parole sera sentinelle pour nos enfants : « je t’ai donné pour sentinelle aux enfants d’Israël. » (Ézéchiel 3, 17). Finalement, cette parole d’Évangile, exposée au fronton des écoles catholiques, remplit, seule, les conditions d’une laïcité saine, positive, et bien comprise…

Remplacer les fêtes chrétiennes par Yom Kippour et l’Aïd : et on va dire amen ?

24 mardi Sep 2013

Posted by Vivien Hoch in Politique, Religion

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Aïd, chrétienté, déchristianisation, fêtes chrétiennes, nouvelles de france, Peillon, Robespierre, Vivien Hoch, Yom Kippour

Un article de Vivien Hoch publié sur Nouvelles de France

 

La France est un pays de culture et de tradition catholique, sous un régime républicain et démocratique. Je mérite sûrement la guillotine, bien affûtée, de la libre parole républicaine pour ces propos nauséabonds. Plus besoin de guillotine, elle est désormais implantée directement dans les âmes et consciences, et ce, dès l’enfance, grâce à la « ligne Buisson » de la laïcité de Vincent Peillon, et la pastorale républicaine qu’il met en place à l’école. Prochaine étape : la suppression des fêtes chrétiennes. On y vient très vite, on y est : une «sociologue» convertie à l’islam, membre de l’Observatoire de la laïcité, vient de proposer de remplacer deux fêtes chrétiennes par une fête juive et une fête musulmane…

L’Observatoire de la laïcité, organisme étatique dépendant directement du Premier Ministre de la République, a été créé en 2007, sûrement pour contrer, au moins en tant que « poudre aux yeux », la problématique du culte musulman au cœur du quotidien des citoyens. Aujourd’hui, au main des socialistes, cet observatoire devient très dangereux – comme pour nombre de lois prises sous la droite, que la droite applaudissait, et qu’elle se prend aujourd’hui en pleine poire.Dounia Bouzar, qui a été nommée dimanche à l’observatoire de la laïcité par le Premier ministre, qui est une anthropologue spécialiste du fait religieux, propose, dans un entretien à Challenges,de remplacer deux fêtes chrétiennes (au choix) par Yom Kippour et l’Aïd…

Cette experte, donc, nous informe que « la France a montré l’exemple de la laïcité au monde en instaurant la première la liberté de conscience » [sauf pour les pharmaciens ou les maires – ajout de l’ami Michel Janva]. Liberté de conscience, soit dit en passant, qui existait dès la grèce antique, sinon avant, et qui trouve d’ailleurs dans la théologie médiévale des arguments étayés. Il suffit d’ouvrir saint Thomas d’Aquin pour comprendre que l’homme créé à l’image de Dieu veut dire qu’il en est l’image en tant qu’il est libre, comme Lui, de ses actes et de ses pensées.

À la fin de cet entretien sur les cas posés par la problématique musulmane au travail et dans les cantines, le journaliste lui demande quand même s’il faut ajouter deux fêtes en plus ; et notre experte en laïcité de répondre : « le clergé y a longtemps été opposé mais il a évolué et n’y est plus hostile car il y a beaucoup de fêtes chrétiennes ». Il a « évolué ». Comprenez : le clergé sort enfin des siècles sombres, moyenâgeux et lugubres dans lesquels il était enfermé, et il en sort sous l’impulsion du « sens de l’histoire », qui file en droite ligne vers le Grand Soir socialiste, le paradis terrestre, enfin délivré de toute croyance et de toute vérité des cieux.

Et, comme toute histoire a ses prophètes, je vous en offre deux qui avait tout prévu : le prophèteJacques Attali disait déjà, en février 2003, qu’« il convient (…) d’enlever de notre société laïque les derniers restes de ses désignations d’origine religieuse. »… Pas mieux que l’autre prophète,Vincent Peillon, qui affirmait dans une vidéo de 2005 qu’il fallait détruire la religion catholique, pour imposer sa « religion laïque et républicaine » (l’équivalent, chez lui, de « socialiste »). L’enjeu, dit Peillon, est « de forger une religion qui soit non seulement, plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force, de séduction, de persuasion et d’adhésion, que lui. ». La chose est claire ? Il parle exclusivement du catholicisme, et non des autres religions : la rivalité mimétique de la République et de l’Église, dès la Révolution française – qui n’est pas terminée, rappelons-le, est un combat, une guerre des religions qui est strictement polarisée par ces deux-là. L’islam est là de surcroit, comme un allié objectif de la République dans ce combat, quoi qu’on puisse en penser.

L’objectif est donc clairement de bâtir une société anti-chrétienne. Pourquoi autant de pessimisme et de fermeture, me direz-vous : l’espace social n’est-il pas le lieu de la « cohabitation des différences » et du « multiculturalisme » ? Oui, très bien, et alors il ne resterait qu’à nous, chrétiens, de convaincre les autres – sans pouvoir trop en parler publiquement, en se cachant dans les caves, en évitant d’être trop « visible », se faisant tout petit, et en n’intervenant surout pas dans les débats publics.  Comment voulez qu’une lampe éclaire le monde si elle est placée sous la table ? Comment voulez-vous que l’avenir de la France se batisse sans son passé ? Comment voulez-vous construire une maison sans ses fondations ? Point n’est besoin de fondation, d’historicité et de continuité, puisque, dans leurs esprit peilloniens, tout commence par la Révolution, et tout finira avec la Révolution achevée : une Révolution, selon le grand-maître Peillon, qui est « un événement religieux », une « nouvelle genèse »  un « nouveau commencement du monde », une « nouvelle espérance », une « incarnation théologico-politique », qu’il faut porter à son terme, à savoir : « la transformation socialiste et progressiste de la société toute entière » (La révolution française n’est pas terminée, p. 195).

Que les musulmans (et les juifs) ne se réjouissent donc pas trop vite : ils sont aujourd’hui les idiots utiles de la République, plus que les alliés objectifs. Une République qui se sert de l’islamisation, à sa droite, et du « multiculturalisme », à sa gauche, pour imposer sa propre religion, mais qui veut les fendre toutes, et, au premier chef, l’Église, dont elle est depuis le début la copie mondaine et le décalque horizontal.  Elle veut et n’existe que pour s’imposer elle-même comme religiosité, et, grâce à Vincent Peillon, dont on peut reconnaître, au moins, la franchise, cela est rendu public. Oui il faudra répandre la bonne parole, selon le rapport de l’Observatoire de la laïcité remis le 25 juin au Premier ministre : « favoriser la diffusion de guides de la laïcité dans les municipaleité, hopitaux, maternité, entreprises privées », « inventer une charte laïque » ou encore « enseigner la morale laïque à l’école » (p. 4), tout cela en s’appuyant « sur la lutte contre toutes les discriminations économiques, sociales, urbaines ». L’homme nouveau, républicain et socialiste, ouvert à tout sans n’être à rien, subissant toutes les cultures du monde sans avoir le droit à la sienne, étant partout « chez autrui » plutôt que « chez lui », sera lisse et livide, sans visage et sans porosité, homme relatif et relativiste, où tout se vaut, dans une angoisse permanente et suffoquante. Rien à quoi se rattacher. Sinon à la République laïque et socialiste qui est là, et qui tend les bras.

Oui, c’est encore une religion, sinon une certaine forme de religiosité, qui est encore à l’œuvre dans ce médiocre spectacle dit « laïque ». Les petits rituels narcissiques, ludiques ou névrotiques de l’homo festivus sont désormais les grandes-messes du monde post-moderne, avec leurs prêtres, leurs thuriféraires, leurs porte-croix, leurs fêtes de Bacchus, leurs processions infâmes et leurs vêpres télévisuelles débilisantes. Et les sermons servis au cours de ces messes profanes sont d’une violence inouïe pour toute personne attachée à la continuité, la verticalité, la transcendance et le sérieux de la vie en société. Chrétiens, vous n’êtes pas les bienvenues : vous représentez le passé, le mur, l’échaffaud sur lequel, certes – et encore ! – on a bâti la civilisation, mais qu’il faut désormais rejeter. Place aux autres, à tout le monde, sauf à vous, déchets moyenâgeux.

– Faites donc une « croix » sur deux fêtes (au choix, mais ne rêvez pas trop pour un réferundum) :

Lundi de Pâques (21 avril pour 2014)

Jeudi de l’Ascension (29 mai pour 2014)

Lundi de Pentecôte (9 juin pour 2014)

Assomption (15 août)

Toussaint (1er novembre)

Noël (25 décembre)

Puis tournez-vous vers le dieu républicain, ses valeurs « humanistes » et immanentes, cette « transcendance flottante », cette réduction anthropologique, gage de paix, de sérénité, et surtout, comme nous le voyons tous les jours dans notre société, de beau, de vrai et de bien. Amen.

Un article de Vivien Hoch publié sur Nouvelles de France

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