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L’Europe et le gros animal de Platon

31 samedi Mai 2014

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique

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commission, De Gaulle, Europe, Jan Patocka, l’Europe, le Français, le Tchèque, Patocka, Platon, UE, Vivien Hoch

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L’Europe et le gros animal de Platon, par Vivien Hoch, sur Les 4 Vérités

On racontait en Europe centrale l’histoire de trois écrivains de nationalités différentes, soumis à la rédaction d’un livre sur les éléphants : l’Allemand écrivait une énorme somme de 5 livres sur le concept d’éléphants, le Français, une pièce badine sur les éléphants et l’amour, enfin, le Tchèque, un essai tragique sur « les éléphants et la question Tchèque ».

 Ceci nous pas pour remarquer que Prague est une ville où il fleure bien plus ce que nous aimons de l’Europe que l’extrême majorité des quartiers de Paris, ce qui pourrait constituer un éclairage certain sur la question européenne.

Ceci pour introduire au philosophe Tchèque Jan Patocka, grand penseur de l’Europe, grand pourfendeur du communisme, grand martyr tombé sous les coups de la police politique socialiste de l’époque. Ses Essais hérétiques sur l’histoire, ses séminaires clandestins de philosophie rassemblés sous le titre L’Europe après l’Europe et surtout son immense Platon et l’Europe sont des mines de renseignement sur le destin spirituel de l’Europe.

Pourquoi « Platon et l’Europe » ? Parce qu’il y a quelque chose de platonicien dans la civilisation européenne, un mauvais platonisme (l’oligarchisme) et un bon platonisme (le souci de l’âme)…

L’oligarchisme républicain

C’est dans La République que Platon montrait sa préférence pour l’aristocratie (le pouvoir des meilleurs) au détriment de la démocratie. Platon ne faisait clairement pas confiance au peuple, qu’il qualifiait de « gros animal », et qui, dominé par les passions, préférait suivre les démagogues (les sophistes, les politicards) qui le menait à sa perte plutôt que de suivre les voies de la raison et de la connaissance.

Cette méconfiance dans le peuple se retrouve dans la manière dont se mène, aujourd’hui, la construction européenne. Et notamment dans son rapport, justement, au peuple.

Voyez Charles de Gaulle qui, en onze ans (1958-1969), a accepté de se soumettre à la volonté du peuple par cinq référendums, le dernier l’ayant conduit, désavoué, à quitter ses fonctions de lui-même.

 Ses successeurs n’ont pas eu les mêmes scrupules, car seuls 4 référendums ont été tenus jusqu’à 2004, soit en 35 ans ! L’absence de recours aux référendums conduit à une sorte de « monarchisme républicain » renforcé par la décision de procéder à l’élection du parlement après celle du président.

« Monarchisme républicain » qui devient européen : c’est la République Française influence la construction européenne dans tous ses travers jacobins et bureaucratiques. Quel meilleur exemple que la Commission européenne où l’ont peut admirer la dialectique perverse de « ceux qui savent» face aux « gros animaux » qui peuplent l’Union européenne ? Et quoi de plus déroutant, pour tout ce système de représentants qui ne représentent plus rien, que de demander enfin la parole au peuple ! Et donc, si la ligne de sortie de l’Union Européenne domine, attention à ce ne pas reproduire l’administrocratie bruxelloise au plan Français…

Ce peuple européen qui se définit par le souci de l’âme.

Platon dans son Apologie de Socrate. Socrate assurant sa défense, accusé par Athènes, plaidait sa cause ainsi :

« Je ne fais rien d’autre qu’aller par les rues pour vous convaincre, les jeunes, les vieux, tous tant que vous êtes, que le souci de l’âme passe avant celui du corps et de l’argent ».

C’est pourquoi Patocka dit que « L’Europe est un concept qui repose sur des fondements spirituels ». L’Europe est déjà en gestation dans la Grèce antique à travers la metanoïa socratique, la conversion de l’âme vers l’idée, le fait de s’élever des basses occupations matérielles vers le monde des idées, de la culture et du divin.

***

Permettez-moi donc de saluer, avec Platon et avec Patocka, avec l’Europe entière et ce qu’elle comporte de noble, le peu de partis politiques qui ont mis en avant ce souci de l’homme dans cette campagne des Européennes.

Quand l’intolérant catéchisme républicain s’abat sur l’enseignement catholique

28 lundi Avr 2014

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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catéchisme, Gerson, Peillon, république, Vivien Hoch

Publication de Vivien Hoch sur les 4 Vérités

La dernière polémique autour de l’enseignement de la morale catholique dans un lycée privé…catholique (sic), fournit une occasion de plus de démontrer que l’idée de République à la française est profondément intolérante et, en son fonctionnement, religieuse. Pour imposer ses dogmes, elle doit faire avaler son propre catéchisme, de gré ou de force. Enfin, si « la République se construit dans la mort de Dieu » (dixit Peillon), c’est qu’il ne faut jamais relâcher l’effort lorsqu’on voit son cadavre bouger. 

983644_10152182224499934_6133829814391294638_nLa Révolution Française, Robespierre, Ferdinand Buisson, et, plus récemment, le triste Vincent Peillon, ne sont que des épiphénomènes d’une idée – la République – et d’une histoire – celle de la France depuis 1789 –  qui les dépassent largement. Évidemment, lorsque le gouvernement au pouvoir place des personnes, comme Vincent Peillon, pour qui « la révolution française n’est pas terminée », parce que cette Révolution est « un événement religieux », une « nouvelle genèse »  un « nouveau commencement du monde » et une « nouvelle espérance » qu’il faut porter à son terme, à savoir : « la transformation socialiste et progressiste de la société toute entière », nous sommes heureux

En fait, les socialistes ultra-républicains (c’est-à-dire l’ensemble de la gauche française) ne sont ni des hommes politique, ni des promoteurs d’une visionmutlicutlurelle de la société. Ce sont des prophètes, des grands-prêtres laïcards, des moines-soldats de leur dogme qui sont là pour imposer leur vision du monde au détriment des autres. Ainsi légifèrent-ils sur l’existence humaine dans sa globalité, touchant les axes symboliques fondamentaux d’une civilisation que sontEros et Thanatos. 

Cette « affaire de l’école catholique privée Jean Gerson », accusée de « dérives intégristes » parce qu’elle enseigne les grandes lignes du catéchisme de l’Église catholique sur le sacro-saint « droit » à l’avortement (je ne m’appesantirai pas sur le ridicule de la polémique, bien démontrée par Michel Garroté) prouve l’intolérance fondamentale de la République en régime socialiste. Ce que j’avais appelé « la ligne Buisson de la laïcité », à propos de Vincent Peillon – en référence à Ferdinand Buisson, l’acteur de premier plan de l’expulsion des congrégations religieuses – marche aujourd’hui à plein, et cet épisode n’en est qu’un épiphénomène, car le but de la République socialiste, c’est de s’imposer comme la grande religion nationale, comme le fut, en son temps, le catholicisme :

« [Le but de la morale laïque] est de forger une religion qui soit non seulement, plus religieuse que le catholicisme dominant, mais qui ait davantage de force, de séduction, de persuasion et d’adhésion, que lui. ».

L’éducation a un rôle capital dans le système idéologique socialiste, car l’école est «  un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste. ».  Plus encore, l’école est un instrument de la religion laïque dont il se fait le prophète : « c’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin » (citations de Vincent Peillon, La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 195). Et évidemment, l’école sera le temple de cette nouvelle religion :

« c’est bien une nouvelle naissance, une transusbtantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi »
(Vincent Peillon, La révolution française n’est pas terminée, op. cit., p. 18).

Quel est le but de l’éducation nationale, dans un gouvernement socialiste, sinon de former des futurs électeurs socialistes ? Avec les efforts qui sont fait pour imposer la théorie du Genre, l’égalitarisme, le multiculturalisme destructeur d’identité, l’enseignement des « grands homosexuels de l’histoire », la lutte contre les discriminations et autres stéréotypes de genre, et l’imposition d’une « morale » qui n’est pas seulement laïque, a-religieuse, mais aussi anti-religieuse, on se dit que nos enfants en sauront bientôt davantage sur la contraception, le mariage homosexuel, l’homophobie, le trans-genre et le cannabis, que sur l’histoire de France ou les règles de conjugaison.

En janvier 2013, Vincent Peillon avait produit une circulaire visant « à rester vigilant envers l’enseignement catholique »

La fronde contre l’enseignement catholique est un vieux projet socialiste. 1905, 1984, et, récemment, Vincent Peillon, qui a commencé à s’attaquer aux retraites des enseignants du privé (déjà dévalorisée de quasiment 30% par rapport à celles du public), puis à produire une circulaire qui enjoint les recteurs « à rester vigilant envers l’enseignement catholique » parce que ce dernier s’était prononcé contre le mariage homosexuel. « Rester vigilant envers l’enseignement catholique » veut dire, dans son système, qu’aucune idée ne peut se transmettre en dehors des cadres dogmatiques de la République socialiste.

Vous comprenez pourquoi il n’y a aucune contradiction dans leur esprit de socialiste républicain lorsque Vincent Peillon interdisait à l’école privée de parler du mariage gay alors que Najat Belkacem en faisait l’apologie au collège. Aucune contradiction lorsque la mairie de Paris demande au Rectorat de diligenter une enquête administrative au sein du Lycée catholique Jean Gerson « soumis au respect des devoirs et règles républicains,et faire toute la lumière sur les évènements du lundi 14 avril.» Aucune contradiction, quand cette même mairie socialiste

«  dénonce fermement ces propos qui soumettent les élèves parisiens à une guerre idéologique d’un autre temps.  […] et demeure vigilante quant au respect du droit de chaque adolescente et adolescent d’être informé sur sa sexualité et les moyens de contraception existants, au moyen d’informations validées par les professionnels. ».

Puisque l’enseignement de l’avortement et de la contraception, gratuits et obligatoires, est un devoir républicain, comme le note Michel Janva sur le Salon Beige, il faut traquer ceux qui n’accomplissent pas ce devoir. En d’autres temps, si peu éloignés – et si prochains, on traquait celui qui ne prenait pas sa carte au Parti, ou qui tenait un propos désobligeant envers le gouvernement.

Avec cette conception de la République, nous sommes clairement dans une dialectique néo-marxiste et entièrement religieuse, que la contradiction n’effraie aucunement. Le moment passé (à savoir les traditions, l’histoire de France, les valeurs chrétiennes) doit être annulé par le moment à venir : le monde poli, égalitaire, gay, bi, neutre, avorteur et joyeusement socialiste, délivré enfin du joug de la méchante Eglise catholique et de ses principes désuets. Le bonheur  à portée de bulletin de vote.

 

Questions sur l’«anti-libéralisme»

19 mercredi Mar 2014

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique

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Dans le Monde & Vie de cette semaine, nous trouvons un dossier sidérant sur ce qu’ils appellent le « libéralisme », accusé de tous les maux, je cite : « mondialisme, financiarisation, émeutes de la faim, chômage, destruction de la famille, amnésie culturelle, télé-réalité, trafics d’organes, achats de votes, marchandisation du vivant », etc. etc. On pourrait rajouter qu’il est responsable de l’existence du diable ou même – ce qui peut arriver après quelques causalités fonctionnelles – de la mort du Christ.

Quelques remarques urgentes :

– Au plan sémantique, d’abord, les anti-libéraux proclamés ne semblent pas très au courant de la profonde polysémie du terme « libéral », ni de sa consistance historique. Jusqu’au point grotesque où une personne interrogée affirme que le libéralisme se confond avec « la liberté de faire ce que je veux », en évacuant la question du bien ou du Bien commun (autre terme extrêmement ambigü). Cette définition est pourtant tout l’inverse de ce que la tradition philosophique la plus noble entend par libéralisme. Ces personnes, souvent catholiques d’ailleurs, me semblent être crispées autour d’une définition désuète du libéralisme, tel qu’elle pouvait exister à la fin du XIXè siècle, lors de la crise moderniste au sein de l’Église.

– Vous sentez-vous réellement dans une société qui respecte les libertés, et qui peut être qualifiée de libérale lorsque vous observez que les grandes chaines de TV publiques diffusent des panégyriques de plus en plus grossiers à la gloire de la morale gouvernementale, que l’État est omniprésent, de votre santé à vos enfants, en passant par votre sexualité et surtout par votre porte-monnaie ? Plus profondément, il me semble que la société est tout sauf libérale, et qu’elle fait semblant d’avoir évacué la question du Bien commun, à la manière des théories libérales de John Rawls ou des théories du « républicanisme philosophique » à la Jurgen Habermas, mais que cette évacuation fantôme est un mensonge permettant de subsituer au bien commun traditionnel un Bien commun progressiste et complètement décadent. C’est là une ruse de la raison politique, par laquelle beaucoup trop d’amis se laissent tromper. Lisez donc les travaux de Vincent Peillon. Il y a là clairement un bien commun, imposé à tous avec leur argent et au moyen de la violence de l’État. Seulement ce « bien commun » n’est pas celui que nous défendons, mais tout l’inverse. En vous focalisant sur le libéralisme, croyant qu’il n’y a plus de bien, vous ne voyez pas jaillir, derrière, ce « bien » pervers et nihiliste qui est imposé par les grandes machines de l’État. Ne vous y faites pas prendre.

– Sans rentrer dans la dichotomie interne à la droite entre la droite « conservatrice » et la droite « libérale », qui est facilement résolue avec un peu d’application intellectuelle, il n’est pas sans intérêt de rappeller que cette haine du « libéralisme » est partagée avec la gauche et l’extrême gauche, ce qui devrait suffir à prendre un moment de recul. Aussi, un de leur grand manitou, Jean-Claude Michéa, provient-il du marxisme le plus violent. Je dis cela sans ostracisme, mais avec une volonté de mettre en garde sur les tenants et les aboutissants de ce qui devient de plus en plus une haine irationelle et passionnelle envers un ennemi commun avec ceux que, pourtant, nous combattons avec le plus d’acharnement.

– Au plan économique, très peu abordé par ces anti-libéraux, sûrement parce qu’il y a une profonde méconnaissance des mécanismes économiques, on dénonce, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche la « financiarisation », les « grandes banques » et le « libre-échange » destructeur. Une étude plus attentive de l’économie mondiale vous prouverait que l’ennemi n’est pas la liberté d’entreprendre et de commerce, mais bien plutôt ce capitalisme de connivence qui arrange les grandes entreprises et l’État (ce qui se passait en régime communiste). Que les banques centrales, le FMI, le conseil européen et tous les organes d’état ont, depuis plus de 30 ans, bien plus verouillé, contrôlé et administré le commerce mondial que ne l’ont « libéralisé » et ouvert. Le problème vient d’un trop plein d’État plutôt que d’un trop plein de volonté commerciale. Le Léviathan est aujourd’hui mondial, et il est ce qu’il a fondamentalement toujours été – une souveraineté absolue de l’État, s’arrangeant (et arrangeant) les amis.

Bref, méfions-nous des dichotomies hâtives, du manichéisme et de la dialectique proprement gauchiste, qui rêve de nous enfermer dans la dénonciation d’un grand Ennemi.

Je me réfèrerait plutôt à un libéralisme dit communautariste, hiérarchique et traditionaliste, à la Edmund Burke, dont je vous conseille ses excellentes « Reflexions sur la révolution de France », sans qui ni Maistre, ni Bonald, ni Maurras n’auraient existé. En revenir à une telle « fraternité naturelle », non imposée par une propagande d’État, c’est là le but de ce que j’appelle le « libéralisme », avec derrière moi une tradition bien solide, qu’il devient urgent de diffuser. Gardez vos biens, mais ne vous faites pas imposer à tous un Bien général. Dieu veut votre bien, le vôtre, celui que vous vivez réellement, quotidiennement ; pas celui d’une abstraction idéelle qu’est l’État, la nation ou la patrie. C’est le sens profond de mon libéralisme.

Ces hâtives remarques appellent évidemment à la publication de mes prochains travaux, que je prévois pour ces prochains mois.

La sacra doctrina ou l’interprétation du monde au prisme de l’amour

02 lundi Déc 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Religion

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amour de Dieu, charité

Un article de Vivien Hoch sur Itinerarium.fr

Si le monde est créé par un Dieu bon et parfait, comme le confessent les chrétiens, il devrait convenir parfaitement à l’homme. Pourtant, peu en conviendront. Le mal et l’obscurité règnent encore par trop dans un monde qui est pourtant, nous disent les chrétiens, sauvé par le sacrifice du Christ. Dans le concert des voix qui s’élèvent, indignées, contre l’apparente incohérence du monde, le chrétien joue un rôle capital. Du milieu du monde, il montre les signes de sa bonté (fonction phénoménologique) et laisse une force en lui les interpréter au prisme de la grâce (fonction herméneutique). Telle est sa lecture du monde, envers et contre les ténèbres du mal ; telle est sa lumière qui brille et qui fait briller, et qui a pour nom sacra Doctrina.

Crédits photo : Vivien Hoch

Crédits photo : Vivien Hoch

Depuis les premiers Pères, la sacra doctrina assure une fonction critique envers la philosophie. Car la philosophie est critique, mais ne s’auto-critique pas, sinon par détour (à travers la logique, les sciences sociales et autres vis-à-vis). Jean-Luc Marion répète à profit que toute hérésie n’est finalement qu’une bonne philosophie poussée au bout, poussée à bout, une philosophie devenue folle, parce que se déclarant auto-suffisante et ne voyant plus qu’au prisme de ce qu’elle a posé d’elle-même. La sagesse des hommes est folie, et la folie des hommes est sagesse dit l’Apôtre des nations : « ἡμεῖς δὲ κηρύσσομεν Χριστὸν ἐσταυρωμένον, Ἰουδαίοις μὲν σκάνδαλον, ἔθνεσιν δὲ μωρίαν » (I Cor. 1, 23). Combien a-t-on déjà remarqué que le philosophe, enfermé dans son regard fini, cherche des yeux une libération qui lui vienne «du haut» (révélation des mystères) et une assurance qui lui vienne «du bas» (adéquation avec les choses mêmes) ? Seule la sacra doctrina vient à la fois d’en bas et d’en haut, du fondement divin des choses et d’un horizon, le ciel, qui la détermine par le haut, et que le regard ne peut pénétrer. Ni théologie, ni philosophie, elle est plutôtl’effet de la sagesse divine en nous qui organise la rencontre du ciel et de la terre : elle seule peut donc passer la philosophie au tamis d’une interprétation qui l’expose à l’altérité radicale d’une rationalité strictement différente.

Manifester le ciel sur la terre

L’office du sage, tel que le comprend saint Thomas d’Aquin, est en tension perpétuelle entre le ciel et la terre. Il consiste à ramener la terre au ciel tout en manifestant le ciel sur la terre. Sans toutefois déployer un discours métaphysique ou théologique, enfermant et englobant dans un discours rationel les mystères du monde. La contemporanéité ne nous a que trop appris que la rationalité métaphysique poussée dans ses limites aboutie à la déshumanisation de l’homme, et à l’humanisation de Dieu. Aussi la sacra doctrina ne consiste ni à justifier a priori les grands événements de l’histoire théologique du monde, ni à expliquer la nature humaine par elle-même. Il consiste à assumer et à donner à voir les raisons de voir du sens dans les événements historiques et théologiques du monde : ce sont les raisons de convenance (de l’Incarnation, de la rédemption, de la création du monde, etc.), mais aussi à trouver le sens de notre existence sur terre : déceler au plus profond de l’homme la convenance (convenentia ou coaptatio) entre le monde dans lequel il est jeté et la manière dont il s’y meut ; cette exposition au monde, lorsqu’elle est convenable, est amour. Parmi le flux perpétuel de choses qui nous affectent, lorsque l’une d’entre elle s’avance comme aimée, c’est en raison d’une convenance entre elle et nous (Commentaire des Sentences, III d. 27 q. 1 a. 1). Une convenance qui n’est pas posée a priori, telle une harmonie préétablie, mais une convenance qui se créé parce que notre corps et notre âme sont volontairement disposés à aimer par une attention aux choses elles-mêmes, qui recèlent toutes en elles une raison d’amabilité.

La sacra doctrina : une fonction pédagagique et phénoménologique

C’est pourquoi la sacra doctrina a d’abord et avant tout une fonction pédagogique : elle éduque le regard à bien voir, et donc, in fine, à aimer. Cependant, ce qui relève de la sacra doctrina ne peut se manifester que de manière inouïe, c’est-à-dire en dehors des conditions que pose l’entendement, derrière l’apparence première et banale des choses. Passer de l’apparence à l’être qui se dissimule derrière requiert une conversion. Le regard métamorphosé par la sacra doctrina, le sage ne voit différemment ; il y a un « avant » et un « après », et entre les deux une conversion. Tout comme Heidegger dit de Husserl qu’« il lui a implanté des yeux », la philosophie peut dire de la Sacra doctrina qu’elle lui a implanté des yeux. La phénoménologie, qui est aussi une conversion de notre regard sur le monde, constitue le grain à moudre de notre vision du monde infusée par la grâce parce qu’elle laisse les choses se manifester avant même que d’appliquer sur elles des déterminations de l’extérieur d’elles-mêmes. Nous l’avons dit : la sacra doctrina a trait aussi au fondement même des choses, au lieu même où elles se manifestent. Les phénoménologues français comme Michel Henry et Jean-Luc Marion n’ont pas manqué de remarquer que les termes clefs de la phénoménologie sont ceux de la théologie – manifestation, révélation, phénomène, irruption. Ce voisinage n’est pas fortuit. Il montre à quel point interpréter le monde demande de pouvoir le voir. L’homme est empêché, dans son état présent, de considérer entièrement et lucidement les effets spirituels parce qu’il est tiraillé par les objets sensibles qui l’assiègent (Somme de théologie, Ia, qu. 94, art. 1, resp.).

La sacra doctrina assume cette fonction phénoménologique. Elle fait voir, éduque notre regard et lui apprend à voir à travers et au-delà de l’apparence des choses, leur être même. Plus encore, la sacra doctrina est aussi herméneutique : elle interprète le monde au prisme de la grâce, en infusant en l’homme de quoi le relever de ses errances, afin de lui donner une clef d’interprétation juste des choses. Car il ne suffit pas de voir, il faut aussi interpréter. Elle permet en effet à celui qui la pratique de regarder les choses non d’un point de vue absolu, en dehors de tout contexte et de toute histoire, ni même de voir les choses telles qu’elles sont – du moins pour le moment – mais de les voir comme bonnes, dans leur lien de dépendance au créateur. L’herméneutique du monde de la sacra doctrina est une herméneutique sub ratione boni, sous la raison de bien. Il n’est nullement question d’affirmer que toutes les choses du monde sont bonnes, ni même que le mal n’existe pas, mais que nous séjournons dans un paradis que nous ne savons pas voir par nous-mêmes et que nous nous efforçons, par la charité et toutes les autres vertus infuses, à voir comme Dieu les voit.

Voir comme Dieu voit, c’est porter un regard d’amour sur la création, et interpréter le monde en fonction de l’amour qu’on lui porte et qui le porte. « Deus omnia existentia amat. Nam omnia existentia, inquantum sunt, bona sunt – Dieu aime tout ce qui existe ; car tout ce qui existe, en tant qu’il existe, est bon » (Iª q. 20 a. 2 co.), s’il devait y avoir une « métaphysique » ou une « ontologie » thomasienne, elle trouverait ici son principe. Il ne faut pas comprendre que Dieu aime les choses parce qu’elles sont aimables, mais bien que son amour les rends aimables : « amor Dei est infundens et creans bonitatem in rebus – l’amour de Dieu infuse et crée la bonté dans les choses » ; analogiquement, l’amour de charité est amour de Dieu, amour comme Dieu, par Dieu et en Dieu. Par suite, aimer, c’est en quelque sorte prolonger le geste créateur, et se faire co-créateur. Ce que nous créons, ce sont des signes et des symboles qui permettent de configurer l’existence commune des personne et la tourner vers le Bien commun, à partir duquel se diffuse tous les biens personnels. Porter un regard de charité sur le monde, interpréter correctement ce qui est ainsi vu et prolonger cette interprétation dans une construction commune, voilà le rôle de la sacra doctrina.

La sacra doctrina construit un monde habitable

La sacra doctrina est le nom de cette science interprétative et contemplative qui assure, s’assure et rassure du bien dans le monde, parce qu’elle y cherche et y discerne l’action divine qui rend toutes choses convenables, donc aimables. Plus encore, il s’agit d’en vivre. Comme dans le cas de l’Ecriture, d’une adresse à Dieu plutôt que d’un discours sur Dieu, qui relève plus de l’ordre théologal que de l’ordre théologique. Il s’agit plus de vivre de Dieu que de parler de Dieu. Il s’agit d’être plus et d’être mieux que celui qui ne voit pas ce qui se manifeste en-deçà et au-delà de ce qui se montre à voir dans la banalité du quotidien, l’apparence. Lire le monde en chrétien, c’est interpréter les signes et les événements du quotidien sous leur aspect de biens donnés en abondance pour y déceler le divin, toujours présent en toutes choses, toujours en attente d’être vu et remarqué, que nous cherchons du regard sans le savoir. Dieu est partout, la justice de l’homme nulle part, mais la conjugaison des deux construit un monde habitable, infusé par ce qui le dépasse et le fonde ; c’est à la sacra doctrina d’organiser cette rencontre. La rencontre – coup de foudre – entre la créature et son créateur produit un être qui aime inlassablement d’un amour infini : le chrétien. Dès lors, porté par cette relation intime, il se fait un devoir de rappeler le monde à son bien, afin que tous puisse enfin l’aimer, malgré tout.

© Vivien Hoch, pour Itinerarium

Sur la morale de Monsieur Peillon (recension)

26 mardi Nov 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Thibaud Collin, Vincent Peillon

Recension. Thibaud Collin, Sur la morale de monsieur Peillon, Salvator, carte blanche, Paris, 2013

Thibaud Collin est un philosophe bien connu des intellectuels chrétiens engagés dans les âpres débats civilisationnels de ces dernières années. Rappelons son remarquable et tout à fait à-propos « Sur les lendemains du mariage gay » paru avant le projet de loi et les manifestations salvatrices qui ont suivi. Il a remis le couvert avec cette morale de monsieur Peillon, qui tombe à pic, également, en pleine offensive moralisante et laïque sur l’école publique (morale laïque, charte de la laïcité, théorie du genre, refonte des programmes scolaires). Un ouvrage qui dépasse largement ses objectifs.

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Crédits : Vivien Hoch

Ne vous attendez pas à une exposition froidement objective de l’idéologie révolutionnaire et socialisante de Vincent Peillon ; Thibaud Collin propose ici bien plus une critique en règle des tenants et des aboutissants de l’idéologie peillonienne, et une mise en question de ses idéaux. L’avantage, c’est qu’en critiquant Vincent Peillon, on ne critique pas que ce personnage, en soi inintéressant et médiocre : derrière lui, se cache le coeur de la République et de l’idéologie qu’elle véhicule depuis la Révolution française qui n’est, pour rappeler le mot même du mis en cause, pas encore terminée. À tel point d’ailleurs, que, dans cet ouvrage, il n’est finalement que très peu question de Vincent Peillon lui-même, des mesures qu’il introduit aujourd’hui dans l’école. Le travail dépasse largement Vincent Peillon. C’est plutôt une analyse générale de la post-modernité.

I-Grande-7269-sur-la-morale-de-monsieur-peillon.aspxD’emblée, la plus grande conquête de ce travail, comme de tout travail sur ce genre de personnage républicain, me semble être dans la possibilité de prendre conscience du fait que nous sommes, avec cette République-là, dans un système qui impose subrepticement une certaine conception de l’homme, et, en laissant (soit-disant) à chacun la possibilité de vivre selon ses propres conceptions de l’homme, se développe en fait à partir d’une indifférence radicale sur ce qu’est l’homme.

Vincent Peillon lui-même, au bout d’une longue tradition républicaine et socialiste, n’a pas abandonné ce cher « bien commun », tant apprécié de nos amis chrétiens. Bien au contraire : il en a un en tête, et cherche à l’imposer par tous les moyens. Évidemment, depuis qu’il a les manettes de l’éducation nationale, la tâche est plus facile… Et ce sont nos enfants qui en pâtissent. Reste quel’épistémologie pédagogique de Vincent Peillon est complètement désuète, et c’est la deuxième conquête de cet ouvrage que d’arriver à le prouver. La principale raison en est qu’une certaine conception de l’homme entre en jeu derrière la morale peillonienne : « l’enjeu ultime de notre question est bien anthropologique » (p. 54), et il s’agit de découvrir ce qui est en jeu. C’est là que Thibaud Collin devient extrêmement intéressant, notamment dans un chapitre exceptionnel (nature et grâce, chap. V) qui traite de la « modernité post-chrétienne » (c’est son terme) ; il y expose la nostaglie de la grandeur d’une société qui a abandonné le surnaturel et la nature, dans une « acédie mondaine »  ; je vous laisse découvrir ces pages d’une grande finesse.

Les sources religieuses d’une société

Thibaud Collin, déjà très au fait de la question théologico-politique posée par la laïcité révolutionnaire et socialisante (Laïcité ou religion nouvelle ?, Harmattan, Paris, 2007), détaille la question avec les mentors de Vincent Peillon au chapitre 3 : « la République en quête d’une religion impossible », qui reprend les vieux débats entre Simon, Quinet et Ferry, qui se déroulent nécessairement lorsqu’il fait organiser une morale et une éducation sans Dieu : comment produire du commun ? Comment insérer une hétéronomie anthropologique, qui ouvre l’homme à l’autre, sinon à un Autre ? La question de la fondation religieuse du politique, devient celle de la sanctuarisation de l’école, qui devient alors le temple de cette nouvelle religion, comme le dira plus tard Vincent Peillon. La morale dite laïque s’y fondera comme en son élément propre. D’où l’insistance du monde laïc sur l’école et sur l’éducation, tentant de réduire au maximum l’influence de la famille sur les futurs citoyens.

La laïcité devient rapidement un principe d’indifférenciation (p. 83).

La vraie question de tous ces débats, prises de positions, combats idéologiques, étant, au fond, celle de savoir sur quoi fonder la morale : sur Dieu, sur la liberté ou sur l’universel, et, au-delà, de déterminer si la post-modernité a fait de l’état républicain laïc une structure sociétale relativiste et procédurale, écartant la possibilité d’une éthique du bien ; qu’ainsi, comme le dit Thibaud Collin,

« le projet Peillon sous couvert de réintroduire la morale à l’école ne va qu’accroître le relativisme dans la mesure où il ne procède pas à une critique de la doxa actuelle conduisant à réduire la morale à des valeurs formelles sans contenu » (p.133).

Je ne partage pas cet avis. Thibaud Collin pense que la société libérale-laïque empêche toute éthique du bien, et que le projet Peillon se retourne sur lui-même, dans sa propre impossibilité ou contradiction laïque. C’est que je n’estime pas que la société libérale-laïque-procédurale soit avérée, ni non plus que ce qui la fonde et la motive soit des « valeurs formelles sans contenu » ; bien au contraire, il le semble que nous sommes dans une situation on ne peut plus théocratique, avec des contenus à forte consistance idéologique, voir que nous avons à faire à une métaphysique, avec ses transcendantaux et son intolérance ontologique. Thibaud Collin y approche lorsqu’il étudie la volonté théologico-politique de Quinet. Le socialisme républicain et laïc n’est pas informe et sans contenu, comme l’homme qu’il a en vue bien au contraire, il est une métaphysique du dépouillement total, une mystique de la différence, une ascèse mondaine, une acédie, comme Thibaud Collin l’expose au stupéfiant chapitre V. Ma critique devra prendre d’autres lattitudes pour s’exposer plus en avant, et je n’y manquerai pas prochainement.

Un livre efficace, avec des éclairs de lucidité théologico-politique

Reste qu’il s’agit là d’un ouvrage lucide, efficace, avec la sobriété d’écriture et de raisonnement qui caractérise Thibaud Collin ; où il est pris le temps de revisiter les arguments historiques en faveur de la morale laïque, en y croisant Quinet, Jaurès, Rousseau, Ferry, etc. ; où Vincent Peillon est recontextualisé et réinséré dans une vieille tradition républicaine, souvent anti-cléricale, universaliste et socialiste et où, finalement, il est montré que cette tradition et les questions qu’elle porte le dépasse largement, ainsi que tous ceux qui la défendent.

Pour vous le procurer : Thibaud Collin, Sur la morale de monsieur Peillon, Salvator, carte blanche, Paris, 2013

Sur le même thème :

– Vivien Hoch, Vincent Peillon, prophète d’une religion laïque, CERU, 2013

– Entretien sur la charte de la laïcité de Vincent Peillon,

– Réfutation point par point de la charte de la laïcité 

L’éventement ontico-ontologique du socialisme

24 dimanche Nov 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique

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La sotériologie mondaine et obligatoire du socialisme rabat toute forme de transcendance sur la causalité phénoménologique, en insistant sur la logique plus que sur le phaïnomenon, et promouvant tout à la fois l’ultra-liberté avec son inhérent pluriel absolu, et dans le même temps une figure unique de l’humanité, l’homme socialiste jacobin, sans visage et sans historicité personnelle. Cette métaphysique socialiste impose et s’impose, sans en imposer, ni produire d’adhésion. Elle est toujours dans l’obligatoire, le pseudo-logique, le doxologique, l’ordonnancement des débris.

Tout ce qui avait pu constituer, en d’autres temps, une forme de dignité existentielle – la foi, la moralité, la tradition, le sentiment, l’honneur, le loyalisme, le devoir professionnel – est désormais nihilisé, étantisé, choséifié, rabattu sur lui-même à l’exact mesure du pli ontologique qui rabat perpétuellement l’être sur l’étant, produisant un éventement bourgeois, celui-là même de la noblesse décadente qui se rafraichie avec un éventail. Seule compte désormais l’autreté, la différance, puis, un temps après, mais dans le même mouvement dialectique, l’égalité, la mêmeté, le nivellement. Ce clignotement ontico-ontologique, décliné en idéologie politique, est un broyeur de transcendance.

Ne demeurent désormais plus que les restes fantomatiques d’un passé révolu, désuet et ringard : une transcendance flottante dans l’ether du nihilisme contemporain, que de pauvres hères tentent en vain de toucher du doigt, effarouchés et proto-rebelles, ne disposant plus que d’une moitié de foi et d’une demi-raison.

Une apologie théologale des principes libéraux, par Vivien Hoch (novembre 2013)

12 mardi Nov 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Religion

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christianisme, Hoch, Itinerarium, libéralisme, liberté, théologie, Une apologie théologale des principes libéraux, vivien, Vivien Hoch

Un article de Vivien Hoch sur Itinerarium 

Dieu veut-il des êtres libres ou des étants soumis ? La réponse à cette question suppose que la différence ontologique (étant/être) redoublée de la différence nature/surnature, trouve dans la différence proprement politique entre collectivisme/libéralisme des points d’appuis, ou au moins des résonnances.

Vivien Hoch

Théologiquement, de la Cause Pemière (Dieu) aux causes secondes (l’être humain en tant que créature douée du libre arbitre), il y a un espace, que la conception chrétienne de création laisse ouvert aux potentialités humaines ; c’est cet espace fondamental qui laisse la porte ouverte au paradigme libéral. Non que le monde humain se réduise à des causes : réduire la vie terrestre de l’homme a un faisceau de causalité serait vulgairement anti-libéral. Bien plus, l’homme a une capacité qui le place largement au-delà du monde créé : celle d’avoit le pouvoir d’être cause de lui-même.

C’est l’idée de causa sui, que Descartes applique à Dieu, mais que saint Thomas d’Aquin applique à l’homme : l’être humain, dit-il, est image de Dieu parce que c’est un être intelligent et volontaire, mais aussi et surtout parce qu’il est « per se potestavium » : il a un pouvoir de lui-même et par lui-même[1] ; un pouvoir si cher aux yeux de Dieu qu’il envoie sa grâce pour restaurer les pleins pouvoirs que l’homme a sur lui-même.

Or ce type d’auto-détermination constitue exactement le principe anthropologique du libéralisme, etsa seule idée directrice. Auto-détermination, qui extirpe par principe l’homme libre de toute chaine de causalité naturelle, surnaturelle, sociale ou économique ; mais également contre l’homme  En régime théologique, comme en régime politique, nous ne sommes pas de simples instruments que Dieu – ou le dieu moderne, l’État – agite comme une marionnette avec les fils de la concupiscence ou de la violence, guidé en cela par des idées universelles et, surtout, idéelles : déconnectées du vécu et de la quotidienneté.

À Pierre Lombard qui voulait réduire la grâce à une irruption de Dieu dans l’homme, mais sans l’homme, Thomas d’Aquin répond que la grâce ne dirige pas l’homme : elle le libère. Et le principe est théologique, voir plus, théologal :

« ce qui est par soi est toujours plus grand que ce qui est par un autre (per se magis est eo quod est per aliud) »[2].

Être par un autre, que se soit par Dieu, par l’État, par autrui, comme contribuable, copain ou ami, est toujours moindre que d’être par soi-même, à l’image de Dieu. Comme Dieu se veut lui-même, il veut des êtres autonomes plutôt que des automates ; c’est pourquoi il gratifie les êtres consistants, originaux et poreux, qui ne se lissent pas dans les conventions sociales et l’ennuyeux cirque des relations mondaines.

Pour dépasser l’idée qui voudrait que l’individualisme est un effet néfaste du libéralisme, il faut rappeler qu’il y a, au fond des doctrines dites « libérales », une conception la societas comme « coexistence aimante » ou comme « entre-soi », à l’envers du déontologisme kantien, et à rebours du « vivre-ensemble ». Puisqu’il n’y a pas l’homme en général, mais des hommes ; et que ces hommes-çi ne répondent pas à des idées pré-programmées d’universalisme, de solidarité désincarnée ou d’idéal régulateur ; la coexistence se fait de manière spontanée, naturelle et par une « discrimination positive » absolument nécessaire à l’entretien d’une certaine amitié.

Autrui, celui avec qui on vit, est d’abord un frère (fraterna) ou un prochain (alicujus), ce qui fonde, en charité, une proximité théologale ; celle-là même que l’on retrouve, à l’état parfait, dans les communautés monastiques ; celle-là même que l’on ne retrouve absolument pas dans les cités contemporaines, où des inconnus sont entassés de force dans des exiguïtés bétonnées, poussés à coexister selon des idées universelles bien éloignées avec un « vivre-ensemble » abscont mais grassement subventionné.

Il n’y a qu’en régime véritablement libéral – une liberté comme principe, non « orientée » par des ficelles collectivistes et enracinée théologalement, qu’on passe de l’individu à la personne, ou de l’homme-esclave à l’homme responsable : celui qui répond de lui-même des interractions qu’il a avec le monde et que le monde, en retour, lui permet enfin d’avoir.


[1] Somme de théologie, prologue de la IIa

[2] Somme de théologie, IIa IIae qu. 23, art. 6, resp.

« Vincent Peillon : une théologie républicaine et socialiste »

21 lundi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie, Politique, Religion

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Retrouvez mon article « Vincent Peillon : une théologie républicaine et socialiste », dans le dernier Reconquête 

Disputatio phénoménologique : Vivien Hoch vs Maxime Roffay

03 jeudi Oct 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

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Maxime Roffay, phénoménologie, philosophie, Vivien Hoch

 

Vous vous revendiquez tous deux du courant phénoménologique. En quoi la phénoménologie vous paraît-elle la voie la plus pertinente eu égard au paysage philosophique contemporain ? Quels en sont les défis ?

Vivien Hoch – La phénoménologie est une discipline philosophique que l’on s’impose d’abord à soi-même ; en cela elle renoue avec l’antique définition de la philosophie comme art de vivre, exercice pratique de vie. Mais elle est aussi un projet de science rigoureuse et de fondation apodictique de toutes les activités humaines, scientifiques et pratiques. Ce fut le projet profond de Brentano qu’a repris et développé Husserl. La phénoménologie s’est ensuite « existentialisée » avec Heidegger et son projet d’herméneutique de la facticité, en rompant totalement avec les catégories classiques (âme, Dieu, sujet, etc.) et en revenant à cet effort fondamental d’interprétation du vécu et de la quotidienneté. Mais le projet s’est à mon sens perverti, dès la Kehre de Heidegger lui-même, se transformant en discours radicalement anti-technique, a-rationnel et poétique, qui a donné en France la prose derridienne déconstructrice, et qui s’oppose dorénavant à toute tentative de rationnalisation et de systématisation du réel, transformant la phénoménologie, qui d’origine est un effort structurel sur soi – une eidétique du vécu – en discipline belliqueuse, a-rationnelle et déconstructrice. Alors que le but est justement de construire et de rationnaliser le monde !

Cette tendance à la déconstruction a trouvé son parallèle dans une altérophilie et une destruction de l’ego et de l’identité qui a pu parfois servir de justification implicite à certaines visions politiques désastreuses. Levinas peut être considéré comme le principal moteur de cette tendance. Disons que c’est l’intentionnalité, l’éclatement du soi au monde, qui a trop primé sur la donation et la consistance ontologique du monde. Il a fallu par trop fluidifier les choses, les rendre mouvantes et souvent en les restreignant à une sphère d’immanence stricte, comme chez Deleuze.

Le destin de la phénoménologie ne pourra se construire que dans un renversement de perspective. Non pas dans une friction avec la philosophie analytique et sa sur-rationnalité de projet et de technique, ni même dans un approfondissement des fondements ontologiques et sémantiques, mais dans le retour à la volonté brentanienne et husserlienne de fonder une science rigoureuse et apodictique alliée à l’interprétation du vécu et de la quotidienneté qui cherche à en déceler les grandes lignes de force et la consistance. Ce que proposent les travaux d’Emmanuel Falque, par exemple, dans le sens d’une exploration de la consistance du corps et de l’autonomie des réalités intramondaines, déclinée comme un renversement des hypertrophies de la passivité sur l’activité, de la chair sur le corps, et de l’intention sur la donation. Une voie qui me semble éviter et outrepasser l’abscondité poétique dans laquelle est tombé une partie de la phénoménologie ou sa trop grande compromission avec les rationalités scientifiques dures.

D’une part, donc, éviter l’éclatement et l’hypertrophie de l’autre sur le même (ou de l’altérité sur l’identité), parce que nous sommes dans une période qui a besoin plus que tout de rassemblement et d’unification plutôt que de dispersion. Ceci est aussi à justifier, bien entendu. D’autre part, et enfin, retourner au vécu et au discernement des grandes lignes du vécu de l’ego en tant que tel, afin d’y déceler le topos qui fournira l’en-commun de cette unification, identité et rassemblement. C’est selon ces deux axes qu’il faut développer la phénoménologie aujourd’hui.

Maxime Roffay – Il est vrai que Vivien et moi partageons la commune revendication de l’héritage phénoménologique. Mais en même temps, la question nous introduit d’emblée dans le vif de nos dissensions. Depuis les premières Recherches logiques jusqu’à son fameux article de 1911, effectivement, Husserl n’aura eu cesse de garantir à la phénoménologie une portée téléologique plus générale, soit l’idée de faire accéder une fois pour toutes la philosophie au statut de « science rigoureuse » (strenge Wissenschaft). Ainsi, les expressions qu’il utilise sont durablement marquées par un certain positivisme propre à l’école brentanienne (dont sont également issus les pères fondateurs du courant analytique). Cette téléologie positiviste ne sera pas seulement mise en cause par Heidegger et ses successeurs : elle fera plus fondamentalement l’objet d’une ré-interprétation, c’est-à-dire aussi d’une ré-appropriation. Or, tout phénoménologue peut s’accorder sur la nécessité de se ré-approprier ou de traduire le projet husserlien, en vue d’en actualiser les ressources dans un temps qui n’est plus celui du positivisme. La question de la pertinence de la phénoménologie devient donc celle de la pertinence de telle ou telle forme d’actualisation. En tant qu’il en est le traducteur, le phénoménologue ne peut faire autrement que trahir, d’une manière ou d’une autre, les aspirations du « père ». Heidegger trahit Husserl quand il oriente la dynamique centrale de sa phénoménologie vers un thème existentiel (le Dasein), et plus encore quand il introduit la dimension d’une événementialité qui échappe à la maîtrise des saisies eidétiques et conceptuelles classiques (Ereignis). C’est sur ce dernier point que la rupture majeure intervient.

Les penseurs post-heideggériens comme Levinas ou Derrida se sont ainsi tournés, non vers ce que Vivien disqualifie d’emblée comme « altérophilie », encore moins vers une quelconque volonté de « destruction », mais vers ce qui, dans la phénoménologie (et j’insiste ici sur le dans, puisque les auteurs dont nous parlons y demeurent, du moins ne s’en exilent jamais totalement) s’éprouve comme irréductible. Ce qui ne se laisse pas circonscrire dans les procédures canoniques de la réduction : ni suspendre, ni formuler dans un discours de type apodictique. Cher collègue, je suppose que vous avez suffisamment confiance en la phénoménologie pour admettre qu’elle soit également appelée à se dépasser elle-même. Aucune philosophie, aussi riche et puissante soit-elle, ne saurait s’extraire complètement des déterminations contextuelles, en tant que la philosophie ne tient pas seulement du philosophe mais tout autant, sinon plus, de la dimension époquale du réel et du monde. Une dimension que, dans la Krisis, Husserl thématise d’ailleurs comme un fond de vie d’ordre historial, nécessairement présupposé à l’arrière-plan de toute production théorique.

Ce qui manque à votre définition, c’est la prise en compte de cette dimension. Pour savoir quelle tournure pourrait prendre la phénoménologie contemporaine, il faut au préalable se poser la question de ce qui, pour nous, fait aujourd’hui époque. Il est trop facile de passer la phénoménologie du XXe siècle au crible des enjeux qui sont les nôtres. Je m’accorde sur la nécessité de penser plus positivement l’unité, l’identité, l’en-commun dans le temps qui est le nôtre (et nous aurons l’occasion d’en discuter quand nous aborderons la question du politique). Mais peut-on penser ces questions brûlantes sans tenir compte de celles qui travaillèrent la génération qui nous précède immédiatement ? Par exemple, pourrait-on discuter en toute rigueur le thème de l’identité sans tenir compte des abondantes réflexions produites sur le thème de la différence ? Je ne le crois pas. Je pense tout au contraire que la rigueur nous oblige à prendre les phénoménologies de la différence très au sérieux, à ne surtout pas sous-estimer leur portée. Et ainsi, je réprouve cette manière de refuser le dialogue en construisant des schèmes d’opposition binaire. Cela revient à faire sombrer la phénoménologie dans un simplisme que je constate et condamne par ailleurs chez les héritiers du courant analytique. Quand la dite « philosophie analytique » rigidifie et simplifie outrancièrement, à longueur d’articles, les thèses des uns et des autres pour les réfuter plus aisément, finissant par tourner en boucle et par produire des structures de discours scandaleusement schématiques. Une attitude mortifère au sens des « concepts morts » dont parle Hegel, qui ne donne rien ou trop peu à penser.

Vivien Hoch – J’ai l’impression que vous fixez la question sur une alternative qui n’est pas de soi obligatoire et qui ne recouvre pas la possibilité quasi infinie de déploiement de la phénoménologie telle que son maître Husserl la concevait. Il y a d’autres alternatives que celles de la nécessaire trahison, du parricide et de l’érudition du moine copiste. Il y a aussi le prolongement.

Concernant l’irréductible dans la phénoménologie, je ne pense pas qu’il y en ait qui soit posé a priori. Si la description phénoménologique bute sur ce qu’elle croit être de l’irréductible, cela n’implique pas que cela soit forcément de l’irréductible. Il s’agit peut-être et aussi d’un manque d’attention au fil noético-noématique qui nous porte vers les choses. Husserl lui-même pensait « tomber » sur le fondement des fondements, l’ego, dernier rempart apodictique et irréductible de tout ce qui peut être possible en phénoménologie. Mais cet ego n’est pas lui-même dépendant d’un quelconque « fond historial » en tant qu’il est lui-même condition et non conditionné par l’histoire et l’être – et l’histoire de l’être.

Dans les phénoménologies contemporaines de la différence ou de la déconstruction, il y a un glissement entre l’ego et l’autre ego, qui se reporte finalement sur un choix métaphysique entre tous qui est celui qui a été opéré dans l’impensé de l’époque entre le même et l’autre, Alors qu’il n’y a pas d’opposition entre l’ego et autre chose. L’ego est absolu et ultime, c’est-à-dire qu’il n’a pas de vis-à-vis ! Il est donc impossible de lui opposer quoi que ce soit. C’est le même souci avec les concepts de transcendance et d’immanence. Exprimer l’une revient à exprimer l’autre. De même que dire « capitalisme » c »est se positionner dans la dichotomie choisie par Marx lui-même entre « communisme » et capitalisme ». C’est s’enfermer dans un jeu que l’on a pas choisi. Car ce que recouvre le terme de transcendance, ce n’est qu’une partie d’une l’alternative qu’il partage avec l’immanence. Mais si Dieu, tel que les chrétiens le comprennent, il y a, alors il englobe tout à la fois l’immanence et la transcendance, et finalement l’alternative ne se pose pas. Ceci pour dire que la croisade menée au sein des phénoménologies de la différence – Heidegger, Levinas, Derrida, etc., contre le tournant transcendantal du Husserl des Ideen I est abscons et détourne la phénoménologie de ses véritables possibilités. Elle enferme alors la phénoménologie transcendantale dans une « catégorie » qui n’est pas la sienne, car elle-même se comprend et se présente comme infinie.

En fait, les phénoménologies de la différence (ou « différance ») répondaient aux enjeux d’une époque aujourd’hui révolue, où il fallait lutter de manière salutaire contre le structuralisme des sciences humaines, le systématisme hégélien de la philosophie et les expériences nationalistes désastreuses au plan politique. Or, aujourd’hui tout cela est bien éclaté, et même beaucoup trop ! Deux possibilités de nouvelles alternatives au panorama actuel de la phénoménologie, sur lesquelles j’aimerais insister :

– celle de Michel Henry, qui prend bien acte de cette incroyable re-découverte et re-déploiement de l’ego par Husserl et décide de l’approfondir, en y découvrant un terrain extrêmement fertile et éminemment chrétien.

– celle du Fink de la VIème méditation, qui, je le rappelle, a bénéficié des faveurs du maître (au contraire de Heidegger), et qui propose une exploration transcendantale – mais pas kantienne – en déployant l’ego et la (les) réduction(s) jusqu’à des possibilités à mon sens encore jamais atteintes.

Bref, ceci pour dire qu’il y a encore des possibilités encore par trop inexplorées en phénoménologie qu’on pourrait esquisser avec profit devant ce qui a déjà été fait et qui me semble aboutir à la fin de son aventure.

Maxime Roffay – Je ne conçois pas cette nécessité d’opposer une phénoménologie qui serait de rupture à une phénoménologie qui serait de continuité. Le continent husserlien apparaît suffisamment vaste et foisonnant pour laisser aux phénoménologues des choix d’exploration non intégralement déterminés. C’est, qu’on le veuille ou non, de certaines lectures de Husserl – parfois très aventurières je vous l’accorde – que sont nées les phénoménologies les plus « dissidentes ». La philosophie de Derrida, notamment, prend son essor à partir de lectures extrêmement fouillées de l’oeuvre husserlienne. Les problématiques de l’ego, de l’intentionnalité, de la conscience transcendantale ne sont pas abandonnées au profit d’autre chose – pas même de cet alter-ego qui apparaît au cours de la Ve Méditation. Elles sont au contraire prises en charge d’une manière novatrice, en un temps où l’on assiste au déploiement des thématiques liées à la dite « mort du sujet », portées non d’abord par des philosophes mais par les sciences humaines et sociales. C’est à cette mise en cause radicale du primat de la conscience et de la subjectivité que des auteurs comme Levinas et Derrida eurent à faire face – à cet égard, il n’est pas sûr que nous soyons encore tirés d’affaire. Le risque, à vouloir si vite en finir avec les productions post-heideggériennes, serait de ne plus savoir répondre à la hauteur de tels ébranlements, qui touchent aux fondations. Ces travaux constituent plutôt, pour nous, un fonds inestimable de réponses possibles au drame d’une déperdition du sens.

Il est intéressant que vous suggériez les lectures de Fink et de Henry. Ces deux auteurs ont abordé des champs problématiques très différenciés : celui, très théorique, de la méthode, et celui, très concret, de la vie incarnée. Je ne me représente pas aussi précisément les auteurs et les problématiques qui pourraient être ceux de notre temps. Mais il me semble, au-delà du contexte, que la phénoménologie se voue tout entière à la quête de ce qui, au fond, unit des régions théoriquement différenciées. Un travail important à mener consisterait dès lors à mettre au jour les points de rencontre possibles entre les phénoménologies de Fink et de Henry, soit, plus fondamentalement, une phénoménologie capable de rendre lisibles les relations par lesquelles les questions de la méthode transcendantale et de l’auto-affection trouvent leur lieu d’unité. Cette visée unitive caractérise en propre toute démarche phénoménologique.

Et si nous n’avons pas à inventer les enjeux de notre temps, nous pouvons les anticiper. Les travaux les plus récents, outre leur diversité, forment un paysage largement configuré par la question du sens. Les recherches du XXe siècle tardif (en philosophie, en sémiotique, en psychanalyse) nous ouvrent à la question du sens comme la question par excellence de notre temps. Encore largement indéterminée, les travaux dont nous héritons n’en sont que des ébauches, des esquisses. La phénoménologie du sens est en attente d’une élaboration plus globale, ou plus précisément, en attente d’éclaircissement. Les problématiques du langage (ou de la « méthode transcendantale ») et de la corporéité gagnent leur pleine pertinence quand elles se posent en vue de la question du sens. Le sens peut-il encore se dire dans une forme, plus ou moins assumée, d’idéalisme transcendantal ? Peut-on encore localiser quelque point d’origine, plus ou moins substantiel (l’ego, le corps, l’histoire, le dieu) ? Il nous faut analyser les conditions négatives dans lesquelles notre époque s’inquiète de la question : le thème du nihilisme, la prolifération de l’insignifiance, la prise de la mesure du non-sens comme dimension intrinsèque du vécu. On parle de perte ou défection du sens : est-ce réel ? Qu’est-ce à dire ? Il est difficile d’aborder ces questions aussi frontalement (en témoignent la densité des recherches de Jean Greisch pour le versant herméneutique, et la complexité des travaux de Marc Richir pour le versant phénoménologique) ; elles exigent pour aujourd’hui de nouvelles prises en charge et approfondissements.

Le christianisme comme espérance au coeur du politique

19 jeudi Sep 2013

Posted by Vivien Hoch in Philosophie

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Un article de Vivien Hoch, à lire sur Acadomia 

(…)

Une double menace pèse sur le forment chrétien de la chose politique occidentale : l’esthétisme du tout-affectif et le concept déterminant de « post-modernité ». Rappelant ces deux dangers dans une excellente conférence, le pèrePhilippe Capelle-Dumont, il les passe au crible de l’idée chrétienne qu’estl’Europe. Si «le post- moderne a brisé l’horizon des eschatologies hyperboliques en maintenant toutes les possibilités dans une même sphère d’immanence», c’est que le post-modernisme est le nom d’une assymptote del’esprit, qui s’ignore parce qu’elle se renie tout autant qu’elle s’avance baillonnée et aveugle dans un terrain vague, celui de l’horizontal paradigmatique.

(…)

Un article de Vivien Hoch, à lire sur Acadomia / ou sur itinerarium 

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